lundi 1 septembre 2014

Le Petit Célinien - Lettre d'actualité n°56

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Le Petit Célinien - Lettre d'actualité n°56.
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samedi 30 août 2014

Au plus fort de la bataille : le premier roman de Jean-François ROSEAU

Nos lecteurs les plus fidèles connaissent déjà son nom. Il nous a offert plusieurs articles sur Céline (voir les références ci-dessous). Jean-François Roseau publie aux éditions Pierre-Guillaume de Roux son premier roman, Au plus fort de la bataille, qui vous replongera dans l'univers du premier épisode de Voyage au bout de la nuit, la Première Guerre mondiale.


Jean-François Roseau, Au plus fort de la bataille, P.-G. de Roux, 2014.
Disponible sur Amazon.fr.


Présentation de l'éditeur
« Tout était bon à mettre au compte de Poincaré. Le manque d’obus et l’épuisement d’acide sulfurique pour la fabrication des poudres.
– Vous l’avez vu habillé pour le front ?
– Un peu qu’on l’a vu, le Raymond ! Sa casquette de chauffeur. Son costume de cycliste prêt pour le Tour de France...
– Les poilus ont dû se marrer. On leur annonce un président, et ils voient arriver un chauffeur de taxi aussi éloquent qu’une huître !
– Il paraît qu’il reste muet devant les soldats. La larme à l’œil en les saluant droit dans ses bottes. »
Quand l’hypermédiatisation des conflits, source de notre indifférence à l’horreur, s’estompe tout à coup sous une trouvaille exceptionnelle – des lettres de poilus découvertes au gré d’une promenade dans les rues de Montmartre -, l’Histoire redevient vivante. Et le souffle des épistoliers, liés par l’amour, le remords et l’exil, peut, à nouveau, nous communiquer un peu de cette indicible expérience de 14-18….
À travers cette tragédie aux ardeurs mêlées, Jean-François Roseau nous fait redécouvrir la Grande Guerre du haut de ses vingt-trois ans, et signe un tout premier roman décapant.





A lire :
Du chevalier au cuirassier Destouches : l'art du pamphlet comme un art de la guerre
> Les tribulations strasbourgeoises du plaidoyer célinien
> Céline, le « collabo » dans la presse d’après-guerre
> Céline et le Cercle européen
> Céline aux archives

Le Bulletin célinien n°366 - septembre 2014

Vient de paraître : Le Bulletin célinien n°366. Au sommaire :

- Marc Laudelout : Bloc-notes (Hostilité envers Céline)
- Émeric Cian-Grangé : Je me suis réconcilié avec Henri Godard...
- Éric Mazet : Henri Godard et Henri Mahé
- Éric Mazet : Lucienne Delforge et Louis Destouches
- Benoît Le Roux : Neuf lettres inédites à Mme Bailles
- Jean-Paul Louis : Présentation de « L’Année Céline 2013 »

Le Bulletin célinien, c/o Marc Laudelout, Bureau Saint-Lambert, B. P. 77, BE 1200 Bruxelles.
Abonnement annuel : 55 € (onze numéros). Courriel : bulletinlfc@gmail.com

vendredi 29 août 2014

En kiosque : Spécial Céline n°14 - Les secrets d'un visionnaire

Le trimestriel Spécial Céline sort son quatorzième numéro (septembre, octobre, novembre 2014). En vente en kiosque, 19,50 €.

Au sommaire :


Étude
Céline en son temps ou Céline avant Céline 1927-1929, par Éric Mazet 
Étude
Ferdinand, un chevalier des Temps Modernes, par Serge Kanony
Extrait
Louis-Ferdinand Céline à Sigmaringen, par Christine Sautermeister  
Lecture
Poésie et vérité, par Luc-Olivier d'Algange


> Consulter le sommaire des anciens numéros.

mercredi 6 août 2014

« Le dernier voyage de CÉLINE » par Valère-Marie MARCHAND (Plume, 2013)

Dos et premier plat de la reliure du manuscrit de Nord, avec la signature "Docteur Destouches"
Cinquante-trois ans après sa sortie en librairie, redécouvrons la petite et grande histoire du manuscrit de Nord, qui fut, d'après Roger Nimier, le « plus beau livre de Céline depuis Voyage au bout de la nuit ». Ultime roman publié du vivant de Céline, ce texte unique en son genre a fait date parmi les bibliophiles et les amateurs de documents autographes.

On a tout dit au sujet de Céline. On s'est bien évidemment indigné - le mot est à la mode - de ses coups de gueule mémorable, de ses invectives légendaires, de sa misanthropie, de sa paranoïa et de sa méfiance maladive envers son prochain. On a dénoncé haut et fort tout ce que lui-même ne prenait pas la peine de cacher. Louis-Ferdinand Céline était un cas à part parmi les écrivains. Polémiste à ses heures, ce franc-tireur n'avait ni langue ni plume dans sa poche lorsqu'il fallait déboulonner quelques idées reçues. Sa verve pamphlétaire, son lyrisme au vitriol et inappétence manifeste au politiquement correct n'ont pas facilité, loin de là, son éventuel retour en grâce...
Certains, comme Léon Trotsky, se félicitèrent d'abord de son indifférence à l'académisme ; d'autres, comme Paul Nizan, virent dans Voyage au bout de la nuit un pied de nez plutôt réussi « aux romans des petits chiens savants », mais beaucoup comme Marcel Jouhandeau, André Malraux ou Roger Ikor (pour ne citer qu'eux) ne savaient comment traiter cet objet littéraire non identifié... Antisémitisme, Céline l'était assurément, mais il était aussi anticapitaliste, antimilitariste, anticlérical, antibourgeois, anticommuniste, anticolonialiste, anticonformiste, antisocial, antiparlementaire, en un mot, anti-tout ce que l'on voudra... Récidiviste en son âme et conscience, Céline n'était pas non plus un homme à se taire ou à se laisser bâillonner par le premier venu. Du coup, on a eu un peu trop tendance à reléguer le phénomène célinien à un négativisme absolu et à oublier que son oeuvre ne serait pas ce qu'elle est, sans l'incroyable vitalité de ses phrases, sans ce souffle qui réanime une langue jusqu'alors un peu moribonde. Car Céline, on ne le dira jamais assez, était – comme Rabelais le fut aussi en son temps – autant médecin qu'écrivain. Il avait l'oeil d'un clinicien. Rien ne l'arrêtait dans ses voyages au bout de l'enfer et rien, bien évidemment, n'était passé sous silence dans ses autopsies sans ordonnance. De la première à la dernière page, Céline décortiquait, analysait, auscultait la condition humaine sous tous ses angles. Quitte à forcer le trait, quitte à jouer les Cassandre, quitte à extrapoler plus qu'il n'en fallait, Céline semblait éprouver un malin plaisir à se lancer dans les plus sombres diagnostics et à faire cavalier seul. Si nul n'écrivait comme lui, c'est qu'il n'écrivait comme personne. Et s'il aimait autant les points de suspension, c'est que l'idée du point final lui était totalement étrangère. Même après guerre, alors qu'il avait tout perdu et qu'il n'était plus que l'ombre de lui-même, il n'était pas en panne d'inspiration. En 1957, il venait même de déclarer à son ami Roger Nimier qu'il avait hâte de boucler sa « trilogie allemande ». Inauguré avec D'un château l'autre, ce vaste projet qu'il entendait poursuivre avec Nord, sonnerait le dernier round d'une vie bien remplie. En attendant, il lui faudra écrire près de 2500 pages pour ne garder que 1565 feuillets... Un travail monumental, fait de lectures et de relectures, de rectificatifs, de corrections et d'ajustements de dernière minute, dont ce marathonien de l'écriture se disait coutumier. Cette fois, cependant, le défi était de taille. En « coloriste des mots », Céline pressentait l'ampleur de sa tâche. S'il n'avait rien à prouver à son lecteur, son lecteur, lui, l'attendait toujours au tournant. C'était ainsi. Céline, même au bout du rouleau, serait toujours Céline. Il ne laisserait jamais personne indifférent.

