vendredi 23 janvier 2026

Les Entretiens du Petit Célinien (XIII) : Matthew GIBSON

Ses travaux de thèse l'ont d'abord amené à travailler sur l'influence de Céline sur le cinéma français.  Matthew Gibson oriente désormais ses recherches sur les séjours londoniens de Céline et le contexte des années 30. La parution de son article, 
Céline, Londres et le trafic de cadavres, est l'occasion de le soumettre à la question.
 
 
En quelques mots, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore ?
J’ai été maître de conférences en cinéma à l’université de Kent à Canterbury de 2017 à 2021. Je travaillais également sur une thèse de doctorat consacrée à l’influence latente de Céline sur le cinéma français d’après-guerre, en particulier sur le cinéma tourné en extérieur à Paris et, dans une moindre mesure, celui de la banlieue. Je m’intéressais d’abord à la manière dont Céline se met en dialogue avec le cinéma mais également son influence, consciente ou inconsciente, sur plusieurs cinéastes majeurs issus de l’après-Seconde Guerre mondiale, notamment Jean-Pierre Melville, Jean-Luc Godard, François Truffaut, Maurice Pialat, Jean Eustache, Bertrand Blier, Alain Corneau, Michel Audiard et Leos Carax. 
Je souhaitais réunir ces figures dans une étude comparative structurée autour de la trame narrative de Voyage au bout de la nuit, utilisée comme cadre analytique. Malheureusement, mon parcours doctoral a été interrompu par une conjonction d’événements—syndrome de l’imposteur, grèves et réformes dans l’enseignement supérieur britannique, pandémie de covid-19, et enfin impact du Brexit sur les arts et les humanités—qui m’ont contraint à suspendre ce projet et à retourner à l’enseignement du français au collège. À bien des égards, mon parcours personnel a fait écho à celui de Bardamu. Pour reprendre une métaphore, après quatre ans j’étais de retour à la place Clichy.
Cela dit, cette période a quand même nourri une appréciation encore plus profonde de l’œuvre de Céline, ainsi qu’une fascination critique pour sa trajectoire intellectuelle et personnelle. Ironiquement, la fin de mes études a coïncidé avec le regain d’intérêt public suscité par la découverte des manuscrits « retrouvés ». Grâce à Émile Brami dont j’avais fait une critique de son Céline et le cinéma pour la Modern Language Review, j’ai pu présenter mes recherches au colloque de la SEC à Paris en 2022, puis en 2024 au colloque « Les manuscrits retrouvés » à l’université de Nantes, où j’ai poursuivi mes recherches en indépendant.
 
Question rituelle : comment en êtes-vous venu à Céline ? Et quels sont vos romans de prédilection ?
J’ai grandi près de Hereford, dans la campagne anglaise, mais j’ai passé une grande partie de mon enfance en France, grâce à des échanges scolaires dans les années 1990, à Grenoble, Vaires-sur-Marne et Arcachon. Mon premier contact avec Paris et son métro reste un souvenir profondément « célinien ». À l’époque, je devais lire Pagnol au lycée alors que je préférais les bandes dessinées, le cinéma de Kassovitz, le hip-hop français…
Ce n’est que beaucoup plus tard, après des études en français, deux ans à Québec et un master en documentaire à l’université du Sussex à Brighton, que je me suis tourné vers Céline. Mon intérêt est né en 2016, dans le contexte du Brexit et de l’élection de Trump, alors que je traversais une période personnelle difficile. Je crois que beaucoup de lecteurs reconnaîtront ce sentiment. Influencé par la psychogéographie britannique à l’époque, notamment Iain Sinclair et le film London (1992) de Patrick Keiller avec son voix-off “C’est un voyage au bout du monde”, j’ai découvert Voyage au bout de la nuit, sur les conseils de mon ancienne directrice d’études, Ruth Cruickshank à Royal Holloway. C’est une lecture (et relecture) qui m’a profondément marquée. Ce fut décisif et inspira directement mon projet doctoral.
Par la suite, je me suis plongé dans Mort à crédit, son chef d’œuvre pour moi, Guignol’s band et Semmelweis qui révèle de manière assez géniale, l’imbrication de la médecine et de la littérature chez Céline depuis le début. J’ai également lu tout ce que je trouvais à propos de Céline, surtout Nicholas Hewitt, célinien britannique dont l’approche intertextuelle—mettant Céline en dialogue consciente avec Proust, Dickens ou Shakespeare—a profondément influencé mes travaux.
 
