dimanche 19 mai 2013

Louis-Ferdinand CÉLINE : « J'ai perdu la danse du destin... »

Céline par Sam DILLEMANS (2008)
J'ai perdu la danse du destin, je me suis fourvoyé de figure, enroulé dans la fausse écharpe... [deux mots ill.] sous la lune, d'une crête à l'autre de Paris, sur l'Océan monstre on les voit qui se déchirent les buées, effritent, éparpillent, s'arrachent aux cheminées, sombrent, effacent. C'est ce qui va m'advenir... Ils vont m'arracher le corps et l'âme... J'ai dansé de travers. J'étais trop vieux, c'est une justice, j'ai plus entendu la musique... Lucette me le disait, et même Charmoise mon cher voisin. « Vous vous fourvoyez Ferdinand... » Fallait que je gigue sur la bonne flûte... un certain âge c'est difficile, on s'emberlifique de cadence... un petit contretemps patatrac... la vogue y est plus... il faut plus risquer... la corrida d'homme s'ouvre, ça sonne, je suis bon pour la mise à mort... C'est ma faute aussi j'ai fait le Jacques... Ils rigolent tous sur les gradins... c'est pourri de voyeurs les cités, le monde, l'univers... ça risque rien là sur leurs fesses, assis au soleil, à l'ombre... Si ça trépigne, clame, gesticule la multitude, houle, réclame l'orage, veut des arènes pleines de sang, des animaux à l'agonie qu'on traîne par les pattes, y a que ça qui les affriole, les jubile, les enrage au bonheur. J'aurais dû me douter moi qu'ai fait la guerre 14, déjà bien passé au hachis...

Louis-Ferdinand Céline, Maudits soupirs pour une autre fois, Gallimard, 1985.
Commande possible sur Amazon.fr.

vendredi 17 mai 2013

Invectives et violences verbales dans le discours littéraire (2007)

Les Presses de l'Université Laval (Canada) ont fait paraître en 2007, sous la direction de Marie-Hélène Larochelle, Invectives et violences verbales dans le discours littéraire, un volume qui rassemble les études de treize des chercheurs qui ont participé, en mai 2006, au colloque Invectives et violences verbales dans le discours littéraire à l'Université McGill, dans le cadre du 74è congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS). Deux textes sont consacrés à Céline  « Le complot. Violence poétique et violence politique chez Céline » de David Décarie (Université de Moncton) et « Le texte célinien : l’invective dans de beaux draps ? » de Johanne Bénard (Université Queen’s).

Commande possible sur Amazon.fr. 

Sommaire détaillé 

Présentation de l'éditeur
Énergumène  ! Sapajou ! Vendu ! Mouchard ! Renégat ! Pirate ! Doryphore ! Moule à gaufres ! Salope ! Illuminé ! Bande de caves ! Morues ! Pouffiasses ! Cons ! Chameaucrates ! Écrivassiers ! Pseudo-poète médiocre et maniéré !
Voilà de quoi (se) traitent les auteurs de ce volume. C’est, en effet, aux foudres de l’invective, cette irruption de parole vive et violente, qu’on se mesure ici pour comprendre comment cette expression anime la littérature. Sur le plan du ressenti, la violence est une épreuve ; et sa forme littéraire, soit celle qui nous intéressera, rappelle ce sentiment selon des modalités intenses, témoins des qualités spectaculaires de la littérature. Sous le terme invective se rassemblent la lutte, le conflit, la querelle, systèmes de relations de la violence verbale dont les excès coagulent une définition chaotique et éminemment subjective. Aussi envisagerons-nous l’invective comme un phénomène fondateur d’une certaine tradition littéraire qui aspire à inventer le lecteur à travers des pages acerbes, virulentes, provocantes et obscènes. Littérature homicide et écriture meurtrière distinguent un pan du scriptural qui effraie encore la critique. Mais forts de la conviction que la fureur est aussi une structure de créativité, nous proposons d’affronter ces productions dont la monstruosité fait aussi la grandeur. Comprendre et interpréter l’invective comme une force, telle est la mission que se donne le présent ouvrage.
 

Marie-Hélène Larochelle
Marie-Hélène Larochelle est professeure adjointe à l’Université York. Elle est l’auteure de Poétique de l’invective romanesque, L’invectif chez Louis-Ferdinand Céline et Réjean Ducharme (Montréal, XYZ, coll. « Théorie et littérature », 2008).


Aussi disponible auprès de :

La Librairie du Québec
30, rue Gay Lussac
75005 PARIS
01 43 54 49 02

Problème technique...

Un problème technique gêne la bonne diffusion de certains de nos fichiers (pdf, audio, etc...). J'espère un retour à la normale dans quelques jours...

mardi 14 mai 2013

Échos céliniens...

> Vente aux enchères : La maison de ventes Alde mettra plusieurs pièces aux enchères le 31 mai 2013 à Paris (édition originale du Voyage et de L'Eglise avec envoi à Jean Ajalbert, éditions originales de Mort à crédit avec envoi de Céline au libraire Louis Tschann, etc...). www.alde.fr.

> Exposition : le dessinateur Tardi exposera du 15 mai au 8 juin 2013 à la galerie Oblique (17 rue Saint-Paul, Paris 4e). www.galerieoblique.fr.