Pages d'un chapitre manuscrit de Nord écrit entre 1957 et 1959.


D'un manuscrit l'autre
En 1959, Céline n'a plus que deux ans à vivre. Après-guerre, il s'est retiré à Meudon, route des Gardes, où il s'est installé avec sa compagne, la danseuse Lucette Almanzor, et avec ses chiens, ses chats, ses perruches et ses perroquets. Céline a toujours aimé la vie de bohème. Où qu'il aille, à Paris, à Clichy, à Londres, au Cameroun, en Allemagne ou au Danemark, Céline est un bourlingueur né. Toujours sur le départ, toujours prêt à plier bagage, il s'est habitué très tôt à se contenter de l'essentiel et à n'emporter avec lui que le strict nécessaire, en l'occurrence des liasses de feuillets qu'il se plaît à accrocher chez lui avec de grosses pinces à linge. Histoire de ne pas perdre de vue le travail accompli et de ne pas interrompre l'écriture en cours. Car, sous ses airs clochardisants, Céline est bien plus organisé qu'il n'y paraît. À Meudon, il s'est même réservé le rez-de-chaussée de sa nouvelle maison afin d'y aménager son atelier d'écriture. Un espace où comme l'observe Henri Godard, tout a été parfaitement pensé : « Céline, de son bureau en façade, avait la vue sur Paris par la haute fenêtre située sur la gauche. Sur la vaste table de travail presque carrée recouverte d'un tissu jusqu'au sol, il pouvait disposer, outre les feuillets sur lesquels il était en train d'écrire autant de versions antérieures qu'il voulait en consulter. »(1) C'est sans doute sur ce même bureau que, le 27 janvier 1959, il s'apprête à répondre à l'un de ses amis de la dernière heure, Roger Nimier, l'un des rares habitués de la NRF à oser lui rendre visite. « Si la NRF vous laisse une seconde pour penser à moi, voulez-vous songer à la Pléiade. [...] Je ne lâcherai pas mon prochain ours qu'ils ne m'y aient fait paraître... Et qu'il avance mon prochain ours ! qu'il est terminé qu'il me reste à le pourlécher pendant encore quelques mois... 2600 pages. » L'ours en question n'est autre que le manuscrit autographe de Nord, un document exceptionnel qui comme la plupart des textes de Céline, fera l'objet d'innombrables refontes. Pour Féerie pour une autre fois, Céline avait peaufiné son texte à partir du dactylogramme que sa fidèle correctrice et secrétaire, Marie Canavaggia, avait réalisé pour lui. Pour Nord, ce sera plus compliqué. Des maux de têtes et des vertiges incessants lui font craindre le pire... Aura t-il seulement la force d'achever son oeuvre ? Rien n'est moins sûr. Lucette qui le voit sans cesse consulter sa montre, ne l'a jamais connu aussi anxieux. Et les rares intimes qui lui rendent encore visite, ne peuvent que constater l'état de surmenage et de délabrement physique dans lequel il se trouve. En l'espace d'un an, pas moins de 5000 mots seront remplacés de la main même de Céline. Sans compter les paragraphes que l'auteur a déplacés au gré des circonstances et supprimés de la version définitive... Cette fois, Céline n'hésite pas à réécrire entièrement des passages entiers de son texte (voir notre encadré), à édulcorer les expressions trop excessives à ses yeux et à apporter plus de précisions à ses formulations de départ. En dernière lecture, l'adjectif « rigolo » devient ainsi « amusant », tandis que les « sadiques » se voient remplacés par des « monstres » tout aussi bien attentionnés... Au fil des relectures, le hameau de « Porcville » est d'abord rebaptisé « Petteville » puis « Niaquouéville » pour être finalement cité sous le seul nom de « Marcouville ». Si certains rectificatifs peuvent prêter à sourire, Céline sait néanmoins où il va, car, comme l'explique Henri Godard, ce qu'il appelle « polir son texte », consiste surtout à multiplier les effets de surprise de façon à ce que son texte vive « en faisant vivre au lecteur ces émotions dans son présent »(2) Autrement dit,
c'est avant tout sur le rythme, sur l'oralité de ses phrases et sur la scansion des mots, que se porte l'attention de Céline, rejoignant, en ce sens, ce qu'il a dit naguère à son ami Robert Carlier : « Je n'envoie pas de message au monde, moi, non ! Je me saoule pas de mots, ni de porto, ni des flatteries de la jeunesse. Je cogite pas pour la planète... Je suis qu'un petit inventeur, et que d'un petit truc qui passera pardi ! Comme le reste ! Ce que j'ai inventé, je viens de l'écrire dans la Nouvellerevuefrançaise (en un seul mot s'il vous plaît) : j'ai inventé l'émotion dans le langage écrit... » Et, comme il le dit lui-même, ce n'est pas une mince affaire...