Quels sont les principaux thèmes de vos travaux céliniens ?
Mes recherches portent principalement sur la genèse, l’influence et l’intertextualité. Autrement dit, Céline comme moderniste transgressif, déconstructeur de traditions littéraires et culturelles afin de les transformer.
Je m’intéresse également au contexte des années 1930, la crise économique, l’essor du cinéma, l’évolution des normes de censure… et à la manière dont ces dynamiques croisent son parcours personnel, y compris son glissement vers l’extrémisme, sujet qui exige évidemment rigueur et prudence critique.
Un axe central de mes travaux concerne les séjours londoniens de Céline pendant cette époque, période encore insuffisamment étudiée par les biographes. En tant qu’ancien « outsider » à Londres, je porte un intérêt particulier aux textes londoniens, surtout Londres, qui me semble offrir des clés essentielles pour mieux comprendre sa formation artistique avant sa fuite de Paris.
 
La période londonienne de la vie de Céline est la moins connue des biographes. Sur cette période 1915-1916, vous parlez « d’implication présumée dans le milieu londonien […] en dépit de preuves contraires ». Vos recherches vous auraient-elles menées à quelques découvertes ?
Les sources disponibles suggèrent que l’implication supposée de Céline dans le milieu londonien pendant la Guerre repose sur des preuves fragiles. Il existe peu d’éléments qui attestent d’un engagement réel au-delà de sociabilité et voyeurisme nocturne avec Georges Geoffroy, telles qu’évoquées dans Céline et l’Angleterre.
Les zones d’ombre biographiques entre janvier et mars 1916 ont alimenté des hypothèses, mais cet intervalle reste trop bref pour étayer l’idée d’une immersion profonde dans le milieu. Il est plus plausible qu’il ait occupé un emploi industriel, peut-être dans l’environnement de Vickers à Weybridge sur la ligne du London Necropolis Railway de Waterloo au cimetière banlieusarde de Brookwood, comme le suggèrent plusieurs indices textuels. Cette hypothèse demeure spéculative, mais elle s’inscrit dans un cadre socio-historique cohérent, notamment celui de la présence historique des réfugiés belges et des ouvrières durant la guerre.
De manière plus générale, je pense que la lecture des textes londoniens, et les écrits entre-deux-guerres, gagnerait à dépasser une opposition simpliste entre genèse biographique temporellement et géographiquement limitée et l’imagination sans doute profonde de l’auteur, pour reconnaître plutôt l’importance incontournable des sources culturelles principalement formatrice, sans oublier la signification des visites menées par Céline lors de sa relation ultérieure avec Joseph Garcin et ensuite John Marks dans les années 1930.
 
Selon vous, avec Londres, roman découvert récemment, Céline « démontre la connaissance intime de l’histoire culturelle » de la capitale anglaise, celle du théâtre, des revues et de la littérature avec des références à des auteurs majeurs comme Dickens ou Conrad. Comment cela apparaît-il dans le roman ?
Outre la littérature, dans Londres et la dernière partie de Guerre, Céline manifeste une profonde imprégnation de la culture populaire… music-hall, revues burlesques, journaux, et le cinéma, bien sûr. Hewitt a reconnu son héritage music-hall. Il pique des motifs de la tradition burlesque et les transforme de façon plus ludique et beaucoup plus scandaleuse, une réponse sans doute à la censure et les normes de l’époque, surtout la scène avec le soldat écossais et Angèle qui est originaire d’une revue, Honi Soit de 1915. Mais ce n’est pas nouveau, il existe une citation importante dans le Voyage : “Toujours plus ou moins seul pendant les heures libres je mijotais avec des bouquins et des journaux et puis aussi avec toutes les choses que j'avais vues.” Il transforme ce qu’il consomme de façon dynamique, satirique et moderniste. Les travaux d’Helen Brooks, “The Great War Theatre Project”, notamment sa chronologie détaillée du théâtre londonien, constituent à cet égard une ressource essentielle pour identifier les productions que Céline a pu voir afin d’identifier d’autres sources d’inspiration.
Je considère Céline comme héritier d’une tradition allant de Rabelais et Chateaubriand à Dickens et Conrad et ailleurs, mais engagé dans une entreprise de déconstruction culturelle. Dans Londres, les errances nocturnes de Ferdinand, à Tabard Street chez le Petit Peter, la cave à la Mère Crockett et la Terrace de l’Adelphi entre autres peuvent être lues comme une traversée symbolique, voire une profanation d’une géographie littéraire dickensienne. Les influences de Conrad, en particulier The Secret Agent (1907), la source du motif récurrent du “Greenwich tragedy” et en partie du personnage de Stéphane Borokrom, entre autres, méritent selon moi une étude comparative approfondie à la lumière des nouveaux manuscrits.
 