> Suède : Le Svenska Dagbladet consacre un article à la nouvelle traduction suédoise de Voyage au bout de la nuit par Kristoffer Leandoer qui vient de paraître aux éditions Norstedts, suivi par le Aftonbladet du 2 mai 2013 : www.aftonbladet.se, et le Helsingborgs Dageblad du 12 mai : http://hd.se/.

> Iran : Une traduction de Nord par Mahmoud Soltanieh sera présente au 26è Salon international du livre de Téhéran. www.ibna.ir.

> Marseille et les écrivains est le thème traité par Rémi Duchêne dans L'Embarcadère des lettres qui vient de paraître chez Lattès. Cinq pages sont consacrées à Céline, que l'auteur cite dans une interview accordée au journal 20 minutes du 23 avril 2013 : « Mais ont-ils tous aimé Marseille ? - Non. Louis-Ferdinand Céline, par exemple, l'a détesté. Il n'a pas aimé sa pagaille, sa population mélangée, son incivisme. »

> Edition : Marc Lefrançois consacre une page à Céline dans ses Histoires insolites des écrivains et de la littérature (Ed. City) dans une rapide et approximative évocation de la vie de Céline.

> Madeleine Chapsal : Pendant 20 ans, elle a été la grande dame des lettres de L'Express. Aujoud'hui, elle ouvre ses tiroirs et met en vente des dizaines de correspondances avec des écrivains comme Sartre, Camus ou Prévert ou des photos en compagnie de Céline et Moravia. A découvrir en vidéo sur le site de L'Express : http://videos.lexpress.fr. 

Théâtre : l'adaptation de Voyage au bout de la nuit de Nicolas Massadau, interprété par Jean-François Balmer au théâtre de l'Oeuvre en 2012-2013, pré-sélectionnée pour le  "Prix des Théâtres" (qui remplace les Molières), n'a finalement pas reçu de récompense.

> Semmelweis : La Cause littéraire a publié le 20 avril dernier « Semmelweis, Louis-Ferdinand Céline », article de Didier Bazy : www.lacauselitteraire.fr.

> TV : Lorant Deutsch de nouveau contraint de se défendre devant le tribunal médiatique. Il était cette fois invité de Maïtena Biraben sur Canal + : http://telescoop.tv/.

mercredi 8 mai 2013

Le Petit Célinien - Lettre d'actualité n°41

Pour recevoir gratuitement par courriel à chaque parution la lettre d'actualité du Petit Célinien, laissez-nous votre mail à l'adresse habituelle : lepetitcelinien@gmail.com.

Le Petit Célinien - Lettre d'actualité n°41.
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lundi 6 mai 2013

« D'un excellent voyage atlantique » : une photo inédite de Louis-Ferdinand CÉLINE !

Après la photo inédite sortie des archives du journal canadien La Presse, nous vous proposons aujourd'hui cette photo, sinon inédite du moins très rarement vue, publiée le 30 avril 2013 sur le site de Pierre Assouline, La République des livres. Cette photo est ornée de cette dédicace :

« A Raulin 
notre très aimable tyran d'un excellent voyage atlantique, 
Bien amicalement 
LF Céline »

Elle a donc probablement été réalisée sur le bateau menant Céline en Amérique du Nord dans les années 30...





Jardin d'hiver du paquebot "Ile de France"



















jeudi 2 mai 2013

« Céline historien ? Non » par Pierre ASSOULINE - L'Histoire (mai 2013)

Un roman peut-il servir de source à l'historien dès lors que son auteur a été témoin, sinon acteur, des événements ? La liste est longue, inépuisable même, de ces oeuvres de fiction inspirées par l'histoire en marche, que les historiens n'hésitent pas à citer dans leur bibliographie, d'Homère à Vassili Grossman en passant par le Malaparte de Kaputt et de La Peau et tant d'autres. Ils y trouvent des faits ou des choses vues, des noms ou des dates, l'air du temps ou la rumeur du monde, et avant tout une émeute de détails : ils avaient le plus souvent échappé aux mémorialistes ; or, pour les chercheurs, ils sont la cerise sur le gâteau. Ainsi de D'un château l'autre (1957) de Louis-Ferdinand Céline.

Fuyant la France de la Libération et de l'épuration qui lui promettait d'être pendu, l'écrivain emboîta le pas au gouvernement de Vichy, Pétain et Laval en tête, exilés contre leur gré par Hitler au château des Hohenzollern, dans le sud de l'Allemagne. Redevenu le Dr Destouches, il séjourna en ville de novembre 1944 à mars 1945 avant de fuir vers le Danemark. Il s'était fait exclusivement médecin des pauvres durant cette période, se dévouant pour près de 2 000 Français (pour la plupart collabos et miliciens en déroute avec leurs familles), n'écrivant pas et ne prenant aucune part à la vie politique. Le roman qu'il en tira par la suite est souvent cité comme source, et nombre d'extraits reproduits comme on le ferait de documents, sans véritable critique, dans la plupart des livres évoquant le moment français de Sigmaringen. De façon plus nuancée, Philip Watts, professeur de littérature française à Columbia, concluait dans nos colonnes (L'Histoire n° 363) que, malgré ses faiblesses et ses manques, D'un château l'autre restait un document précieux sur le sujet. Christine Sautermeister, spécialiste des rapports entre Céline et l'Allemagne, vient de lui consacrer une étude très complète (Louis-Ferdinand Céline à Sigmaringen, éditions Écriture). Elle s'y efforce de comparer ce que fut la fiction romanesque et la réalité historique ; car s'il est un écrivain avec qui il convient de faire la part tant de l'invention et de la licence poétique que du pur délire paranoïaque, c'est bien lui.