Chronique d'une débâcle annoncée 
En attendant, le manuscrit de Nord prend forme. Céline y relate sa fuite à Baden-Baden, à Berlin, puis à Zorhnof, en présence de ses trois compagnons d'infortune : Lucette Almanzor, l'acteur Le Vigan (dit « La Vigue ») et l'inénarrable chat Bébert. Il y décrit une Europe à feu et à sang, des paysages dévastés par les bombardements et une « Allemagne de la débâcle comme Dante visitait les cercles de son enfer. » Il y dépeint l'effondrement du Reich et l'étrange déconfiture dans laquelle sombrent les armées d'Occupation. Et il déclare haut et fort qu'il est avant tout chroniqueur, qu'il en a fini avec le roman et qu'en sa qualité de médecin, il ne se lasse pas d'ausculter le genre humain. Au passage, les « alcooleux », les « demi-bistrotes », les « cul-de-jatte gâteux », les « sergents manchots », les « colonels congestionnés », les « bouseux prisonniers », les « conseillers hépatites », les « semi-lettons », les « râpeux boutiquiers », les « morphinomanes », les « rombières défaillantes et cardiaques », les « boches et les bochesses », les « gredins et gredines » de tous horizons en prennent bien évidemment pour leur grade. Fidèle à lui-même, Céline n'épargne rien ni personne. À ce rythme, il risque bel et bien de s'épuiser à la tâche, car depuis que sa main droite est à moitié paralysée (3), il lui est quasiment impossible d'avoir une écriture soignée. C'est donc sur de simples feuilles volantes qu'il note à la va-vite et au stylo-bille bleu les phrases qui lui viennent à l'esprit. En d'autres circonstances, il lui est arrivé de réécrire jusqu'à 7 fois certains de ses manuscrits (ce fut notamment le cas pour Voyage au bout de la nuit). Cette fois, le temps presse. Céline sait qu'il s'est lancé dans une ultime course contre la montre. Au final, il ne restera que 1565 pages sur les 2500 pages d'origine. En quelques mois, Céline a fait subir à son premier jet une sévère cure d'amaigrissement. Une prouesse dont il n'est pas peu fier. D'ailleurs, il se déclare plutôt « satisfait d'avoir bien payé pour avoir un sujet et un style ». Il l'a dit et redit. Un style n'a pas de prix. Selon lui, un grand écrivain est dans l'obligation de « mettre ses tripes sur la table » et doit, tôt ou tard, payer la rançon de la gloire. Lorsque le manuscrit de Nord est enfin mis au net, Céline est à bout de forces et presque à bout d'arguments lorsqu'il relate à Roger Nimier son passage en coup de vent aux éditions Gallimard. « Très discrètement et des plus rapides nous avons été Marie, moi, à la NRF, ce matin, porter l'ours à Festy. [...] Nous n'allions pas vous déranger ! Vu une minute Mme Laigle entre deux portes ! Mais ne voulez-vous avoir la bonté de rédiger le petit digest coutumier de la fin ? »(4) Quinze jours plus tard, toujours pas de nouvelles de Gallimard. Dans un second courrier à Roger Nimier, Céline ne cache plus son angoisse. « J'ai peur de l'avenir Roger... L'impression, vite ! » Nord paraît finalement au mois de juin 1960. Tirée à 14000 exemplaires, son édition originale remporte d'emblée tous les suffrages. « Tout, de votre génie lyrique et de votre art scrupuleux, me paraît revenu » lui écrit Henri Mondor. Si Céline se réjouit de cet accueil, il n'en est pas moins aux abois. Comme à son habitude, il craint de manquer d'argent et songe à vendre le manuscrit de Nord à un collectionneur. Or, Renée Cosima, la femme de Gwenn-Aël Bolloré, accompagne souvent sa fille aux cours de danse de Lucette Almanzor. Le futur acquéreur semble tout désigné... Il faudra tout l'entregent de Roger Nimier pour que les deux intéressés parviennent à s'entendre. En juin 1960, Renée Cosima Bolloré devient officiellement la propriétaire du manuscrit de Nord. En guise de remerciement, Céline signe sur la dernière page cet envoi autographe : « Hommage à Renée Cosima Bolloré [sic] maman d'Anne Meudon 6 juin 60 LF Céline. » Un an plus tard, les exemplaires de Nord seront retirés des librairies à la suite d'une plainte en diffamation de Mme Asta S., une Allemande qui se reconnaît dans le personnage d'Isis. Un épilogue dont Céline ne prendra pas connaissance, puisqu'il meurt le 1er juillet 1961 d'une rupture d'anévrisme. En 1970, Gwenn-Aël Bolloré fait relier par Mercher le dernier voyage de Louis-Ferdinand Céline. Sur le maroquin vert janséniste, des quatre volumes, in-4 (270x205 mm), on peut lire en lettres d'or un fragment de la mention vétérinaire qui figurait, dans Nord, dans le passeport du chat Bébert : « Docteur Destouches, 4 rue Girardon, ne nous a semblé atteint d'aucune affection transmissible. »(5) À bon entendeur, salut ! Après tout... le lecteur lambda n'est pas censé partager, cinq sur cinq, les idées de Céline. 

Valère-Marie MARCHAND 
Plume Magazine, n°65, juillet-août-septembre 2013. 

Un numéro toujours disponible, 5,90 €, sur www.plume-mag.com. 


Notes 
1 – Passage extrait de Céline d'Henri Godard, Éd. Gallimard, 2011, p. 483.
2 – Cest la formule qu'emploie Henri Godard dans Céline, Éd. Gallimard, 2011.
3 – C'est une séquelle de la guerre de 1914.
4 – Lettre du 23 décembre 1959, extraite des Lettres de Céline, édition établie par Henri Godard et Jean-Paul Louis, Éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 2010.
5 – La formule originale qu'on peut lire dans le manuscrit de Nord était la suivante : « Le chat dit Bébert, propriétaire Docteur Destouches, 4 rue Girardon, ne nous a semblé atteint d'aucune affection transmissible » (pp. 122 et 123). En tronquant cette phrase, Gwenn-Aël Bolloré adresse un autre message au lecteur.




mardi 5 août 2014

Une lecture des Entretiens avec le Professeur Y le 10 août 2014 à Noaillan

Le 10 août 2014 à 18h, Christophe Boudé et Lisa Sans, des "Compagnons comédiens", proposeront une lecture des Entretiens avec le Professeur Y au Théâtre de Castigues à Noaillan, 51 route du barrail de Bouey (33). www.lescompagnonscomediens.com

vendredi 1 août 2014

Michel BOUQUET lit Louis-Ferdinand CÉLINE (1965)

Extrait de l'émission "Les Blessés" du 18 décembre 1965, émission du magazine mensuel de la Première Guerre Mondiale proposée et animée par Pierre SIPRIOT, réalisée par Philippe GUINARD. Michel BOUQUET lit un extrait de Voyage au bout de la nuit :





Sur le sujet :
> Romain COTTARD lit Louis-Ferdinand CELINE (2013)
> Rodolphe DANA lit Louis-Ferdinand CELINE (2014)
Louis-Ferdinand Céline lu par...  (Guillaume GALLIENNE, Julien GUIOMAR, Stanislas de la TOUSCHE, Christophe MALAVOY, Guy MARCHAND, Michel PICCOLI, Fabrice LUCHINI, Denis PODALYDES, Pierre BRASSEUR, Michel SIMON et ARLETTY)
> Fabrice LUCHINI lit Louis-Ferdinand CÉLINE (1988)
> Robert Le Vigan lit Céline 
> Louis-Ferdinand CÉLINE : correspondance avec GALLIMARD (2012)

Incertains regards n°2 : figures du désordre sur la scène contemporaine (2013)

Incertains regards, revue éditée par l'Université d'Aix-Marseille, propose études et réflexions sur les formes contemporaines, scéniques et textuelles du théâtre. Son second numéro (2013) a voulu « penser le désordre esthétique » sur la scène contemporaine. Pour son dossier central, les textes de Céline ont été sollicités, comme « oeuvre emblématique de ces figures du désordre ». Une chronologie d'André Derval précède donc un article de Marie Hartmann, « "La débâcle-marmelade", une approche de Mort à crédit ». Les élèves en théâtre de l'université ont aussi réalisé une pièce audiophonique,  « A bouche que veux-tu », construite à partir d’extraits de Mort à crédit et dont l'enregistrement sur CD est inclus dans la revue. 