Dans Londres, la part biographique ne serait donc pas, selon vous, essentielle ? Et que dire de Guignol’s band ?
La biographie demeure essentielle, mais elle ne constitue qu’un élément d’une approche hybride, mêlant contextes historique, culturel et intertextuel. Céline transposait sa vie plutôt qu’il ne la reproduisait. Ses textes, ainsi que ses personnages, sont des constructions composites mêlant biographie, histoire, culture, etc afin d’éviter des accusations de diffamation ou plagiat. Toute démarche strictement biographique restera toujours inconclusive si elle ne s’engage pas avec d’autres textes culturels, un aspect que Hewitt a très bien reconnu.
J’explore cette dynamique à travers une métaphore médicale latente dans Londres : Céline dissèque des textes dits “morts”, en conserve certains « organes » (motifs, styles, structures, etc.) pour les ranimer et insuffler à son œuvre profondément satirique plus vivante et musicale, sa danse macabre ! Cette logique est perceptible jusque dans ses pamphlets, selon Kaplan, eux-mêmes construits des assemblages textuels. Cette lecture n’excuse évidemment en rien ses positions politiques, mais elle permet de mieux comprendre sa méthode littéraire.

Vous publierez prochainement un texte sur « l’affaire John Marks », traducteur anglais de Céline. Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?
Grâce à son fils, Quintin Marks, j’ai obtenu un accès exclusif aux cahiers intimes (1933-1947) de John Marks, premier traducteur anglais de Céline, et sujet de plusieurs critiques. Ces documents offrent un éclairage inédit sur sa relation avec Céline, la traduction complexe et parfois ardue, pour diverses raisons, et sur la réception anglophone de son œuvre. Je prépare un ouvrage de non-fiction destiné au public français, fondé sur ces archives et sur des recherches biographiques inédites confiées par Éric Mazet. Le projet est en cours de structuration, et je prendrai prochainement contact avec des éditeurs.
 
D’autres travaux céliniens en cours ?
Je poursuis le projet Céline-Marks, mais je conserve un attachement particulier à Céline et le cinéma. J’aimerais un jour réaliser un documentaire explorant cette interaction, peut-être une manière, enfin, de compléter le cercle et de laisser Céline « reposer » de mon côté. Comme Marc Laudelout l’a souligné avec humour, je ne suis sans doute pas moins « bodysnatcher » que d’autres éditeurs récents de Céline — une observation à laquelle je ne saurais objecter !

Propos recueillis par Matthias GADRET
Le Petit Célinien, 23 janvier 2026
 
 

dimanche 18 janvier 2026

Louis-Ferdinand CÉLINE, Londres et le trafic de cadavres par Matthew GIBSON (2026)


 
 
Résumé 
Cet article détaille la démarche intertextuelle de Louis-Ferdinand Céline évidente dans le manuscrit de Londres, l’influence latente du music-hall, de Dickens et de Conrad, ainsi que la signification historique et culturelle du trafic de cadavres dans l’histoire médicale de Londres. Cette étude met en évidence la manière dont Céline transpose des parties de textes culturels du burlesque anglais, de la littérature gothique londonienne et à travers l’histoire médicale macabre de Londres. L’analyse accorde une attention particulière à la métaphore du trafic de cadavres, à la fois comme résurrectionnistes littéraux et comme représentants de l’appropriation textuelle - la pratique d’exhumer et de « disséquer » les prédécesseurs littéraires pour construire une critique macabre et burlesque de la société et de la culture afin de la transformer. L’étude positionne Londres comme un exemple emblématique d’une pratique plus large d’intertextualité célinienne et de transgression moderniste, ce qui a des implications importantes pour les études céliniennes. 

