dimanche 13 novembre 2011

Nouvelle polémique à Dinard ?

La mairie de Dinard (administrée par Sylvie Mallet) a accueilli en juillet 2010 le XVIIIè colloque de la Société d'Etudes Céliniennes. Les 11 et 12 novembre 2011, la ville a produit le spectacle Céline secret adapté de l'oeuvre de Véronique Robert et Lucette Destouches. Il n'en fallait pas plus pour que l'opposition municipale renouvelle une fois de plus (épisode précédent ici et ) son désaccord avec l'envoi par Martine Craveia-Schütz, conseillère municipale, d'une lettre ouverte à la presse locale, et d'un article sur son blog sobrement titré "Et à nouveau, Louis Ferdinand Céline, le chantre de l’extrême-droite !". Voici ces deux textes :

Lettre ouverte "La dérive dangereuse d'un monopole prétendument culturel" par Martine Craveia-Schütz :


Je tiens à élever une protestation argumentée contre les pseudo-satisfactions qui entourent la politique culturelle imposée actuellement à Dinard. La vérité des faits est implacable et bien loin de la Tartuferie qui se fait jour à plusieurs occasions à ce sujet.
Bilan de l'exposition « Big Brother » de juin à septembre 2011 : Coût : 450 000 euros, au bas mot, pour une fréquentation qui reste à démontrer... Une telle exposition n'a pas laissé indifférent dans sa façon de banaliser le racisme, la violence, et de transformer la haine de l'autre en chose courante. Etaitce le but recherché sous un alibi « culturel » ? ...
Ce qu'il faut dire et porter à la connaissance de tous, comme je le fais sur mon blog www.dinard-demain.org ce sont les protestations qu'a générées cette exposition :
- indignation d'une galeriste, membre du jury du prix Rozan et du syndicat de la presse artistique Française lors d'une émission de radio,
- des mails de contestations envoyées à France 2 à propos de l'émission du matin,
- une lettre de protestation du Président du CRIF envoyée au commissaire de l'expo, ce dernier s'étant empressé de déclarer que l'expo avait été voulue comme telle par Mme Mallet,
- Véronique Chemla, journaliste indépendante qui exprime son désaccord sur son blog,
- et surtout les nombreux avis négatifs inscrits sur le livre d'or par les visiteurs, qui, bien sûr, ne sont pas montrés par Mme le Maire !
Là est la vérité des faits, mais peut-il en être autrement lorsque l'on sait que la décision d'une telle politique culturelle est prise exclusivement par Mme Mallet, son mari et une adjointe ? Point de commission culturelle qui serait représentative de la pluralité des opinions des habitants. Face à mes demandes réitérées, Mme Mallet l'a toujours refusée. Par idéologie ? Par crainte de la démocratie ? Par manque d'ouverture d'esprit ? ...

Et à nouveau Céline !
Il en est de même pour le patrimoine de la ville (le Manoir de Port breton, la Villa Eugénie, le Yacht-club, la Villa des Roches brunes, ...) qui appartient de fait au paradigme culturel : c'est une richesse complètement abandonnée ou galvaudée par Mme la Maire. Je compte bien le valoriser de façon novatrice et créative sans recourir à un auteur contestable et contesté ! Car à nouveau, Louis Ferdinand Céline, le chantre de l'extrême-droite est au programme ! L'idolâtrer au point de disposer de sa bibliographie comme table de chevet n'autorise pas Mme Mallet à nous imposer en novembre, pour la 3ème ou 4ème fois, cet écrivain dont le ministère de la culture n'a pas voulu dans la liste des personnalités à célébrer en 2011 ...
André Malraux disait très justement que « la culture n'a pas de prix, mais elle a un coût ». J'ajouterais que jamais ce coût ne doit aller jusqu'à transformer l'intolérable en acceptable, ni l'extrémisme en banalité.

Martine Craveia-Schütz
Le Pays Malouin, 10 novembre 2011.


Et à nouveau, Louis Ferdinand Céline, le chantre de l’extrême-droite !

Le trop plein !
A nouveau, Louis Ferdinand Céline, le chantre de l’extrême-droite !
L’idolâtrer au point de disposer de sa bibliographie comme table de chevet (pourquoi ne pas aller jusqu’à appeler son chien « Ferdinand » ?), n’autorise pas Mme Mallet à imposer en novembre, pour la 3ème ou 4ème fois, cet écrivain dont le ministère de la culture n’a pas voulu dans la liste des personnalités à célébrer en 2011. Je m’étais élevée contre la promotion de Céline, déjà l’an dernier, et j’avais vigoureusement protesté dans notre ville, dans la presse, et sur mon blog (www.dinard-demain.org), tout en faisant des propositions alternatives d’autres auteurs!
A ce sujet, est-il admissible que Mme Mallet satisfasse ses frénésies culturelles personnelles en les faisant financer par l’argent des habitants, sans demander leur avis ?
Il y a dans cette persévérance à vouloir réhabiliter Céline une dérive qui a déjà tenté plusieurs associations dans des pays européens voisins, toujours effectuée par des affidés d’extrême droite. Et cela a toujours été un échec car les participants ont réalisé quelle était la finalité de telles actions.
Il faut avoir vécu les conditions d’admission quasiment inquisitoriales appliquées aux visiteurs du colloque des « journées Céliniennes » l’an dernier (alors que la salle est un bien public !), pour réaliser à quel point cette initiative de Mme le Maire discrédite la réputation républicaine de Dinard.
Soyons bien conscients qu’après l’exposition très contestée « Big Brother », toutes les manœuvres de Mme Mallet pour assurer son autopromotion lors de la récupération d’évènements culturels n’arriveront pas à faire oublier l’image ternie de Dinard que vont laisser ces dérives nauséabondes qui se seront étalées pendant plusieurs mois en 2011. Rappelons bien ici que Mme Mallet n’a pas créé, ni imaginé, ni développé utilement les manifestations telles que le Festival du Film Britannique (être cinéphile et parler anglais comme son créateur initial serait un avantage), ou le Festival de musique (être un tant soit peu mélomane averti ou musicien seraient des compétences favorables, comme celles de l’ancien Président de ce festival que Mme Mallet a écarté sèchement)…
De la même façon, le patrimoine de la ville (le Manoir de Port Breton, la Villa Eugénie, le Yacht club, la Villa des Roches Brunes,…) qui appartient de fait au paradigme culturel est une richesse complètement abandonnée ou galvaudée par Mme la Maire. Je compte bien le valoriser de façon novatrice et créative sans recourir à un auteur d’extrême droite!
André Malraux disait très justement que « la culture n’a pas de prix, mais elle a un coût ». J’ajouterai que jamais ce coût ne doit s’élever jusqu’à transformer l’intolérable en acceptable, ni l’extrémisme en banalité.

Martine Craveia-Schütz
www.dinard-demain.org, 7 novembre 2011.

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