Incertains regards n°2 (Figures du désordre sur la scène contemporaine)
18 € franco sur

jeudi 31 juillet 2014

« Nos amours retardataires », objet célinien non identifié...

La curiosité de l'été. Nos amours retardataires, un film, ou plutôt une sorte d'expérience visuelle et sonore vient de sortir en DVD. Que vient faire Céline ici ? Il est au centre du scenario et traverse les 50 minutes de cet objet expérimental. L'histoire : « Un homme, traumatisé par la découverte de l'oeuvre de Louis-Ferdinand Céline, sombre dans une paranoïa destructrice allant jusqu'à s'identifier à l'écrivain. Deux femmes vont chercher, par amour, à le ramener à la réalité. N'est-il pas déjà trop tard ? ». Extrait : 



Nos amours retardataires, DVD, L'Harmattan vidéo, 2014.
Disponible sur Amazon.fr.

mercredi 30 juillet 2014

Louis-Ferdinand CÉLINE & Alfred DÖBLIN par Charline MALAVAL (2013)

« Un voyage au cœur de l'homme dans l'entre-deux-guerres : "Voyage au bout de la nuit" de Louis-Ferdinand Céline et "Babylonische Wanderung" d'Alfred Döblin », la thèse de Doctorat présentée et soutenue par Charline MALAVAL le 30 septembre 2013 à l'Université de Toulouse est disponible en format numérique :


 
Résumé
Dans les années d'entre-deux-guerres, de nombreux intellectuels ont voyagé afin de circonscrire l'amplitude de la crise qui secouait le siècle au lendemain de la guerre. Céline et Döblin ont apporté une interrogation particulière et inédite de cette problématique. Les deux auteurs dans "Voyage au bout de la nuit" et "Babylonische Wanderung" ont utilisé le roman pour interroger ce qu'est être un homme, désormais. Une crise de la littérature s'est fait l'écho du désenchantement qu'a connu le monde, et les deux auteurs l'ont traduite par le biais de jeux romanesques, par le détournement de motifs relatifs au voyage, et de libertés prises avec les conventions esthétiques de la représentation du réel. En ouvrant les frontières du réel par l'emprunt de tonalité burlesque ou fantastique à une sphère surréelle, Céline et Döblin ont interrogé la nature imparfaite de l'homme. Ce travail s'efforce de mettre en exergue la singularité du regard des protagonistes sur le monde sondant un dépassement du réel dans leurs nombreux voyages, traduisant l'esprit d'expérimentation au centre de la pensée des années d'entre-deux-guerres au niveau politique, idéologique, médical et scientifique, et a défini leur style. Face au spectre large des monstruosités que révèle l'expérimentation du réel et de la sphère surréelle, Céline et Döblin ont proposé la posture cynique. Deux options cyniques, d'un écrivain à l'autre, celle du cynique antique et celle du cynique moderne, émergent de leurs voyages et de leurs expérimentations. Il ressort de ce travail la mise en évidence de l'incarnation littéraire de la crise du roman par l'analyse de l'expérimentation de cet au-delà du réel prégnant des fondements d'une crise de l'humanisme.

mardi 22 juillet 2014

« La Bretagne de Céline » : deux photographies de la commission Rockefeller par Gaël RICHARD

Autour de « La Bretagne de Céline » : deux photographies de la commission Rockefeller de lutte contre la tuberculose en France
par Gaël RICHARD

Le 18 juillet 1947, Céline recommandait dans une lettre à Milton Hindus, « un jour si vous voulez rigoler vous trouverez à la Bibliothèque de Washington – (Qui se flatte d’avoir tous les livres du monde !) une thèse de Doctorat en médecine – français de la faculté de médecine de Paris – d’un dénommé Dr Alexandre Bruno – vers 1920. Cette thèse a trait à la mission Rockefeller contre la tuberculose en France de 1917 à 1920… Dans les pages de cette thèse (que vous trouverez sans doute aussi à la Bibliothèque de la Fondation Rockefeller à New York) vous trouverez une photographie, un groupe où je figure en Officier américain ! Avec un ordre de mission de Pershy [Pershing] s’il vous plaît ! Toute la farce ! J’étais le chef de ce groupe de propagandistes, conférenciers etc. Du Charlie Chaplin ! Mais me reconnaîtrez-vous ? J’avais 22 ans ! » (1)

Ce cliché avait en effet été publié par Alexandre Bruno dans Contre la tuberculose, la mission Rockefeller en France et l’effort français (1925), mais dans un si petit format qu’il était impossible d’y reconnaître Louis Destouches, qui venait de débarquer à Rennes comme conférencier, le 10 mars 1918. Une épreuve originale mais mal légendée (2) de ce cliché vient d’être retrouvée aux archives municipales de Rennes, et publiée en grand format dans la revue Place Publique Rennes (n° 28, de mars-avril 2014, page 100) : elle permet pour la première fois d’identifier les traits des personnalités qui posèrent ce jour-là devant l’hôtel-de-ville… Soixante-quinze personnes posèrent : outre le Dr Follet, président du comité local de lutte contre la tuberculose, futur beau-père de Destouches, le général d’Amade, commandant la Xe Région militaire, le préfet Juillard et le docteur Léon Bernard de l’Association nationale d’assistance aux anciens militaires tuberculeux, toutes les principales notabilités de la ville étaient réunies : Perrin de La Touche (encore directeur de l’école de médecine), Desgrée du Lou (Ouest-Éclair), les docteurs Le Normand, Perrier, Huchet et Camuzet, etc... Certains membres de la Mission se reconnaissent par leurs uniformes américains comme les docteurs Selskar Gunn et Alexandre Bruno au premier rang ; l’on peut également voir les représentants de la Croix-Rouge américaine, Frances Elisabeth Crowell, les docteurs Wing et Bakler, et surtout à la place d’honneur, à la droite du maire, Jean Janvier, le président de l’université du Colorado et directeur de la mission, Livingstone Farrand, accompagné de son épouse. Mais, hélas ! difficile d’identifier clairement Louis Destouches dans ce groupe compact, dont quelques visages à l’arrière-plan sont
Céline en mars 1918 à Rennes ?
occultés par les chapeaux… tout au plus, devine-t-on la silhouette du complice de Louis, Albert Milon, en haut au centre… mais que penser de cet autre individu, un peu en retrait, à gauche, visiblement peu concerné par la solennité du moment, et le regard distrait ?