jeudi 18 septembre 2025

Louis-Ferdinand CÉLINE : Parutions 2025



LIVRES

- CÉLINE, Lettres à ses avocats français 1947-1953, Gallimard, février 2026 
- CÉLINE, Histoire du petit Mouck, Gallimard, déc. 2025 (édition en fac-similé) 
- Gaël RICHARD, Onze articles médicaux et pharmaceutiques 1930-1935, suivi d'un bibliographie inédite, Du Lérot
- Collectif, L.-F. Céline en voyage, Classiques Garnier, octobre 2025 
- CÉLINE, La Volonté du Roi Krogold, Folio (poche), novembre 2025 
- David LABREURE, Céline, D'un Paris l'autre, Parigramme, septembre 2025
- Maxim GÖRKE, La réception critique de Mea culpa (1936-1937), Du Lérot, à paraître 
- Jean-Paul LOUIS, Les gros mots de Céline. Aperçus lexicaux, Du Lérot, à paraître 
- Gaël RICHARD, Dictionnaire des personnages (nouvelle édition), Du Lérot, à paraître 
- Les manuscrits retrouvés, Actes du XXIVè colloque international Louis-Ferdinand Céline, Société d'études céliniennes, 2025 
- Marie VERGNEAULT-GOURDON, Louis-Ferdinand Céline ou l'invention du roman lyrique, Honoré Champion, 30 mai 2025
- Pierluigi PELLINI, Hypothèses céliniennes, Firenze University Press, 2024
- Véronique CHOVIN, Céline en héritage, Mercure de France, mars 2025
 
REVUES 
Travaux de littérature, vol. 38, 2025, « Mensonge biographique et vérité littéraire. Ambiguïtés de la biographie dans Semmelweis de Louis-Ferdinand Céline » de lacopo Leoni, www.droz.org
- L'Année Céline 2024, Du Lérot (septembre 2025)
- Revue d'histoire littéraire de la France, 2025-3, 125è année n°3, "Détours de la polémique, les pamphlets de Céline" par Régis Tettamanzi, Classiques Garnier 
Roman 20-50 n°77, juin 2024, Céline, manuscrits inédits

AUTOUR DE CELINE
- Frédéric SAENEN,  L'écrivain et l'arme, Le Polémarque, 2025
- "Face à l'histoire", Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour, France 5, 14 décembre 2025 [Trois épisodes de 45 min adaptés du podcast "Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour" de Philippe Collin diffusé sur France Inter ; 1- le virtuose de la colère ; 2- le collaborationniste ; 3- le mystificateur ; réalisé par Florence Platarets, conseillère historique Odile Roynette,lectures de Charles Berling & Bérengère Warluzel, une production Agat Films/Muriel Meynard]
- Tristan ROUQUET, Les écrivains collaborateurs, CNRS Éditions, 2025 
- Robert COMBAS, Guerre, dessins inspirés du roman de Céline, galerie Métamorphose & Éditions du Bourdaric, Aubenas, 26 sept - 30 nov. 2025. Catalogue.
- "Mémoires & blessures", XXVè colloque international Céline, 1-4 juillet 2026, Portugal 
- France Inter, "Sigmaringen, le crépuscule des bourreaux", série en huit épisodes
- Soirée littéraire autour de Guerre, Institut Français d'Estonie, Talinn, 5 juin 2025
Revue des deux mondes, mai/juin 2025, "Les écrivains collabos"
- Journée d'étude "Génétique & stylistique", communication d'Alberto Biscardi, « Les Manuscrits "contemporains" de Céline : le magma de la création célinienne », ENS Paris, 3 avril 2025.
 
 
 
 

 
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mercredi 10 septembre 2025

Alphonse JULLIAND : Elizabeth CRAIG parle de Louis-Ferdinand CÉLINE (1988)

Enregistrement de six cassettes audio réalisé par Alphonse Julliand qui s'entretient en 1988 avec Elizabeth Craig, dédicataire de Voyage au bout de la nuit. Ces entretiens seront retranscrits dans Elizabeth & Louis paru en 1994 chez Gallimard. C'est en 1988 qu'Alphonse Juilland se met en tête de retrouver Elizabeth Craig, oubliée par les biographes de Céline. Après avoir vécu en compagnie de Céline de 1926 à 1933, Elizabeth Craig regagne les États-Unis. L' écrivain tente alors de la convaincre de revenir en France, se rend en Californie en 1934, mais sans résultats. Dans sa correspondance, Céline écrira qu'elle était passée entre les mains de gangsters, devenue prisonnière de la pègre, afin de justifier son échec. Il contribue dès lors à instaurer une légende tenace. En réalité, la danseuse se marie en 1936 avec Benjamin Tankel et mènera une vie paisible jusqu'à sa mort, survenue le 11 juillet 1989. Elle confiera également n'avoir jamais ouvert Voyage au bout de la nuit.

  

 
 
 
SUR LE SUJET :
 
 
 (Nos remerciements à A.K.)

mardi 10 décembre 2024

CÉLINE ET LONDRES par Gaël RICHARD et Laurent SIMON (2024)

Les éditions du Lérot publient, une nouvelle fois, le titre le plus intéressant de l'année : Céline et Londres.

