vendredi 25 décembre 2009

Louis-Ferdinand Céline - RÉTROSPECTIVE 2009

Voici une rétrospective des publications consacrées à Louis-Ferdinand Céline pour cette année 2009, nouveautés et rééditions.



Présentation
Revue d'actualité célinienne fondée en 1990 : Textes - Documents - Etudes - Bibliographie systématique. Série de volumes de 200 à 350 pages illustrées, imprimés à 550 exemplaires. Publications de nombreux textes de Céline et documents inédits.

L'Année Céline 2008, Du Lérot, 2009.


Présentation de l'éditeur
Ce volume propose un large choix de lettres de Céline, ainsi que quelques lettres à lui adressées ou le concernant, présentées dans l'ordre chronologique et couvrant plus de cinquante années : depuis le premier séjour que les parents de Louis Destouches l'envoient faire en Allemagne, jusqu'à sa mort en 1961, au lendemain du jour où il a annoncé à Gaston Gallimard le manuscrit de son dernier roman. Les inédits sont nombreux : de 1907 à 1915 – les séjours à l'étranger, les cuirassiers, la guerre et le combat –, par exemple, on ne connaissait quasiment aucune lettre.
Cet ordre chronologique, préféré à un classement par correspondant, n'est pas sans conséquences. Ce que les lettres permettent désormais de saisir, c'est moins la relation que Céline entretint avec tel interlocuteur que sa propre trajectoire, indissolublement liée à l'histoire du XXe siècle. Ce qu'elles révèlent, c'est l'extraordinaire variété de ses voix, des mieux connues aux plus surprenantes : les manières respectueuses et affectueuses du garçon s'adressant à ses parents et qui ne ressemblent pas à celui que met en scène Mort à crédit ; l'ardeur patriotique du soldat en campagne, en fort contraste avec les propos de Bardamu dans Voyage au bout de la nuit ; le ton déférent ou amical que Céline sait prendre avec les écrivains qu'il estime ; l'attitude protectrice qu'il adopte avec des femmes qui lui furent liées ; le tour dru et cru qu'il donne aux lettres adressées aux hommes avec qui il parle de sexe ; la tendresse qui pointe lorsqu'il écrit à son épouse depuis sa prison danoise ; le besoin d'être compris quand il tente d'expliquer le mouvement de la création littéraire telle qu'il la conçoit (ce qui fait de ces lettres, soit dit en passant, le meilleur accompagnement critique de son œuvre) ; et, bien entendu, la violence, violence des mots, des sentiments et des idées lorsqu'il est ou se sent attaqué, et, à partir de 1936 surtout, violence débridée de l'antisémitisme : dans un volume qui entendait serrer de près le mystère de Céline, il fallait que ce versant noir soit représenté. Il l'est donc. Céline attire ou repousse, attire et repousse. « Fait par Dieu pour scandaliser » (d'après Bernanos), l'écrivain reste, comme l'homme, une énigme. D'abord en rupture avec la littérature de son époque, son œuvre est aujourd'hui l'une de celles qui nous parlent le plus. Mais à côté de tant de pages qui répondent à l'idée que nous nous faisons d'une littérature pour notre temps, combien d'autres sont la négation du lien que la création artistique cherche à établir entre les hommes ? Ces Lettres nous font parcourir tout le chemin par lequel Céline en est arrivé là. Sans doute ne donnent-elles pas le mot de l'énigme. Mais, mieux qu'aucune autre source, elles nous permettent d'en faire le tour, au plus près.

Louis-Ferdinand Céline, Lettres (1907-1961), Édition d'Henri Godard et Jean Paul Louis, préface d'Henri Godard, 2080 pages, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2009.



Présentation de l'éditeur
En 1912, Louis Destouches, dix-huit ans, s’engage dans la cavalerie. En 1919, il s’apprête à commencer sa médecine. Entre ces deux dates, les cuirassiers, la guerre, une blessure, des hôpitaux, Londres, des femmes, l’Afrique, la découverte d’une double vocation littéraire et médicale, le retour en France et une tournée de propagande contre la tuberculose. Les lettres ici réunies retracent cette sinueuse trajectoire. Conservées par sa mère puis par son oncle, elles furent remises à Céline à son retour d’exil, en 1951, et restèrent inédites. Beaucoup sont de lui. D’autres lui sont adressées. D’autres encore sont écrites à son sujet. Celles qu’il envoya d’Afrique complètent notre information sur son séjour au Cameroun. Celles qui évoquent l’engagé au 12e cuirassiers ou le soldat au combat comblent de véritables lacunes. Elles réservent en particulier des surprises aux lecteurs de Casse-pipe et de Voyage au bout de la nuit. Au-delà de la multiplicité des auteurs, des formes et des intentions, ces lettres constituent donc d’irremplaçables documents : elles nous aident à comprendre comment Louis Destouches put devenir Céline.

Devenir Céline, Lettres inédites de Louis Destouches et de quelques autres, 1912-1919, Gallimard, 2009, 216 p.