Rien de bien convaincant, certes, mais Louis Destouches se tenait sans doute là, peut-être en uniforme, comme sur cet autre cliché fort connu [voir ci-dessous], mais qui n’a pas été reproduit dans la thèse signalée par l’écrivain à Hindus, trente années plus tard, dans son exil danois…

La bibliothèque et les archives de la Fondation Rockefeller, à New-York, renferment encore nombre de clichés inédits, au milieu desquels un chercheur qui ne déclare jamais forfait aura peut-être le bonheur de retrouver le portrait de groupe que décrit Céline. Nos maigres moyens ne nous ont permis que d’analyser les documents numérisés par la Fondation, et notamment les collections mises en ligne en 2013 à l’occasion de son centenaire, « 100 Years, The Rockefeller Foundation »(3). À défaut d’un portrait inédit de Louis, on peut y admirer celui de son compagnon de route, le modèle du grand Courtial des Pereires de Mort à crédit : Henry de Graffigny lui-même, posant fièrement devant son Guignol, à Clermont-Ferrand, en 1919 !

Raoul MARQUIS en juillet 1919 (portrait inédit)
Raoul Marquis (1863-1934), alias Henry de Graffigny, qui dirigeait alors à Paris la revue Eurêka, modèle du Génitron, n’avait rejoint l’équipe n°2 de la commission de lutte contre la tuberculose sur les routes de Bretagne que bien après la cérémonie rennaise : début octobre 1918, il remplaça le chauffeur-opérateur cinématographiste et ne mit au point son « Guignol prophylactique » qu’en avril 1919, après le départ de Louis Destouches, qui avait donné sa dernière conférence à Nantes en décembre 1918 (4). La première séance à l’attention des enfants des écoles de Clermont-Ferrand date, selon le journal tenu par un membre de la commission américaine, du 14 avril 1919. (5)

Daté de juillet 1919, à l’usine Michelin de Clermont, ce portrait inédit est d’autant plus émouvant qu’il nous montre les traits de Graffigny à l’époque de ses premières déconfitures, après la mort d’un fils sur le front, après la fin de l’épopée d’Eurêka… au moment précis où Destouches le perdant de vue, va bientôt conseiller à leur ami commun Albert Milon de se défier de « cette vieille épave »… On sait que Céline, en décembre 1935, peu avant la parution de Mort à crédit, tenta de retrouver « ce vieux petit bonhomme pour lequel il a travaillé autrefois, auteur de petits manuels scientifiques », en demandant son adresse à Max Fischer, directeur littéraire chez Flammarion. Sans doute aurait-il aimé, alors, revoir le regard de celui qui avait accompagné ses premiers pas dans le cercle des petits inventeurs qui lui étaient si chers… En vain. Il ne trouva au cimetière de Septeuil que sa tombe : Raoul Marquis était mort et enterré, depuis août 1934…

Céline concluait dans une lettre adressée à Fischer le 7 janvier 1936 : 
« Il m’a donné de bien cocasses leçons de vivre et de ne pas vivre. Il était bas et universel, astronome et mesquin, inventif et désespérément maladroit. Il avait tout pour lui et tout contre lui. À présent c’est fini. » (6)
Quatre mois plus tard, avec le retour de Courtial des Pereires dans Mort à crédit, tout recommençait…


Gaël RICHARD
Le Petit Célinien, 22 juillet 2014. 


Louis DESTOUCHES & Raoul MARQUIS


Notes
1 - Cahier Céline, N.r.f., n°11, p. 80, cité par G. Richard, La Bretagne de L.-F. Céline, 2013, page 39.
2 - L’auteur de cette découverte, David Bensoussan, a daté par erreur ce précieux document du 29 octobre 1911, de l’inauguration de la statue célébrant l’union de la Bretagne à la France, alors qu’il s’agit bien de la cérémonie d’accueil de la commission américaine le 10 mars 1918, comme l’a signalé l’historienne rennaise Sophie Chmura dans le numéro suivant de Place publique Rennes (n° 29, mai-juin 2014, page 103) et dans son article « Patriotisme et hygiénisme, la carte postale outil de propagande », également dans Place publique Rennes (n° 30, page 35).
3 - RF War Relief Commission, “Michelin factory in the province of Auvergne,” 100 Years: The Rockefeller Foundation. http://rockefeller100.org/items/show/1980. Voir également le dossier consacré à Selskar M. Gunn, http://rockefeller100.org/biography/show/selskar-m--gunn.
4 - Voir G. Richard, « Henry de Graffigny », dans L’Année Céline 2009, et La Bretagne de Céline, 2013, pages 42-45.
5 - « About 300 school girls ; forceful lesson by Miss Villain ; Mr. Graffigny gave Guignol show. This was the first introduction of the Guignol into the educational program; made a great impression on the children ; emphasized each of the points brought out in the preceding lecture. Mr Milon held conference for boys ; the Guignol introduced again with great success ». Rockefeller Foundation records, officers' diaries, RG 12, Box 415, Reel M Ros 1, Frame 295. 
6 - Etudes céliniennes, n°8, printemps 2013, page 123.

dimanche 20 juillet 2014

Le Petit Célinien - Lettre d'actualité n°55

Pour recevoir gratuitement par courriel à chaque parution notre lettre d'actualité, laissez-nous votre mail à l'adresse habituelle : lepetitcelinien@gmail.com.

Le Petit Célinien - Lettre d'actualité n°55.
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Vient de paraître : L'Année Céline 2013

La dernière livraison de L'Année Céline vient de paraître aux Éditions du Lérot. Cette publication 2013 nous réserve à nouveau un copieux sommaire...

Jean-Paul Louis ouvre le numéro de cette année avec un hommage à Serge Perrault disparu le 13 mars dernier en nous proposant les notes inédites du danseur et ami de Céline qui viennent faire le point sur quelques évènements de la vie de l'écrivain, sa mort et de quelques « confidences de Lucette ». Vient ensuite la correspondance découverte ou passée en vente en 2013 et 2014, avec notamment des lettres à Jean-Gabriel Daragnès, Thorvald Mikkelsen et Mme Bailles. Ces lettres à Mme Bailles, vendues en juillet dernier, sont plus précisémment datées que ce que nous vous proposions alors et s'étaleraient de juin 1947 à 1950.

La rubrique des « Études » est cette année construite autour de deux textes. Dominique-René Simonot offre les bonnes feuilles d'un ouvrage à paraître avec un texte sur le thème de la couleur dans l'oeuvre de Céline. La première partie d'un article-fleuve sur Céline et le cinéma, « Céline et le septième art. Gros plans et flash-back », signé Éric Mazet, apporte de précieuses contributions historiques et biographiques sur les nombreux protagonistes croisés par Céline dans ses tentatives d'adaptation au cinéma de ses romans et scénarios.

Au delà des frontières hexagonales, c'est le Danemark qui est mis à l'honneur dans ce numéro avec trois articles de la presse danoise de 1949 et 1950 exhumés par Heinz Frellesen et ici traduits par François Marchetti, qui est aussi à l'origine de la traduction de plusieurs extraits du livre d'Ole Seyffart Sorensen, Le géant, le professeur - et l'enfant, monographie [uniquement disponible en danois] sur la rencontre entre Céline et l'universitaire américain Milton Hindus.