Les deux auteurs, déjà connus pour la qualité de leurs travaux céliniens, nous proposent ici 368 pages richement illustrées sur la période la moins connue de la vie de Céline : la période londonienne de 1915-1916.
Gaël Richard avait déjà dévoilé quelques éléments biographiques jusqu'alors inconnus (1). Il nous propose aujourd'hui, avec Laurent Simon, un ouvrage en deux parties. 
Dans la première, vous trouverez une analyse des liens entre la biographie de Céline lors de ce cours passage londonien avec la transposition romanesque dans le manuscrit de Londres (retrouvé puis publié en 2022) et l'ensemble des romans londoniens, des premiers séjours de son enfance jusqu'au mariage avec Suzanne Nebout et de son départ pour l'Afrique.
La suite de l'ouvrage nous dévoile la géographie anglaise de Céline par un dictionnaire des "lieux cités dans les romans ou fréquentés par Louis Destouches à Londres" qui nous emmène de "A la Croisière pour Dingby", pub tenu par le Prospero de Guignol's band jusqu'au zoo de Londres situé dans Regent's Park.
 
London calling !

Gaël RICHARD & Laurent SIMON, Céline et Londres, Du Lérot, 2024

 
Présentation de l'éditeur
En quoi le manuscrit retrouvé Londres, premier essai de transposition romanesque par Céline de son séjour dans la capitale britannique durant la Grande Guerre, éclaire-t-il ce bref épisode de la vie mouvementée du jeune Louis Destouches, encore aujourd'hui tout entouré de mystères et de légendes ?
La première partie de cet ouvrage tente de cerner, à travers l'étude des rares témoignages disponibles et de sources d'archives inexploitées, les allusions et emprunts de l'écrivain à ses expériences et rencontres londoniennes en 1915-1916 ainsi que durant l'entre-deux-guerres. Cette approche biographique et historique est complétée en seconde partie par un dictionnaire du Grand Londres de Céline, recueil de l'ensemble des lieux fréquentés ou mentionnés dans l'oeuvre, émaillé de citations et d'illustrations, qui jette des ponts entre romans, pamphlets et correspondance.
 
 
Notes
1 - Voir notamment : Gaël Richard, « Janine & Louis. Nouveaux documents sur Londres et Suzanne Nebout », L’Année Céline 2006, pp. 104-126 ;
Gaël Richard, Dictionnaire des personnages, des noms de personnes, figures et référents culturels dans l'oeuvre romanesque de Louis-Ferdinand Céline, Du Lérot, 2008.

mardi 2 janvier 2024

Louis-Ferdinand CÉLINE : Parutions 2024

LIVRES
- Marc LAUDELOUT, Le petit Céline d'Argenteuil, rencontre avec Henri-Robert Petit, Société des Lecteurs de Céline, 2024 [hors commerce, réservé aux adhérents de la SLC, tirage limité à 250 exemplaires] 
- Gaël RICHARD & Laurent SIMON, Céline et Londres, Du Lérot, automne 2024
- Céline, Londres, Folio, septembre 2024 
- Maxim GÖRKE, La réception critique de Féerie et de Normance de Céline, Du Lérot, automne 2024
- Intellectuels dans la tourmente, La réception de Guignol's Band dans Révolution nationale en 1944, Société des Lecteurs de Céline, 2024 [hors commerce, réservé aux adhérents de la SLC, tirage limité à 250 exemplaires]
- Aristote KAVUNGU, Céline au Congo, Éditions du Boréal (Canada), août 2024
- Milton HINDUS, Une amitié particulière, L'Herne, 2024 [réédition]
- Cahier Céline, L'Herne, 2024 [réédition]
- Gaël RICHARD, Divorce à la rennaise, dossier du tribunal civil de Rennes. Affaire Follet c/ Destouches. 21 juin 1926, Du Lérot, 2024
- Dauphine HERON DE VILLEFOSSE, L.-F. Céline, Lucette Almanzor et la troisième marche, Temporis, 2024 [témoignage]
- Gabriel et Jean GUENOT, Entre ici Bardamu !, Ed. Livr'arbitres & SLC, 2024
- Jean-Charles HUCHET, Ferdinand contre Marcel, L'obsession proustienne de Céline, L'Harmattan, 2024

REVUES
- Valeurs Actuelles Hors-série 40, 2024, "Céline, les courriers de la colère".
- Roman 20-50, n°77/juin 2024, Céline, manuscrits inédits.
- Le Figaro hors-série n°141, mai 2024, Céline, une saison en enfer.
- L'Année Céline 2023, Du Lérot.
- Études céliniennes n°12, Société d'études céliniennes, 2024.
 