S'appuyant sur les archives locales, l'historienne de la littérature observe qu'il manipule la chronologie à son gré. Si les événements qu'il relate se sont vraiment produits dans la colonie française, ils ne sont pas rapportés à leur date mais dans un chaos et un arbitraire dictés par les nécessités de la dramatisation, de la satire et de son intérêt personnel.
Les descriptions que donne Céline de la misère des exilés sont hyperboliques ; les Allemands sont montrés comme viscéralement hostiles aux Français, ce qui ne correspond pas aux faits mais permet de flatter la germanophobie du lecteur français de la fin des années 1950 ; il se présente lui-même comme un homme lucide et sceptique, à rebours des fantasmes de reconquête de ses compagnons de fuite, un marginal politique à l'écart des puissants, taisant sa fréquentation assidue au château de Marcel Déat, comme en témoigne le propre Journal de guerre inédit du ministre du Travail ; il force le trait, exagère, en rajoute. Mais serait-il romancier et serait-il Céline s'il en était autrement ? Son roman, le plus souvent cité à l'état brut, revêt une dimension documentaire à condition d'être décodé et réinterprété. En ce cas, il est utile à l'historien, répond Christine Sautermeister.

Faut-il pour autant faire de D'un château l'autre une référence historique ? Pour saisir la folie de l'époque, certainement ; dans ce registre-là, il est même irremplaçable. Mais pour le reste... Un cas d'école valable pour tant d'autres époques, d'autres historiens et d'autres romans. 

Pierre ASSOULINE
L'Histoire n°387, mai 2013


Sur le sujet :
> « Céline historien ? » par Philip WATTS - Histoire n°363 (avril 2011)
> Christine SAUTERMEISTER, Céline à Sigmaringen, Écriture, 2013.

mardi 30 avril 2013

« Céline en Allemagne » par Philippe SOLLERS - Le Nouvel Observateur - 25 avril 2013

Que diable Céline est-il allé faire, en Allemagne, en novembre 1944, dans le trou à rats de Sigmaringen? Il s'en est expliqué plus tard, lors de la publication d'un de ses grands romans de la fin, D'un château l'autre : « Croyez-moi, ce n'est pas par vocation que je me suis retrouvé à Sigmaringen. Mais on voulait m'étriper à Paris parce que je représentais l'antijuif, le fasciste, le salaud, l'ordure, le prophète du mal. Donc je me suis retrouvé en compagnie de 1142 condamnés à mort, français, dans un petit bled allemand. Ça valait le coup d'oeil, croyez-moi. Une cellule de 1142 types qui crèvent de rage, cernés par la mort, on ne voit pas ça tous les jours. » Et une autre fois : « J'étais là-dedans par curiosité. La curiosité, ça coûte cher. Je suis devenu chroniqueur, chroniqueur tragique. »

Roman? Chronique? La question est tout de suite posée des rapports entre fiction et Histoire, surtout lorsqu'il s'agit d'un événement aussi important, peu connu, volontairement méconnu, blessure mal cicatrisée de la réalité française. D'où l'intérêt de ce livre et de cette enquête. Il y a eu des témoins, des écrits, des mémoires. Par exemple : « Il y avait de tout : depuis le gangster jusqu'au chef d'Etat. Il y avait des gens qui étaient là véritablement on ne sait pourquoi : parce qu'ils étaient mal avec leur concierge et qu'ils avaient eu peur d'une dénonciation. Il y en avait d'autres qui espéraient encore jouer une partie gigantesque qui leur permettrait de satisfaire des appétits que Vichy avait déçus. » Voilà de la prose normale, alors que, si vous ouvrez Céline, vous êtes brutalement réveillé par des explosions continues, des raids d'aviation de la Royal Air Force (« forteresses », « mosquitos »), qui, sans arrêt, viennent « concasser des décombres ». Vous êtes dans un « château fantastique, biscornu, trompe-l'œil » dont aucune photographie ne vous donnera l'idée, un « foutu berceau Hohenzollern » plein de portraits de tueurs d'autrefois, et vous aurez immédiatement la sensation d'être « coincé par le sort, pris dans l'étau ». Avec les Hohenzollern, les siècles défilent, « cent mille rapts, rapines, assassinats, divorces, diètes, conciles... » Avec les nazis locaux (déjà dans la débandade) et les collabos promis au peloton d'exécution, vous avez droit à des portraits d'autant plus acides que ces victimes affamées n'ont plus droit à aucune considération et sont, finalement, grotesques. L'Histoire raconte et juge, la fiction fait vivre et juge autrement, en pleine « moucharderie générale ». 