Revue de presse, actualités, adaptations théâtrales et éditions sont répertoriés en fin de volume, auquel vient s'ajouter un nouveau Complément au Dictionnaire de la correspondance, allongeant ainsi la liste des correspondants connus de l'écrivain. 
M.G.
Le Petit Célinien, 20 juillet 2014

L'Année Céline 2013, Éditions du Lérot, 224 pages, 2014.

Le volume 35 € franco à 
Du Lérot, éditeur
  Les Usines Réunies
16140 TUSSON
05.45.31.71.56 - www.dulerotediteur.fr
> Table des matières
> Retrouvez le sommaire des anciens numéros ici.

Le Petit Célinien dans la presse...

La presse nous a accordé cette année une petite place dans ses colonnes. L'Année Céline, dans son édition 2012 sortie en début d'année, a ouvert le bal en mentionnant nos productions ; la revue Lectures Françaises, « Revue de la politique française », se fait l'écho de nos activités dans son numéro 684 de juin 2014. Le Bulletin célinien évoque notre présentation d'A l'agité du bocal dans son article « Le retour de l'agité du bocal » paru dans son numéro de juin.
L'adresse du site est donnée aux lecteurs de La Dépêche du Midi du 1er août 2014 à l'occasion d'un article sur les compères Mazet et Kanony, qu'on ne présente plus...
Robert Lévesque, écrivain et critique littéraire canadien, évoque Le Petit Célinien dans un article paru sur son blogue de la revue 24 Images, dans lequel il se définit comme un « abonné présent, aussi fidèle qu’un petit Bruxellois, dans les années de l’entre-deux-guerres, pouvait l’être aux livraisons du Petit Vingtième... »
Enfin, vous trouverez dans les références internet retenues par Le Monde pour son numéro hors-série consacré à Céline (« Une vie, une oeuvre » n°22, juillet-août 2014) l'adresse de votre site préféré jugé « très complet, régulièrement mis à jour ».

> L'Année Céline
2012 & 2013

n°684, juin 2014

n°364, juin 2014

 > Revue 24 Images
Blogue de Robert Lévesque, 24 juillet 2014

> La Dépêche du Midi
1er août 2014

> Le Monde
Hors-série « Une vie, une oeuvre » n°22, juillet-août 2014

samedi 12 juillet 2014

« L'Enfant chez Céline » : XXème colloque international Louis-Ferdinand Céline (3-5 juillet 2014)

Les 3, 4 et 5 juillet 2014 à Paris, la Fondation Singer-Polignac accueillait le vingtième colloque international Louis-Ferdinand Céline de la Société d'études céliniennes. Plus d'une quinzaine d'intervenants ont disserté sur le thème retenu cette année : « L'Enfant chez Céline ». 


JEUDI 3 JUILLET 2014

14 h - Ouverture du colloque par François GIBAULT, Président de la Société d'études céliniennes :




Présidence : François GIBAULT
Johanne BÉNARD, Lire Shakespeare dans Guignol's band : un jeu d'enfants ? :




Anne SEBA-COLLETT, Céline : d'une enfance abjecte vers une poésie du dépouillement :




16 h 30
Anne BAUDART, Céline - Fellini : l'enfance des visionnaires :




Isabelle BLONDIAUX, La danse des mots ou l'étrange maladie de Céline :




VENDREDI 4 JUILLET 2014

10h - Présidence : Alice STAŠKOVÁ
Ana Maria ALVES, Souvenir d'enfance dans Mort à crédit : le décès de la grand-mère :




Véronique FLAMBARD-WEISBART, De l'éducation de Ferdinand et de ses traces dans l'oeuvre
Non disponible 

Pierre-Marie MIROUX, « Bébert et Bébert » :




14 h - Présidence : Pierre-Marie MIROUX
Émile BRAMI, L'enfant comme enjeu politique dans Les Beaux-Draps de L.-F. CÉLINE :




François-Xavier LAVENNE, « L'enfance, notre seul salut » : les utopies contre-éducatives céliniennes :




16h
Pascal IFRI, L'école dans l'oeuvre de Céline : de Mort à crédit aux Beaux draps :




Florence de MÈREDIEU, Artaud/Céline. Destins croisés : la « guerre continuée » :

Partie 1 :




Partie 2 :



SAMEDI 5 JUILLET 2014

9 h 30 - Présidence : Isabelle BLONDIAUX
David FONTAINE, Céline et le conte pour enfants :




Sven Thorsten KILIAN, Un imaginaire du début de siècle : La Légende du roi Krogold et L'Homme-orchestre :




11 h
Christine SAUTERMEISTER, Entre apocalypse et utopie : les scènes d'enfant dans la trilogie allemande :




Alice STASKOVA, La poétique du geste dans Nord et la question de la théâtralité :




14 h
Bianca ROMANIUC-BOULARAND, Jeux de cache-cache au pied de la lettre dans Voyage au bout de la nuit :




François GIBAULT, Céline dans la correspondance Morand - Chardonne :



16h
Débat entre Christine SAUTERMEISTER et Pierre ASSOULINE animé par François GIBAULT :


18 h Fin du colloque 


 Sociétés d'études céliniennes
3, rue Monsieur
75007 PARIS

Fondation Singer-Polignac
43 avenue Georges Mandel
75116 Paris

mercredi 9 juillet 2014

« Discours aux asticots » : le nouveau spectacle de Stanislas de la Tousche en Avignon

Après plusieurs représentations parisiennes, Stanislas de la Tousche s'installe en Avignon jusqu'au 27 juillet avec son nouveau spectacle « Discours aux asticots », joué en alternance avec « Y en a que ça emmerde...? ». Deux spectacles construits à partir de Féerie pour une autre fois, Guignol's band, D'un château l'autre, Rigodon et des derniers entretiens. Mise en scène Géraud Bénech. Lumières Rémy Chevillard. 


Théâtre du Bourg-Neuf
5-7 bis rue du Bourg-Neuf
84000 Avignon

Salle rouge - 12h30
Réservations
04 90 85 17 90 


Jours pairs : « Discours aux asticots »
L'abominable homme des lettres reçoit ! Céline en médecin misanthrope passe de l'ironie féroce à la compassion profonde pour l'homme souffrant. Un portrait inouï de l'écrivain, en un va-et-vient passionnant entre fiction et interviews, illuminé par une incarnation totale.

Jours impairs :  « Y en a que ça emmerde...? »
L'ermite de Meudon nous entretient en consultation : tout y passe, la clique germanopratine, les souvenirs burlesques et poignants de prison, l'hommage aux femmes de sa vie.




lundi 7 juillet 2014

Échos céliniens...

Dédicace de Céline à Mr Weinmann
> Théâtre : du 8 au 20 juillet 2014 en Avignon, au Théâtre La Condition des Soies, Philippe Calvario, Jil Caplan et Seb Martel interpréteront des textes des auteurs Raymond Carver, William Burroughs, Allen Ginsberg, John Fante, Henry Miller et Céline. www.laconditiondessoies.com.