AUTOUR DE CELINE
- Marc Bergère, Lignes de fuite, L'exil des collaborateurs français après 1945, PUF, 2024.
- Joann SFAR acquiert auprès de Gallimard les droits d'adaptation cinématographique de Voyage au bout de la nuit. Alain Attal et Anton Soumache co-produiront.
- Colloque "Céline : la honte comme l'envers et l'endroit de l'humanité", Université de Paris Nanterre, 23 et 24 octobre 2024.
- "Les manuscrits retrouvés", colloque de la Société d'études céliniennes, Université de Nantes, 2-5 juillet 2024.
- France Inter, Céline, le voyage sans retour, 27 mars 2024 [podcast, 10 épisodes]
- "Claude Simon et Louis-Ferdinand Céline", 41ème séminaire Claude Simon, 3 février 2024, Paris 3 Sorbonne-Nouvelle.
- France Culture, "Une histoire particulière", Les manuscrits retrouvés de Céline, 30 et 31 décembre 2023 et 6 et 7 janvier 2024
 
 
 

 
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jeudi 11 mai 2023

Louis-Ferdinand CÉLINE : Parutions 2023

LIVRES
 
BIBLIOTHÈQUE DE LA PLÉIADE
 
- Louis-Ferdinand CÉLINE, Romans 1932-1934, Bibliothèque de la Pléiade, mai 2023 [Voyage au bout de la nuit, La Volonté du Roi Krogold, Guerre, Londres]
- Louis-Ferdinand CÉLINE, Romans 1936-1947, Bibliothèque de la Pléiade, mai 2023 [Mort à crédit, Casse-pipe, Guignol's band I et II]
- Louis-Ferdinand CÉLINERomans 1952-1955, Bibliothèque de la Pléiade, mai 2023 [Féerie pour une autre fois I et II, Entretiens avec le Professeur Y]
- Louis-Ferdinand CÉLINERomans 1957-1961, Bibliothèque de la Pléiade, mai 2023 [D'un château l'autre, Nord, Rigodon]
- Album Céline, mai 2023 [nouvelle iconographie et texte de Frédéric Vitoux]
 
TEXTES INÉDITS DE CÉLINE
- CÉLINE, Guerre, [format poche], Folio, octobre 2023.
- CÉLINE, Le manuscrit retrouvé de Mort à crédit, fac-similé et transcription, Gallimard, novembre 2023, 450 €.
- CÉLINE, La Vieille dégoûtante [nouvelle], La Nouvelle Revue française n°655, mars 2023. 
 
ESSAIS/TEMOIGNAGE
- Jacques JOSET, Le Trésor exhumé de Louis-Ferdinand Céline, Société des Lecteurs de Céline, 2023 [hors commerce, réservé aux adhérents de la SLC, tirage limité à 200 exemplaires]
- Jean FONTENOY, Merci bien, Monsieur Céline !, Société des Lecteurs de Céline, 2023 [hors commerce, réservé aux adhérents de la SLC, tirage limité à 250 exemplaires]
- Gaël RICHARD, Céline en Bretagne, 1918-1932, De l'épopée Rockefeller à la vie rennaise, Du Lérot, 2023. [Nouvelle édition de La Bretagne de Céline après le découverte de nouvelles archives, d'une iconographie inédite et d'une mise à jour suite aux récentes découvertes de manuscrits]
- Frédéric VITOUX, La vie de Céline , [biographie, édition revue et augmentée]
- Émile BRAMI, Céline à rebours, Écriture, 2023 [biographie, édition revue et augmentée]
- David LABREURE, Céline, le médecin-écrivain, Bartillat, 2023

REVUES
- Les Cahiers de Tinbad n°15, automne 2023 [dossier Céline]
- Critique n°912, Céline toujours scandale, 2023
- L'Année Céline 2022, Du Lérot, 2023
- La Nouvelle Revue française n°655, mars 2023 [dossier Céline]
 
PRESSE
Céline, réalisateur frustré, Libération, 17 juillet 2023
- Affaire Céline, secrets de famille, Le Point, 6 juillet 2023
- Un nouveau projet cinéma, Les Echos, 2 juin 2023
- Le Figaro Littéraire, 20 avril 2023, dossier Céline (un entretien retrouvé, nouveautés, etc...)
- Jean-François ROSEAU, "Céline face à Brueghel", La Revue des deux mondes, mars 2023
 
AUTOUR DE CELINE
- France Culture, "Une histoire particulière", Les manuscrits retrouvés de Céline, 30 et 31 décembre 2023 et 6 et 7 janvier 2024
- Radio Neptune, émission "Entre deux", invité Gaël RICHARD, 11 décembre 2023 
- Club Culture du Figaro, 24 mai 2023, Frédéric Vitoux
- Conférence de François GIBAULT, Enghien-les-Bains, 9 février 2023