Sans doute Céline exagère, détourne, invente, varie les éclairages tantôt fantastiques, tantôt comiques, mais toujours physiques. Son obsession, avant de pouvoir passer au Danemark, est de se réfugier en Suisse. Ici, portrait des « passeurs » : « Hâbleurs, provocateurs, vantards, et puis tout soudain, tout humbles, rampants... caméléons, vipères, couleuvres... ils étaient tout... vous les fixiez, ils muaient devant vous, là, de les regarder!... » Toute la « trilogie allemande » (D'un château l'autre, Nord, Rigodon) est écrite dans cette même vibration de fièvre. Au-delà de 39 °C, dit Céline, vous voyez tout. Lui, sans doute, mais on n'imagine pas (et c'est heureux) un historien partageant cette conviction. Le devoir de mémoire implique une basse température, tandis que la littérature peut revendiquer une nécessité d'hallucination. Et quel monde plus hallucinant que celui de la Seconde Guerre mondiale? Vous l'entendez et vous la voyez chez Céline, à chaque instant (difficile de lire plus de vingt pages à la fois). Le monde est en feu, les acteurs sont fous, les mots crépitent et brûlent. Le type qui arrive à tenir ce rythme a une mémoire phénoménale. Inutile de dire qu'il ne participe pas aux activités « culturelles » que décrit une feuille de chou des émigrés, cocassement intitulée « la France ». Comme on pouvait s'y attendre, Céline ne croit à rien, propose de fonder une « Société des Amis du Père-Lachaise », n'arrête pas, à ses risques et périls, de prêcher un défaitisme radical. Des témoins, Déat, Rebatet, soulignent son imprudence : « Il sème à pleine voix le défaitisme et les gens qui passent une heure avec lui en sortent catastrophés. » Ce qui ne l'empêche pas de se livrer à sa verve habituelle, que Rebatet, très admiratif, décrit ainsi : « Un monologue inouï, la mort, la guerre, les armes, les peuples, les continents, les tyrans, les nègres, les Jaunes, les intestins, le vagin, la cervelle, les Cathares, Pline l'Ancien, Jésus-Christ. » Délire sous les bombes.
 
Sigmaringen
Très lucide, Céline sait qu'il est considéré comme un « bouc providentiel». Les autres pensent qu'ils pourront s'en tirer, mais pas lui, «avec les livres qu'il a écrits » ( Bagatelles ). Les « boches » sont sournois, perfides, méprisants. « Quand elle rit, elle fait bien allemande, dure, gênante à regarder... Les Germains ne sont pas faits pour rire... » Les figures françaises sont rapidement brossées. Brinon, « animal des ténèbres, secret, très muet, et très dangereux ». Pétain, «l'Incarneur total», semi-gâteux, avec un appétit féroce. Laval, à qui il donne du cyanure que l'autre ne saura pas utiliser, mais qui promet à Céline, en cas de victoire grâce à « l'arme secrète du Reich », de le nommer gouverneur de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le cagoulard Filliol (« Restif » dans le roman), assassin discret, spécialiste de regorgement instantané. L'ami Le Vigan, cinglé, encombrant, plein de visions inutiles. Lili (Lucette) en fée courageuse, trouvant animalement, comme le chat Bébert, son chemin dans les méandres du château où les toilettes débordent. « Je ne peux pas travailler, dit Céline. Il me faut au moins une table et une chaise. J'ai un lit et un lavabo. »
 
Il ne faut jamais oublier que Céline est médecin, c'est le très étrange docteur Destouches. Voilà sa vraie vocation, dit-il sans arrêt, je me suis fourvoyé en écrivant, voyez le résultat, tant pis pour moi. Il donne des consultations dans sa chambre glaciale, demande des secours pour les enfants et les femmes enceintes, sort la nuit dans la neige pour un malade, obtient de la morphine on ne sait comment. Là encore, les témoignages confirment la bonté naturelle du monstre. « Je suis le Samaritain en personne... Samaritain des cloportes... Je ne peux m'empêcher de les aider... » Il accompagne des agonies, des débilités, des accouchements problématiques. C'est son vice, la médecine, pas l'écriture: « Mon Dieu, que ce serait agréable de garder tout ceci pour soi !... Plus dire un mot, plus rien écrire, qu'on vous foute extrêmement la paix... On irait finir quelque part au bord de la mer... pas la Côte d'Azur!... la vraie mer, l'Océan... on parlerait plus à personne, tout à fait tranquille, oublié... Mais la croque, Mimile ?... trompettes et grosse caisse !... aux agrès, vieux clown ! et que ça saute! plus haut!... plus haut! vous êtes un tout petit peu attendu! le public vous demande qu'une seule chose : que vous vous cassiez bien la gueule ! »

Le plus étonnant, c'est que le vieux clown, après sa grande saison en enfer, ait eu la force d'écrire ses trois gros romans. Mais voici sans doute pourquoi : « Un médecin sait tout et voit tout. » 

PHILIPPE SOLLERS 
Le Nouvel Observateur du 25 avril 2013 - N° 2529 


Christine SAUTERMEISTER
Ecriture, 2013, 358 p., 23 euros.

Louis-Ferdinand Céline par Melinda HAGMAN

Céline par Melinda HAGMAN
12 in. x 12 in.
Acrylic $200.00

lundi 29 avril 2013

Ils se disputaient une édition originale de Mort à crédit - L'Echo républicain - 28 avril 2013

Le 14 février 1994, l’audience du tribunal correctionnel de Chartres a, une fois n’est pas coutume, versé dans la littérature. À part ceux de la défense et de l’accusation, un seul nom est cité dans cette affaire. Celui de Louis-Ferdinand Destouches (1894-1961), plus connu sous son nom de plume, Céline. Et s’il est cité dans un tribunal, c’est en tant que victime, ou plus précisément, en tant qu’auteur de la “victime”, une édition originale de Mort à crédit, volée, vendue, revendue, retrouvée, mise sous scellés et cible de toutes les convoitises.

