mardi 23 juin 2009

Louis-Ferdinand Céline - Yvon Morandat

«Oui Yvon Morandat occupe mon local 4 rue Girardon - voilà un homme qui doit tout à Hitler — sans Hitler ce pignouf n'aurait jamais songé à venir faire des enfants dans mon lit... » (Du Danemark, à Victor Carré.)

«C'est Morandat foireux de 1939 qui occupe mon plumard, c'est la crapule Vox qui exploite mes livres et me salit à tour de bras [...] Je n'ai qu'un désir : rejoindre ma pauvre mère au Père Lachaise.» (A Albert Paraz, 20 août 1947.)

«Mon occupant rue Girardon m'a foutu à la poubelle la suite manuscrite de Guignol's band et encore trois autres romans en train. C'est un dénommé Morandat, ami de de Gaulle. Il écrit dans la Seine ! L'organe des noyés ? Il me hait ce Morandat parait-il.»

MORANDAT, Yvon [né Léon –] (1913-1972). Colonel Moïse - colonel Moimoi. Issu du milieu agricole, syndicaliste chrétien, mobilisé en 1939, il participa à la bataille de Narvik puis partit rejoindre la France Libre. Parachuté en France en 1941, renvoyé à Londres en raison de désaccords avec Jean Moulin en novembre 1942, il devint membre de l'Assemblée consultative d'Alger (1943). De retour en France en janvier 1944, il participa à la prise de possession de l'Hôtel Matignon le 25 août, et fonda l'Agence européenne de presse qu'il présida (1944-1947). Attaché au cabinet de Jules Moch, ministre de l'Intérieur (1947), il entra au conseil d'administration des Houillères de France (1949-1969). Gaulliste, membre fondateur du R.P.F (1947), il en est le délégué à l'Action ouvrière en 1951. Sur le conseil de Madame Chamfleury il occupa l'appartement de Céline 4, rue Girardon après son départ le 17 juin 1944, qu'il prit soin de faire vider dans un garde-meubles. Résistant, Compagnon de la Libération et membre du M.R.P., le journaliste habitait l'appartement en 1946 avec sa femme Monique (1920). À son retour du Danemark, Céline refusa la restitution des papiers et des meubles, arguant que les « définitifs manuscrits» avaient été pillés par les épurateurs, thème repris dans une lettre à Milton Hindus du 29 août 1947 : « Morandat [...] a jeté aux ordures mes manuscrits de trois romans que j'avais en train... la fin de Guignols !». Les meubles, dont Morandat lui demandait de régler les frais de garde à compter du 31 décembre 1951, furent vendus après transaction. Dans la version C de Féerie, Céline attaque le colonel Moïse, qui « a fait un petit tour à Londres» avant de retomber dans son lit rue Girardon.

Bibliographie : Céline 3 - Romans IV, Féerie C 869, 884-885, 890 ; Nord 505.

Source : Philippe Alméras, Dictionnaire Céline, Plon, 2004.
Gaël Richard, Dictionnaire des personnages, noms de personnes, figures et référents culturels dans l'oeuvre romanesque de LF Céline, Du Lérot, 2008.

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