Présentation de l'éditeur
« Tout ce qui ne chante pas, pour moi, c'est de la merde. Qui ne danse pas fait l'aveu tout bas de quelque disgrâce ». L'auteur de Voyage au bout de la nuit, publié en 1932 et vainqueur du Prix Renaudot, a exposé l'absurdité du monde et sa folie dans cet ouvrage, et prôné l'unique mode de résistance envisageable selon lui : la lacheté. Dans un avant-propos inédit, Sollers se situe par rapport à Céline. Son premier article paru dans L'Herne, date de 1963. Depuis, son admiration pour Louis-Ferdinand Céline n'a pas varié ; une telle constance est rare dans les milieux littéraires Tel Quel et L'Infini. Dans ces articles, critiques, préfaces, Sollers souligne l'aspect comique des romans de Louis-Ferdinand Céline et adopte une position originale : pour Sollers, le meilleur Céline est celui de la trilogie allemande, c'est-à-dire la part la moins lue de son oeuvre.

Philippe Sollers, Céline, Ed. Ecriture, 2009.


Présentation de l'éditeur
Céline rencontre Joseph Garcin avant la rédaction de Voyage au bout de la nuit (1932). Celui-ci lui fournit des informations sur la pègre qu'il fréquente et alimente ainsi la mythomanie de Céline, que le personnage d'affranchi fascine.
De septembre 1929 à octobre 1938, Céline a adressé à Joseph Garcin vingt-huit lettres qui constituent un apport précieux sur la genèse de l'oeuvre célinienne et de sa création romanesque. Cette correspondance permet d'approcher l'alchimie du travail d'écriture et la genèse tant de l'écrivain lui-même que de son oeuvre majeure. Ce livre constitue une édition augmentée de lettres inédites de l'ouvrage éponyme paru en 1987 aux éditions Librairie Monnier.

Louis-Ferdinand Céline, Lettres à Joseph Garcin, Ed. Ecriture, 2009.



De janvier à octobre 1985, Le Bulletin célinien délaissa le format in-12° pour adopter le in-4°. Cette initiative ne dura même pas un an puisque dès novembre 1985, le BC revint au format initial pour ne plus l’abandonner. Ces dix numéros, comme quasi tous ceux des années 80, étaient épuisés depuis longtemps. Ils font aujourd’hui l’objet d’une réédition anastatique sous la forme d’une élégante plaquette. En annexe, on trouvera les programmes de toutes les réunions organisées par Le Bulletin célinien de 1989 à 2009. En savoir plus...

Le Bulletin célinien Janvier 1985-Octobre 1985.


Présentation de l'éditeur
Philippe Destruel a consacré de nombreux travaux à l'œuvre de Louis-Ferdinand Céline. Il révise ici, à nouveaux frais, certaines de ses analyses pour offrir une étude thématique de l'imaginaire anthropologique chez un des auteurs majeurs du XXe siècle. En d'autres termes, c'est un ouvrage sur les catégories imaginantes de la pensée célinienne qui est proposé ici, sous ses différentes facettes : pornographie et somatique, logorrhée et silence, scientisme et anti-progressisme, anti-humanisme, extase évasive, chair pâtissante et subjectivité brisée, chronique de guerre et temporalité.

Philippe Destruel, Celine, Imaginaire pour une Autre Fois, La Thematique Anthropologique dans L'oeuvre de Celine, Ed. Nizet, 2009.



Présentation de l'éditeur
Destouches le médecin hygiéniste / Céline l’écrivain. Deux faces d’une même individualité. Entre ces deux pans, une sourde filiation, sensible dans toute son œuvre, qu’elle soit médico-sociale ou littéraire… Ainsi, des écrits scientifiques aux romans, dans des registres changeants, engagés ou amers, une approche des maux de la société et une esquisse, idéale ou désenchantée, de celui qui la soigne, pas tout à fait étrangère au propre vécu de l’auteur… Une approche, enfin, au noir de la condition humaine, une description de l’humanité au réalisme glaçant que David Labreure traque et décèle tout au long de ce mémoire.

David Labreure, Louis-Ferdinand Céline, un pensée médicale, Ed. Publibook, 2009.




Présentation de l'éditeur
Célèbre à trente-huit ans, dès la publication de son premier livre, Voyage au bout de la nuit, Louis- Ferdinand Céline (1899-1961) reste aujourd'hui encore un écrivain très controversé. Haï par les uns qui ne voient en lui qu'un antisémite virulent et un nihiliste outrancier, il est adulé par les autres qui ne veulent retenir que le caractère fondamentalement novateur de sa littérature. Yves Buin propose une approche nuancée, montrant que la lumière peut côtoyer la ténèbre. Médecin des pauvres, anticommuniste, pacifiste, Céline, qui reconnaissait à l'écrivain le droit d'inventer sa propre biographie, ne cesse de tricher, de mentir, mais paie comptant, " met sa peau sur la table ", et échafaude une oeuvre qui fait de lui un des plus grands prosateurs classiques du xxe siècle.

Yves Buin, Céline, Gallimard, 2009.