Des illustrations de Gen Paul
Au début de cette affaire, l’ouvrage se trouvait dans la bibliothèque d’un habitant de la région drouaise. « Mon client est le fils de gens qui étaient des amis intimes de Louis-Ferdinand Céline », a rapporté son avocat lors de l’audience. L’édition originale de Mort à crédit dont on parle, illustrée d’aquarelles de Gen Paul (1895-1975), a été offerte à sa famille par son auteur lui-même. C’est dire que son propriétaire, qui a souvent, enfant, déjeuné à la table de Céline, tient tout à fait à cet ouvrage. « C’est sa jeunesse, ce sont ses tripes. » Début juillet 1991, le livre disparaît de la bibliothèque. Il réapparaît trois mois plus tard. Entre-temps, il a connu quelques péripéties. C’est une femme d’une quarantaine d’années, occasionnellement employée par le propriétaire de l’ouvrage, qui l’a tout d’abord dérobé. Surendettée, elle a repéré qu’il s’agissait d’un beau livre, mais n’a visiblement pas bien évalué la valeur de son butin. Quand le premier acheteur contacté, un libraire spécialisé dans le commerce de livres anciens et modernes, lui en offre 25.000 F, elle ne cherche pas plus loin et saute sur l’occasion.
Un peu plus averti que la voleuse, l’acheteur revend rapidement le Céline pour 60.000 F à un autre libraire de la région. Jolie marge bénéficiaire, mais on n’a encore rien vu?! Le deuxième acquéreur contacte un de ses collègues parisiens et lui propose de s’associer pour orchestrer une nouvelle vente.

L’ouvrage voit sa cote grimper en flèche
Cet exemplaire de Mort à crédit, nouveau sur le marché, voit sa cote grimper en flèche et au terme d’une négociation bien menée, les deux compères remportent le jackpot : un particulier leur en donne 250.000 F.
C’est là que les choses se corsent. La voleuse avoue son geste à son employeur, l’ouvrage est retrouvé, remis à la police par le libraire qui avait effectué la dernière vente, et placé sous scellés dans l’attente du procès. Lorsque celui-ci s’ouvre, trois ans plus tard, ils sont trois à se disputer la propriété de l’édition originale : son premier possesseur et le duo de libraires qui l’a vendu en dernier. Ceux-ci arguent de leur bonne foi pour appuyer leur revendication.
Mais d’abord, ils ne sont pas les derniers possesseurs de l’ouvrage, et ensuite, sont-ils de si bonne foi?? Ayant appris qu’il y avait eu vol, le collectionneur à qui ils avaient vendu le Céline pour 250.000 F le leur a restitué, certes, mais pour qu’il soit rendu au propriétaire dépouillé. Les deux libraires, estime le tribunal, « se trouvaient dès lors en position de mandataires et non de propriétaires légitimes à la suite d’une vente qui aurait été annulée ». Grâce à cette subtilité, le Céline a retrouvé sa bibliothèque du Drouais.
Et la voleuse?? Sa victime avait décidé de retirer sa plainte. Elle a écopé de trois mois de prison avec sursis et a été condamnée à payer des dommages et intérêts.

Martine PESEZ
L'Echo républicain, 28 avril 2013

Théâtre : Stanislas de LA TOUSCHE en tournée bretonne les 10 et 11 mai 2013

Stanislas de la Tousche poursuit sa tournée bretonne et proposera, après Saint Malo, Guingamp et Rennes,  son spectacle « Y'en a que ça emmerde qu'il y a des gens de Courbevoie... ? » au public de Gâvres et de Douarnenez  les 10 et 11 mai 2013 (20h30). Un spectacle construit à partir de Féerie pour une autre fois, D'un château l'autre, Rigodon et des derniers entretiens, que nous vous recommandons.


Vendredi 10 mai 2013
20h30
Le Comptoir Gâvrais
56680 Gâvres 
02 97 82 43 23


Samedi 11 mai 2013
20h30
L'Ivraie
Rue de Plomarc'h
29000 Douarnenez
09 83 26 94 16

Le Bulletin célinien n°352 - Mai 2013

Vient de paraître : Le Bulletin célinien n°352. Au sommaire : 

Numéro en hommage à Jean-Pierre Dauphin (1940-2013)

M. L. : Bloc-notes
M. L. : Œuvre de pionnier
Christine Sautermeister : C'est ainsi que je suis devenue célinienne
Eric Mazet : Un premier de cordée
Henri Godard : Un maître de l'érudition bibliographique
Jean-Paul Louis : Un grand éditeur
Philippe Alméras : Le premier céliniste

Le Bulletin célinien, Bureau Saint-Lambert, B. P. 77, 1200 Bruxelles.
Courriel : celinebc@skynet.be.

Abonnement 1 an, 11 numéros : 55 €

> Consulter le sommaire des anciens numéros ici.

En kiosque : Spécial Céline n°9 - La chasse à l'homme !