 
 

 
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jeudi 16 février 2023

LA VOLONTÉ DU ROI KROGOLD, légende inédite de Louis-Ferdinand CÉLINE (2023)

Après Guerre et Londres en 2022, Gallimard fera paraître le 27 avril prochain un nouvel inédit de Céline, La Volonté du Roi Krogold. Cette "légende gaélique" sera proposée en deux versions par l'éditeur, la première "datant de la première moitié des années 1930" et intitulée "La Légende du roi René", puis le manuscrit portant le titre finalement retenu, "pouvant être daté de 1939-1940".
 
L'histoire se déroule entre Bretagne et Scandinavie et raconte la guerre menée par le Roi Krogold contre le prince félon Gwendor, le meurtre du procureur Morvan par le trouvère Thibaut, la passion de Joad pour la belle Wanda.
 
Une nouvelle inédite La Vieille dégoûtante, doit par ailleurs paraître le 13 avril, dans le numéro 655 de La Nouvelle Revue française consacré en bonne partie à Céline.
Gallimard doit enfin ultérieurement refondre les volumes de la Bibliothèque de la Pléiade consacrés à Céline, ainsi que le roman "Casse-pipe", paru inachevé en 1949, et qui sera augmenté de passages inédits.
 
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EN SAVOIR PLUS
 

lundi 22 août 2022

LONDRES, nouvel inédit de Louis-Ferdinand CÉLINE (2022)

Le prochain inédit de Céline, Londres, paraîtra le 13 octobre chez Gallimard. Ce roman d'environ 500 pages « est la suite directe » de Guerre, a expliqué Gallimard dans son programme de parution. « Il s'impose comme le grand récit d'une double vocation : celle de l'écriture et celle de la médecine. Ou comment se tenir au plus près de la vérité des hommes, au beau milieu de cette farce outrancière et mensongère qu'est la vie ». Dans Londres, « Ferdinand prend domicile dans une mansarde de Leicester Pension, où Cantaloup, un maquereau de Montpellier, organise un intense trafic sexuel avec la complicité d'un policier », indique Gallimard. Une édition établie et présentée par Régis Tettamanzi.
 

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Présentation de l'éditeur
Ferdinand, le héros de Guerre, a quitté la France pour rejoindre Londres, "où viennent fatalement un jour donné se dissimuler toutes les haines et tous les accents drôles". Il y retrouve son amie prostituée Angèle, désormais en ménage avec le major anglais Purcell. Ferdinand prend domicile dans une mansarde de Leicester Pension, où le dénommé Cantaloup, un maquereau de Montpellier, organise un intense trafic sexuel de filles, avec quelques autres personnages hauts en couleur, dont un policier, Bijou, et un ancien poseur de bombes, Borokrom. Proxénétisme, alcoolisme, trafic de poudre, violences et irrégularités en tout genre rendent chaque jour plus suspecte cette troupe de sursitaires déjantés, hantés par l'idée d'être envoyés ou renvoyés au front. S'il entretient des liens avec Guignol's band, l'autre roman anglais plus tardif de Céline, Londres, établi depuis le manuscrit récemment retrouvé, s'impose avec puissance comme le grand récit d'une double vocation : celle de la médecine et de l'écriture... Ou comment se tenir au plus près de la vérité des hommes, plongé dans cette farce outrancière et mensongère qu'est la vie.
 
 
 
 
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vendredi 12 août 2022

Manuscrits inédits de Louis-Ferdinand CELINE : les révélations de Jean-Pierre THIBAUDAT (2022)

Fin de l'énigme des manuscrits retrouvés de Céline ? Jean-Pierre Thibaudat  a révélé le 10 août 2022, sur son blog hébergé par Mediapart, que ce sont les héritiers d'Yvon Morandat qui lui ont remis les milliers de feuillets inédits de Céline. Il publiera le 20 octobre aux éditions Allia, Louis-Ferdinand Céline, le trésor retrouvé.
 
Me Gibault, ayant droit, déclare au Point le 10 août : « Je regrette que Thibaudat ne m'ait pas révélé, même confidentiellement, l'origine de ces manuscrits, qu'ils venaient de chez Morandat, quand nous nous sommes vus chez Me Emmanuel Pierrat, son avocat, je n'aurais pas porté plainte pour recel ».
 