 > En Italie, les éditions Einaudi rééditent une traduction de Nord par Giuseppe Guglielmi. www.einaudi.it.

> Le 17 juin 2014 à Paris la maison Millon a passé en vente publique une lettre autogaphe de Céline à Gaston Paymal, « secrétaire du docteur Destouches », et des exemplaires de Voyage, L'Eglise et Mea culpa dédicacés au couple Paymal. Télécharger le catalogue et les résultats de la vente.

> Ce même 17 juin 2014, l'étude Bailly a proposé à Drouot de nombreux documents et éditions originales dédiées à Elisabeth Craig, Karen Marie Jensen, Eugène Dabit, des exemplaires dédicacés à Mr Weinmann (ci-contre), au libraire parisien Tschann, à Germaine Constant, etc... Télécharger le catalogue et les résultats.

>  Arthur Larrue, ancien professeur de littérature à l'université d'état Herzen de Saint Petesbourg a disserté sur Céline le 18 juin dernier à la librairie La Manoeuvre à Paris : www.youtube.com.

> La RTBF propose "Les artistes sur le front", un extrait de l'émission "14-18" de Michel Franssen (1966) : www.rtbf.be.

>  Philipp Roth évoque Céline dans un entretien paru dans The Paris Review No. 93 Fall 1984 : www.theparisreview.org.

> Les céliniens lui doivent, entre autres, les deux volumes des Cahiers de l'Herne consacrés à Céline. L'équipe du Méridien Zero revient sur le parcours de Dominique de Roux en compagnie de Pierre-Guillaume de Roux, son fils, lors d'une émission diffusée le 5 juillet 2014 disponible à la réécoute sur www.meridien-zero.com.

>  Théâtre : Le jeudi 3 juillet 2014, dans le cadre du Festival de la Correspondance de Grignan, François Deblock et Denis Lavant ont proposé "Céline, par le cuirassier Destouches", une lecture spectacle composée à partir de Voyage au bout de la nuit et de la correspondance du jeune soldat à sa famille. Adaptation libre Nathalie Levy et Gérald Stehr, mise en lecture Jean-Philippe Puymartin. www.grignan-festivalcorrespondance.com.

dimanche 6 juillet 2014

Voyage au bout de la nuit par Raphaël Enthoven (France Culture, 2014)

Raphaël Enthoven dissèque Voyage au bout de la nuit pour "Le Gai savoir", émission diffusée en deux parties sur France Culture les 29 juin et 6 juillet 2014. Avec Paola Raiman. Lecture de Denis Podalydès. Réalisation : François Caunac.





jeudi 3 juillet 2014

Louis-Ferdinand CÉLINE : « Il partira quand je serai plus... »

C'est le mouvement sa nature... elle m'étourdit même je dois le dire... elle rebondit, pirouette en lutin... dans la pièce tout autour de moi... Quels jolis cheveux !... quel or !... quelle gamine !... Si je dis un mot, elle me regarde... elle me prend pas au tragique... je voudrais être tragique... je vois une malice dans ses yeux !... Je voudrais qu'elle sourie toujours !... même de ma bêtise... Je suis idiot avec mon complet !... Que je suis sorti exprès pour ça !... je me rends ridicule... avec le mercure en plus ! quel effet tout de même ! Voleur ! Que j'ai honte... je suis sur des charbons... Je rougis... je pourrais rien dire... je l'écoute elle... son babillage... c'est de l'oiseau anglais... je comprends pas tout... Elle parle un peu vite... c'est capricieux l'anglais, c'est joueur, c'est espiègle, celui des fillettes... ça rebondit aussi... tinte... rit d'un rien... cabriole... palpite... Quelle gaieté !... Quels bleus reflets clairs et puis mauves... ses yeux me prennent tout... C'est vite fait ! j'oublie... je ne vois plus rien... elle est trop agréable fleur ! oui fleur !... je respire... bleuet !... oiseau j'ai dit... j'aime mieux oiseau... tant pis ! Je suis ensorcelé... bleuets ses yeux... une fillette... et ces jupes courtes !... Ah ! c'est trop d'attirance cochon ! les cheveux blonds éparpillés... quand elle bondit, illumine l'air... Ah ! c'est trop beau !... je vais défaillir... C'est adorable !... Ah je me tranquillise !... merde tant pis !... Je devrais pas... Il nous laisse seuls l'autre biscornu !... Puisqu'on est là tous les deux !... Ah ! je me trouve trop bien dans le fauteuil... ça me fait un bien effrayant... Je palpite ! palpite !... Ah ! qu'elle est belle cette petite môme... ah ! que je l'adore !... Je la croquerais... Quel âge qu'elle a ? Je lui demande là voir chiche ?... Eh puis non ! j'ose plus !... je prends encore du thé... je mange peu... toujours pour la discrétion... je me souviens de l'autre fois. C'est affreux de mâcher sous son regard... là mastiquer, engloutir, sous ses beaux yeux adorables... je pourrais jamais... j'en mourrais ah !... une délicatesse qui me ronge... je ne veux plus, pendu pour pendu j'aurais pas mangé !... je serais mort délicat voilà !... tout par ferveur pour Virginie !... C'est bien son nom Virginie ?... Il faut que je lui demande si j'ose ?...
« Virginia ?... You Virginia ?
- Yes ! Yes !... »
Ah ! trop belle... tout est trop beau ! son regard ! son sourire ! ses cuisses ! Je les vois quand elle saute ses cuisses... elle se gêne pas... musclées là roses et brunies... sa robe est trop courte... Ah ! elle me tient bien compagnie... ou tout simplement elle me surveille... Ça faut pas que j'oublie quand même... c'est des hypocrites... mais j'ai pas envie de m'en aller... je suis pris !... elle m'a pris !... Ah ! j'ose plus bouger du tout... Elle aurait peut-être appelé « au secours » si j'avais bougé ?... quel tête-à-tête ! Je demeure bien sage... Je me fais charmer, je l'écoute, c'est des petits mots bien amusants, ses petites remarques merveilleuses à propos de tout... de rien... Je refuse les petits gâteaux... elle est pas contente... elle me gronde... je boufferais tout pour un sourire... tous les gâteaux, le plateau, la table... je suis déjà son prisonnier... dans la plus belle prison du monde !... Ah je resterais là immobile... Je fais :
« Oui ! Oui ! Yes !... Yes !...  »
Je veux bien tout ce qu'elle veut. Elle veut que je reprenne du thé... Je me remplis, je me gave... mais c'est elle qui me fait lever... elle me fait venir à la persienne... Elle veut me faire voir quelque chose... là dans la persienne... dans le lierre... Ah ! oui ! je vois dans la lueur... l'interstice... le tout petit oeil du moineau... Ah ! il guettait bien lui aussi !.. couii !... coui... si il la voit ! ça c'est vraiment extraordinaire ! un gros moineau ébouriffé et hardi en somme ! comme elle !... il attendait... il épiait... il nous jetait son petit oeil rond à travers la fente... minuscule oeil tête d'épingle... tout noir luisant et couic ! couic ! couic !...
« Il attend aussi »
Elle me renseigne... Ça c'était pour que je comprenne... que je soye aussi patient que le piaf. Elle rit.
C'est drôle à tant de payes de distance, de l'autre siècle pour ainsi dire, j'y pense toujours à ce piaf... C'est elle qui me l'a fait voir... Quand je vois une persienne, du lierre, j'y pense toujours à son petit oeil... Ah ! il vous reste pas grand-chose, quand on réfléchit, de toute une vie de micmacs, foires et promesses à se rappeler, je veux dire de choses agréables... c'est infime en somme... les occasions fourmillent pas... Chacun peut se rendre compte... Moi ce petit piaf-là c'est quelque chose que je me souviens toujours heureux... je voudrais pas qu'il s'envole... il partira quand je serai plus...