Le trimestriel Spécial Céline sort son neuvième numéro (mai, juin, juillet 2013). En vente en kiosque. Sommaire :

Actualité
Présence célinienne, par David Alliot
Polémique
Foudres et flèches..., par David Alliot
Polémique
Haro sur Céline, par Éric Mazet 
Analyse
L'appréhension du réel chez Céline et Proust, par Serge Kanony
Étude
Céline dans le miroir des peintres, par Éric Mazet 
Lecture
Du nouveau sur Céline : Le Céline ? C'est ça !... de Serge Kanony, par Jacques Aboucaya
Témoignage
« C'est comme un grand frère » Arletty à propos de Céline, par David Alliot
Relecture
Excusez-moi, mais Céline me fait rire, par Pierre-Marie Miroux
Témoignage
Quand André Malraux se souvient de L.-F. Céline, par David Alliot

dimanche 21 avril 2013

Le Petit Célinien - Lettre d'actualité n°40

Pour recevoir gratuitement par courriel à chaque parution la lettre d'actualité du Petit Célinien, laissez-nous votre mail à l'adresse habituelle : lepetitcelinien@gmail.com.

Le Petit Célinien - Lettre d'actualité n°40.
> Télécharger nos anciens numéros ici

« Les pamphlets de Céline : enjeux d’une réédition » - Congrès de l'ACFAS - 7 et 8 mai 2013 (Québec)

Céline par Gen Paul (1936)
L'ACFAS, Association francophone pour le savoir, organise du 6 au 10 mai 2013 son 81è Congrès à l'Université Laval de Québec. Sous la direction de David Décarie (Université de Moncton) et Johanne Bénard (Université Queen's), les 7 et 8 mai seront consacrés à Céline et traiteront du thème « Les pamphlets de Céline : enjeux d’une réédition et bilan de la recherche » :



Mardi 7 mai 2013

 9 h 00 - 9 h 30 
Ouverture du colloque 

9 h 30
Régis Tettamanzi (Université de Nantes)
La culture dans les pamphlets de Céline.

11 h 00
Anne élaine Cliche (UQAM - Université du Québec à Montréal)
« Cette cosmique permanente apocalypse » : Popol et les Juifs

11 h 30
David Décarie (Université de Moncton)
Figures obsessionnelles : préfiguration de la figure du Juif dans Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit.

13 h 30
Dominique Garand (UQAM - Université du Québec à Montréal)
À l’agité du bocal : fiel pamphlétaire ou manifeste littéraire ?

14 h 00
Diego-Alejandro Aguilar Beauregard (Université de Toronto)
« Du "Portrait de l’antisémite" à "L’agité du bocal" : à propos de l’appropriation stylistique de Louis-Ferdinand Céline ».

15 h 00
Bernabé Wesley (Université de Montréal)
D’une féerie l’autre furie : le « poème rentré » de Bagatelles pour un massacre. 

15 h 30
David Labreure (Université de Nantes)
Le leitmotif antialcoolique dans Bagatelles pour un massacre. 

16 h 00
François-Emmanuël Boucher (Collège militaire royal du Canada)
L’héritage de l’infâme : Sollers, Muray et la transgression célinienne. 

Mercredi 8 Mai 2013 

9 h 30
Johanne Bénard (Université Queen's)
Style indirect libre et lopophagie : les figures énonciatives de la persécution des romans aux pamphlets céliniens.

10 h 00
François-Xavier Lavenne (Université Catholique de Louvain)
De l’héroïsme mangouste à la révolte des indigènes.

 11 h 00
Marie-Lise Auvray Doitteau (Université de Moncton)
La représentation de la foule dans Voyage au bout de la nuit, Mort à crédit et Bagatelles pour un massacre de Louis-Ferdinand Céline.

11 h 30
Tonia Tinsley (Missouri State University)
Misogynie ou matrice: la création littéraire et la synthèse du féminin célinien dans les pamphlets.

13 h 30
Valeria Ferretti (Université de Florence, Italie)
Les pamphlets en Italie : traductions, polémiques et bilan des réflexions critiques (1980-2013).

14 h 00
Mara Magda Maftei
Les écarts politiques de Céline et de Cioran. 

15 h 00 - 16 h 30
Les enjeux d'une réédition
Table ronde/atelier sous la présidence de Johanne Bénard. Participants : Paul Bleton TÉLUQ, François-Emmanuël Boucher Collège militaire royal du Canada, Anne élaine Cliche UQAM - Université du Québec à Montréal, Rémi Ferland Université Laval, Dominique Garand UQAM - Université du Québec à Montréal, Michel Lacroix UQAM - Université du Québec à Montréal, Régis Tettamanzi Université de Nantes. 


> Télécharger le programme détaillé & le résumé des interventions




Université Laval
2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6
Canada

samedi 20 avril 2013

La librairie « D'un livre l'autre » sur internet

La librairie-galerie « D'un livre l'autre » d'Emile Brami a ouvert son site internet. Retrouvez toute l'actualité de la librairie, une partie de son catalogue constitué d'éditions originales, de manuscrits, de raretés, et une série de portraits de Céline de José Correa en exemplaire unique :

« La musique pendant l’Occupation » : les chansons de Céline sur scène en 2013

Du 12 au 18 mai 2013, la Cité de la musique organise un cycle "La musique pendant l’Occupation". L'occasion de mettre en scène les chansons de Louis-Ferdinand Céline, À nœud coulant (« Vive Katinka la putain / Celle qui n’aime que le matin… ») et Règlement (« Je te trouverai charogne ! Un vilain soir ! Je te ferai dans les mires ! Deux grands trous noirs ! »), qui seront interprétées sur scène par Arnaud Marzorati accompagné par un accordéon, David Venittucci et d'une percussion, Joël Grare.