Présentation de l'éditeur
À partir de mars 1947, ayant quitté la prison pour l'hôpital de Copenhague, Céline peut écrire librement. Son activité épistolaire se développe alors considérablement, avec ses anciens amis restés en France et avec de nouveaux venus qui se manifestent à lui. C'est le cas de l'écrivain Albert Paraz (1899-1957) qui entame sa correspondance avec l'exilé en juin 1947. Elle durera dix ans et compte 353 lettres. Ce qui en fait l'une des plus étendues après celle que Céline entretient avec sa secrétaire Marie Canavaggia depuis 1936. Cependant elle présente un caractère qui la distingue de toutes les autres : Paraz a l'idée, acceptée avec réserves puis contrôlée par son correspondant, de mêler les lettres qu'il reçoit du Danemark à ses écrits autobiographiques, " Le Gala des vaches " (1948) et " Valsez, saucisses " (1950) - ce qui fait de lui le premier éditeur d'une correspondance de Céline.

Céline, Lettres à Albert Paraz, 1947-1957, nouvelle édition établie par Jean-Paul Louis. Cahiers de la NRF, Gallimard, 560 p.



Présentation de l'éditeur
Ces 313 lettres ont été envoyées par Céline depuis le Danemark - nous sommes en 1948-1950 - à Pierre Monnier qui, à Paris, solitairement et un peu désespérément, tentait de republier l'auteur du Voyage au bout de la nuit. Il est possible aujourd'hui, après l'apaisement des esprits, de mesurer tout l'intérêt de cette correspondance qui nous dépeint dans sa crudité la vie quotidienne de Céline exilée en proie à l'amertume, au délaissement et à ces ruminations dont sa vie durant il tira la littérature de génie que l'on sait. Cette correspondance ne manquera pas d'intéresser les innombrables lecteurs que le cheminement intellectuel de Céline intrigue, passionne, déroute ou rebute. Elle remettra de l'ordre dans les esprits et recréera pour un temps cette époque où l'invective avait force de loi. Un document exceptionnel, suivi d'une étude, à la fois souvenirs et réflexion, sur l'homme et l'écrivain Céline.

Pierre Monnier, Ferdinand Furieux, avec 313 lettres de Louis-Ferdinand Céline, L'Age d'Homme, 2009.




Présentation de l'éditeur
L'auteur ouvre sa mémoire et parcourt une vie éclairée par la lumière noire du Voyage au bout de la nuit, lu à l'adolescence. Un à un, à chaque détour d'un jeu de piste minutieusement composé, dont le but est de répondre à la question : " Qu'est-ce qu'une grande vie ? ", de Zola à Anatole France et André Gide, de François Mauriac à Maurice Sachs et Chateaubriand, de Bernanos à Nerval et Vigny, de Camus à Malraux, en passant par Léon Blum, Henri Barbusse et Emmanuel Berl, les écrivains resurgissent non pas du néant mais de la mort qui ne les " détruit pas " et les " rend seulement invisibles " (Chateaubriand). Alors s'élèvent les Chants du Voyage, qui, en écho au douloureux vertige de vivre, loin de conduire au désespoir, arment secrètement les âmes bien faites. Le génie littéraire de Céline est rendu à une continuité : inscrit dans la tradition avec laquelle il rompt, il apparaît comme un écrivain fécondant avec ardeur les héritages. Son tourment - " comment reviendra la guerre ? " - tient au fait d'avoir eu vingt ans en 1914. Posté à l'intérieur du cercle magique, Paul Yonnet accomplit ainsi le serment qu'il avait un jour formé d'écrire le " testament " imaginaire de Céline.

Paul Yonnet, Le testament de Céline, Editions de Fallois, 2009.



Présentation de l'éditeur
" Chaque écrivain, chaque intellectuel, chaque maître à penser veut désormais se mesurer à l'auteur du Voyage, le jauger, le juger, l'accabler ou le louer ", estime Frédéric Vitoux, qui fut l'un des premiers à se risquer à cet exercice et qui pose aujourd'hui la question : " Céline serait-il l'auteur le plus notoirement méconnu de la littérature moderne ? " Ecrivain maudit ? Il était célèbre dès la publication de Voyage au bout de la nuit, en 1932. Ecrivain controversé ? Sa gloire n'a cessé de croître depuis sa mort, au point qu'il est aujourd'hui l'un des Français les plus traduits dans le monde. Ecrivain ordurier ? Son style ajouré, éclaté comme de la dentelle, en fait aussi l'un des plus précieux de notre littérature. Ecrivain consacré ? Son œuvre, à l'exception de ses deux premiers romans, reste largement ignorée. Aborder sans jargon les singularités de l'écriture célinienne. Raconter les principales étapes de sa vie. Evoquer sans complaisance aucune le signataire de pamphlets antisémites d'une violence et d'une outrance telles qu'elles indignèrent ou décontenancèrent ses détracteurs comme ses amis : tel est le triple défi relevé par ce livre. Etude objective et dépassionnée, Céline, l'homme en colère se complète de témoignages, d'une bibliographie et d'un index.

Frédéric Vitoux, Céline, l'homme en colère, Ed.Ecriture, 2009.


Les Editions de la Reconquête rééditent Bagatelles pour un massacre de Louis-Ferdinand Céline. 410 pages, une illustration, préface de François Gardet.

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