Louis-Ferdinand Céline, Guignol's band II, Pléiade, pp. 334-335.
Disponible sur Amazon.fr.


mercredi 2 juillet 2014

Le Bulletin célinien n°365 - juillet/août 2014

Vient de paraître : Le Bulletin célinien n°365. Au sommaire :

- Marc Laudelout : Bloc-notes [Société des études céliniennes]
- Frédéric Saenen : Les Entretiens avec le Professeur Y au miroir de Sainte-Beuve
- Philippe Alméras : « La littérature à travers Céline » ou les bonheurs et les tourments du célinien discret
- Éric Mazet : Voyages [mars-décembre 1926]

Le Bulletin célinien, c/o Marc Laudelout, Bureau Saint-Lambert, B. P. 77, BE 1200 Bruxelles.
Abonnement annuel : 55 € (onze numéros). Courriel : bulletinlfc@gmail.com

jeudi 26 juin 2014

« Céline, entre génie et provocation » : un numéro hors-série du Monde en kiosque

Sous la direction d'Emile Brami, Le Monde propose un numéro hors-série entièrement consacré à Céline. Vous trouverez au sommaire un portrait de Céline par François Gibault, suivi d'une chronologie. Une large place est laissée à l'écrivain avec une sélection d'extraits de l'ensemble de l'oeuvre par Emile Brami ; un entretien avec Henri Godard par Florent Georgesco précède un portfolio de dessins de six illustrateurs des livres de Céline : Marc Dautry, Jacques Tardi, Eliane Bonabel, Claude Bogratchew, Clément Serveau et Gen Paul. Une rubrique « Débats », principalement alimentée d'archives et de textes déjà publiés, expose les points de vue d'Hanns-Erich Kaminski, Emile Brami, Pierre-Antoine Cousteau, Julia Kristeva, Philippe Muray, Jean-Pierre Martin, Eric Melchior, Jérôme Sulim et Pierre Assouline. Et pour terminer, un éventail de personnalités viennent rendre hommage à l'écrivain : Yann Moix, Jean-François Balmer et Delfeil de Ton nous offrent un article écrit pour l'occasion ; Trotski, Jules Rivet, Pierre Bergé et quelques autres apportent leur contribution avec des textes parus entre 1933 et 2003...


 Le Monde hors-série « Une vie, une oeuvre » (juillet-août 2014)
Le numéro 7,90 € en kiosque ou sur



Présentation de l'éditeur
 Céline est toujours vivant : sans cesse réédité, il est aussi l’un des auteurs français les plus traduits. Entre morgue et provocation, il affirmait avoir démodé tous les écrivains de son temps. Et il avait raison. Il y a, en littérature, un avant et un après Céline. Mais ses pamphlets antisémites jettent sur l’œuvre une ombre qui fait qu’on ne peut l’admirer sans s’interroger. Ainsi, vouloir lui rendre hommage dans ce hors-série reste un exercice périlleux. C’est autour de ce constat que s’articulent les contributions que Le Monde publie, en particulier celles de Pierre Assouline, Delfeil de Ton, Jean-Pierre Martin, Yann Moix et de Jean-François Balmer, où chacun fabrique son Céline, avec une certitude : le bonheur de l’avoir lu et relu.
Le portrait
Auteur d'une biographie de Céline en trois tomes, François Gibault retrace les grands chapitres de La Vie et de l'œuvre de l'écrivain, d'un de ses premiers textes, La Vie et l'Œuvre de Philippe Ignace Semmelwels, rédigé pour sa thèse alors qu'il était étudiant en médecine, à Rigodon, le dernier opus de la « trilogie allemande ». Il met également en perspective le pamphlétaire dont les textes doivent se lire comme ceux d'un homme selon lui « chargé de haine pour les juifs mais aussi pour l'humanité tout entière ».
L’œuvre
Les extraits de textes proposés dans ce hors-série procèdent d'un choix subjectif mais rendent compte de l'œuvre de Céline. On y retrouve toujours la même voix ; entre les romans, les pamphlets ou les chroniques de la « trilogie allemande », seul le ton diffère. Au-delà des polémiques suscitées par l'écrivain, notre intention est de faire éprouver au plus grand nombre le plaisir intense et l'émotion que procure la lecture des romans et d'assurer ceux qui ne l'ont pas encore lu qu'ils ignorent le bonheur que les attend.
L'entretien
Spécialiste du roman français du XXe siècle, Henri Godard a consacré une partie de sa vie à l'étude et à l'édition, notamment dans « La Pléiade », de l'œuvre de Céline. Il a raconté dans son dernier ouvrage, À travers Céline, la littérature (Gallimard), sa recherche de la bonne distance avec l'écrivain, entre horreur morale et enthousiasme littéraire. Dans l'entretien que nous publions, il évoque ce qu'il reste à découvrir sur une écriture et un imaginaire devenus à ce point familiers. L'essentiel, peut-être, selon lui.
Débats et hommages
Il est difficile de ne pas admirer Louis-Ferdinand Céline, mais comment ne pas la haïr ? C'est autour de cette question que les textes prédentés dans les parties « Débats » et « Hommages » s'organisent, avec en toile de fond le bouleversement radical imposé à la langue par l'écrivain. Parmi les textes proposés, nous publions les contributions originales de quatre auteurs, Pierre Assouline, Delfeil de Ton, Jean-Pierre Martin et Yann Moix, et du comédien Jean-François Balmer. Des approches très différentes, chacun fabriquant son Céline.
Et aussi : chronologie, portfolio, lexique, bibliographie.

mercredi 25 juin 2014

« Au miroir de Céline » : Henri GODARD sur France Culture (2014)

« Au miroir de Céline », dernière partie de l'émission « La Grande Table » diffusée sur France Culture le 19 juin 2014. Invité : Henri Godard pour À travers Céline, la littérature (Gallimard, 2014).




A lire :
> "Lectures d'enfance" par Henri Godard
Interview par Joelle Smets (Le Soir, 2011)
> Entretien avec Henri Godard (Le Nouvel Observateur, 2011) 

A écouter :