Jeudi 16 mai 2013 à 20h
Ampithéâtre - 18€.


> Réservations : www.citedelamusique.fr

jeudi 18 avril 2013

Échos céliniens...

Les Amants du Pont Neuf de Leos Carax (1991)
> Vente aux enchères : Une lettre de Céline au journaliste Charles Deshayes sera mise en vente le 19 avril 2013 à Drouot par la maison AuctionArt Rémy Le Fur & associés (Salle 5, Lot 317). Tous les détails sur www.drouot.com.

> Conférence : L'association CLUNY (Société franco-allemande de Hambourg) organise le 30 mai 2013 à 19h une conférence autour de Céline. Présentée par Maxim Görke, elle aura pour thème « Colère orchestrée - à propos de Louis-Ferdinand Céline ». Gästehaus der Universität Hamburg, Rothenbaumchaussee 34, 20148 Hamburg (Allemagne). www.cluny.de. Courriel : info@cluny.de.

> Généalogie : Paru aux éditions Archives & Culture, Familles d'écrivains d'Aurélie de Cacqueray et Julien Dieudonné propose une série de 50 généalogies d'écrivains parmi lesquelles Marcel Aymé, Albert Camus, Alphonse Daudet, Marcel Proust, Jean-Paul Sartre et Céline. Disponible d'occasion sur www.livre-rare-book.com.

> Étude : Le texte de François-Xavier Lavenne « Voyage au bout de la nuit, une anti-Odyssée. La reprise du mythe d'Ulysse et l'interrogation métaphysique dans l'œuvre de Céline » est disponible sur le site de l'Université Catholique de Louvain : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fe/11/TM11.html.

> Devinette : « Devinez à quel roman ces deuxièmes phrases appartiennent », un petit jeu à retrouver sur www.slate.fr.

> Cinéma : Le site Mubi.com se penche sur l'influence et les réponses de Leos Carax au style de Céline dans son film Les Amants du Pont-Neuf dans un article intitulé « Doctor Destouches, Léos Carax, and the "Emotive Account" » mis en ligne le 15 avril 2013.

> ChansonLe goût de la chanson vient de paraître aux éditions du Mercure de France. Il regroupe un ensemble de textes sur la chanson « d’écrivains, de journalistes, d’un photographe, d’un psychanalyste et même de quelques chanteurs, tels Victor Hugo, Alphonse Allais, Jean Baptiste Clément, Louis-Ferdinand Céline, Emile Zola, Claude Duneton, Marie Nimier, Romain Rolland, Serge Reggiani, René Fallet, Colette, Boris Vian, Marcel Proust, Robert Doisneau, Barbara, Robert Antelme et bien d’autres... ». 130 pages, 7,50 €. Commande possible sur Amazon.fr.

Colloque : « Ecrire aux marges de l'Histoire : le "petit liseré des berges" de L.-F. Céline  » sera la communication que proposera Bernabé Wesley lors du colloque sur « La frontière en soi. Vivre et écrire entre les lignes » organisé du 1er au 3 mai à l'Université de Montréal. www.site.sociocritique-crist.org.

mercredi 17 avril 2013

« C'est grave, docteur ? Médecins et médecines imaginaires » - Colloque annuel du CRIST - avril 2013

Le prochain colloque annuel du CRIST, Centre de recherche interuniversitaire en sociocritique des textes, se tiendra les 25 et 26 avril 2013 à l'Université du Québec à Montréal. Le thème abordé cette année sera « C'est grave, docteur ? Médecins et médecines imaginaires ». Une intervention de Bernabé Wesley est programmée le vendredi 26 qui s'intéressera au « docteur Destouches, un médecin qui passait pour un patient ».



Université du Québec à Montréal
Salle des boiseries (J-2805)
25 et 26 avril 2013 

www.site.sociocritique-crist.org
info@sociocritique-crist.org

mardi 16 avril 2013

« CÉLINE entre correspondance et posture » - RTS - 1er décembre 2009

A l'occasion de la sortie en 2009 de la nouvelle édition des Lettres de CÉLINE à Albert PARAZ aux éditions Gallimard, la radio Espace 2, de la Radio Télévision Suisse, a consacré l'émission « Entre les lignes » du 1 décembre 2009 à Céline. Autour du micro de Christian CIOCCA, interviennent Jean Paul LOUIS, éditeur, et Jérôme MEIZOZ, enseignant à l'Université de Lausanne :


Durée 58 min.