Deux interrogations demeurent : la version complète de Casse-pipe n'est toujours pas connue, les manuscrits rendus par Thibaudat étant lacunaires ; et quels sont les documents que la fille d'Oscar Rosembly affirmait avoir toujours en sa possession ? 
 

> Jean-Pierre Thibaudat, Louis-Ferdinand Céline, le trésor retrouvé, 9 €, Allia, 2022 
> Le Point, 6 octobre 2022 (enquête sur Yvon Morandat)
> AFP, 10 août 2022
> Le Point, 10 août 2022
> France Inter, 30 août 2022 (J.-P. Thibaudat)
> Libération, 18 novembre 2022
> Céline, le trésor retrouvé, par J.-P. Thibaudat (9 articles)
 
 
 
SUR LE SUJET :
> Guerre, roman inédit (présentation & revue de presse)
> Documentaire "Céline, les derniers secrets" (2021)

mercredi 11 mai 2022

GUERRE, un roman inédit de Louis-Ferdinand CÉLINE (2022)

Le roman inédit Guerre paraît ce 5 mai 2022 dans la collection Blanche de Gallimard.
 
 
L'édition a été établie par Pascal Fouché avec un avant-propos de François Gibault.  
 
Ce texte est le premier à être publié après la réapparition en 2021 de milliers de feuillets inédits de l'auteur de Voyage au bout de la nuit. 
 
Un tirage d'environ 80 000 exemplaires est annoncé par l'éditeur pour ce texte « qui appartient au triptyque "Enfance-Guerre-Londres", dont le premier volet Mort à crédit a été publié en 1936. (Le 12 mai, 60 000 exemplaires supplémentaires ont déjà été imprimés). Guerre est publié dans son premier et seul état de rédaction connu, datable de 1934 et nous permet de suivre Ferdinand Bardamu, depuis la Belgique où il est hospitalisé dans un bourg des Flandres, jusqu'en Angleterre.» Le récit s'ouvre sur le moment où le brigadier Ferdinand reprend conscience sur un champ de bataille où il a été grièvement blessé. Il suit sa convalescence dans un hôpital où il se lie avec une infirmière et un souteneur, Bébert. Sa hantise, comme celle de tous les blessés : devoir repartir au combat. Il y échappera en étant déclaré inapte et envoyé à Londres.
 
Gallimard prévoit par ailleurs une exposition intitulée "Céline, les manuscrits retrouvés", à la galerie Gallimard à Paris, du 6 mai au 16 juillet 2022, avec pour commissaire l'universitaire Alban Cerisier. 
Suivront à l'automne deux autres inédits, Londres, récit de son départ pour la capitale britannique en 1915, qui devrait être bien plus long que Guerre, et un conte médiéval, La Volonté du roi Krogold
Enfin, en 2023, Gallimard compte faire paraître de nouvelles éditions du roman Casse-pipe, inachevé dans son édition connue jusque-là, et du tome III des romans de Céline dans la Bibliothèque de la Pléiade.

 
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Présentation de l'éditeur
Parmi les manuscrits de Louis-Ferdinand Céline récemment retrouvés figurait une liasse de deux cent cinquante feuillets révélant un roman dont l’action se situe dans les Flandres durant la Grande Guerre. Avec la transcription de ce manuscrit de premier jet, écrit quelque deux ans après la parution de Voyage au bout de la nuit (1932), une pièce capitale de l’œuvre de l’écrivain est mise au jour. Car Céline, entre récit autobiographique et œuvre d’imagination, y lève le voile sur l’expérience centrale de son existence : le traumatisme physique et moral du front, dans l’« abattoir international en folie ». On y suit la convalescence du brigadier Ferdinand depuis le moment où, gravement blessé, il reprend conscience sur le champ de bataille jusqu’à son départ pour Londres. À l’hôpital de Peurdu-sur-la-lys, objet de toutes les attentions d’une infirmière entreprenante, Ferdinand, s’étant lié d’amitié au souteneur Bébert, trompe la mort et s’affranchit du destin qui lui était jusqu’alors promis. Ce temps brutal de la désillusion et de la prise de conscience, que l’auteur n’avait jamais abordé sous la forme d’un récit littéraire autonome, apparaît ici dans sa lumière la plus crue. Vingt ans après 14, le passé, « toujours saoul d'oubli », prend des « petites mélodies en route qu'on lui demandait pas ». Mais il reste vivant, à jamais inoubliable, et Guerre en témoigne tout autant que la suite de l'œuvre de Céline. 
 SUR LE SUJET :
Documentaire Céline : les derniers secrets, France 5, 19 nov. 2021
 
 
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