Après son emprisonnement pour collaboration durant l’Occupation, Céline s’est battu pour sa réhabilitation. Sa correspondance souligne cette posture de combat qui ne s'est voulue que littéraire. Incarcéré durant quatorze mois à Copenhague en décembre 1945, après son exil en Allemagne, Louis-Ferdinand Céline a recouvré sa liberté d'écriture au printemps 1947. Condamné par contumace en France, craignant d'être une des dernières cibles de l'épuration, il a commencé une longue correspondance avec l'écrivain Albert Paraz qui voulait ainsi réhabiliter l'auteur honni. En tâchant de répondre aux accusations de haine raciale et d'antisémitisme dont ses pamphlets et son attitude avaient révélé la violence, Céline renforçait sa posture de victimisation. Avant-guerre, il s'était présenté aux journalistes en blouse blanche jouant le médecin-écrivain, connaisseur des maux du monde. Après-guerre, par euphémisme, il ne s'est voulu qu'un musicien de la langue. Avec l'éditeur Jean Paul Louis et Jérôme Meizoz, enseignant à l'Université de Lausanne et écrivain, on abordera l'ambiguïté de ses attitudes et leur résonance dans le monde culturel d'hier et d'aujourd'hui.

dimanche 14 avril 2013

Louis-Ferdinand CÉLINE : deux lettres inédites à Henri MONDOR

Les éditions Gallimard viennent de faire imprimer 2 000 exemplaires hors commerce sur Rives Vergé, réservés aux membres du Cercle de la Pléiade, de ce qui constitue l'édition originale des lettres de Céline à Henri Mondor.  Un volume qui devrait donc apparaître très prochainement en librairie. En exclusivité, nous vous proposons deux de ces lettres inédites datées des 4 et 9 juin 1959. On se souvient qu'Henri Mondor sera l'auteur d'une préface pour la première édition du premier volume des Romans de Céline (Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit) de la prestigieuse édition de la Pléïade parue après la mort de Céline en 1962.

Dr L-F Destousches
Lauréat de la Faculté de Médecine de Paris
25 ter route des gardes
Meudon (S&O)
Obs 10 79

Le 4 juin 59

Mon cher maître et Ami,

Encore moi ! Vous le savez, Alphonse Allais était très fier d'être « abonné au gaz », il le faisait graver partout (1) ; moi c'est la « Pléïade » ! j'en suis ! depuis hier, pour le « Voyage » et « Mort à crédit », mais à condition qu'un parrain illustre et bienveillant m'écrive une préface, impérieux usage et tradition ! Bien sûr j'ai pensé à vous et viens encore une fois vous demander de me présenter à ce public qui vous vénère mais me regarde avec une grande méfiance.
Vous voyez que je me permets tout !
Et j'espère tout !
Votre sincère ami

LF Céline 


1 - En particulier sur sa carte de visite. Le même 4 juin 1959, formule identique dans une lettre de Céline à Nimier : « Grâce à vous je suis aux anges d'être de la Pléïade, exultant comme A. Allais d'être "abonné au gaz", je l'écris à Mondor en même temps que je le tape d'une préface... » (Lettres, p.1555).

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Le 9/6/59

Mon cher Maître et Ami

Toute ma sincère reconnaissance ! puisque vous voulez bien me présenter ! Il ne s'agit que de deux livres : Le Voyage et M. à Crédit. Les autres, plus tard ! lorsque les passions se seront apaisées ! définitivement ! Votre présentation en mettons : cinq pages, entraînera toutes les convictions, fera merveille auprès tant et tant de boudeurs !
Votre bien fidèlement,
Destouches

mercredi 10 avril 2013

« Céline et l'Allemagne » : Actes du XIXè colloque international Louis-Ferdinand CÉLINE

La Société d'études céliniennes fait paraître les Actes du XIXè colloque international Louis-Ferdinand Céline qui s'est tenu au Frankreich Zentrum de la Freï Universität de Berlin du 6 au 8 juillet 2012. « Céline et l'Allemagne » a été le thème traité cette année. Au Sommaire :

Ana Maria ALVES 
Céline et les rapports franco-allemands
Anne BAUDART
Céline, un peintre du nord
Johanne BÉNARD
Le théâtre dans la trilogie allemande : l'envers du décor
Isabelle BLONDIAUX
Pourquoi lire Céline ? 
Émile BRAMI
L'Allemagne dans la correspondance de Céline (1940-1961)
Louis BURKARD
Les pamphlets de Céline et leur interdiction en droit
André DERVAL
Allemand et anglais, entre musique et charabia
Véronique FLAMBARD-WEISBART 
La traversée de l'Allemagne en train
David FONTAINE
Le Berlin de Céline
Pascal IFRI 
L'Allemagne et les Allemands dans la correspondance de Céline (1907-1939)
Sven Thorsten KILIAN
L'Allemagne, ce monstre
Suzanne LAFONT
Des collabos aux Balubas : le miroir sonore de l'histoire dans la trilogie allemande
François-Xavier LAVENNE 
Orphée en Allemagne
Marie-Pierre LITAUDON
Guignol's band... au passage
Pierre-Marie MIROUX
Le Nord chez Céline ; des racines et des ailes
Bianca ROMANIUC-BOULARAND
Un phénomène stylistique célinien : la récurrence formelle et sémantique dans Voyage au bout de la nuit
Christine SAUTERMEISTER 
D'un café l'autre : Céline et Marcel Déat à Sigmaringen 
Ann SEBA-COLLET
Céline en bataille avec la guerre : l'Allemagne, catalyseur d'un pacifisme, d'une poésie
Alice STASKOVA
Figure et espace dans la « Trilogie allemande » et dans Féerie pour une autre fois I 
Margarete ZIMMERMANN
Les représentations de Berlin dans Nord
 

Le volume 65 €, 310 pages :
ISBN 978-2-913193-23-4

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