dimanche 11 septembre 2011

Entretien avec Philippe Alméras - Le Bulletin célinien n°331 - juin 2011

Philippe Alméras
« Une biographie critique, écrite sur le ton d'alacrité ironique qui fait le charme grinçant d'Alméras ». Telle est l'appréciation lue dans la presse à l'occasion de la réédition de Céline, entre haines et passion paru en 1994, année du centenaire de la naissance de l'écrivain. A l'époque, Le Bulletin célinien n'avait pas ménagé ses critiques à l'égard de cette biographie jugée réductrice puisque passant toute la vie et l'œuvre de Céline au prisme du racisme et de l'antisémitisme. Cette réédition nous fournit l'occasion d'un entretien sans concessions avec ce célinien de la première heure. Il nous reçoit chez lui dans son appartement situé rue Saint-Jacques, à deux pas du Panthéon.

Dans quelles circonstances êtes-vous devenu le premier président de la Société des Études céliniennes ?
La S.E.C. a été créée à l'initiative de Jean-Pierre Dauphin au retour du colloque d'Oxford (1975). Je crois avoir proposé la dénomination au moment où je créais le « Centre d'études franco-américain ». J'ai tenu brièvement le poste de trésorier avant que l'on me confie celui de président jusqu'à ce que le professeur André Lwoff me succède quelques années plus tard. J'avais publié un article sur Céline dans Die Zeit (1) qui avait paru incompatible avec la neutralité de la fonction.

Lorsqu'il s'est agit d'écrire une thèse, vous avez proposé trois sujets, dont Céline. Est-ce à dire qu'à l'époque, Céline était un sujet comme un autre pour vous et que vous n'aviez par conséquent pas plus d'intérêt pour lui que pour Voltaire ou les écrivains du Nouveau Roman (qui constituaient vos autres propositions) ?
Des trois sujets proposés, Céline était celui que je connaissais le moins, ce qui ne veut pas dire qu'il ne m'intéressait pas. Mais c'était à titre personnel. Je ne me voyais pas alors en « vingtiémiste ».

Venu de la gauche (vous avez milité pour l'indépendance de l'Algérie et été membre du PSU), vous avez été amené à remettre en question l'Histoire (2), telle qu'elle vous a été transmise. En quoi vos travaux sur Céline vous ont-ils amené à cette réappréciation ?
J'ai été membre de la « Nouvelle Gauche » ou de « l'Union de la Gauche socialiste » (3) - et non du PSU — et j'ai effectivement milité « pour la paix en Algérie » en compagnie d'un futur Garde des Sceaux du Général. La paix ne visait pas forcément l'indépendance. C'est de Gaulle et la Vème République qui ont remis le pouvoir au FLN. La IVème cherchait une formule intermédiaire qui n'aurait pas été éternelle mais qui aurait ménagé des accommodements et une transition moins sanglante.

Les écrits de Céline eux-mêmes ne vous ont-ils pas amené à réviser certaines données de l'histoire ?
Ce qui m'a amené à remettre en question l'Histoire contemporaine est moins la lecture de Céline que le refus quasi général d'accepter les résultats évidents et documentés de ma recherche, dans les universités américaines, puis en France. Je n'en revenais pas. Tout le monde s'accrochait à l'idée d'une mutation brusque et d'un passage de la gauche à l'extrême droite après 1936 (voir le Céline en chemise brune qu'on m'oppose encore aujourd'hui). Cela épargnait les contemporains soi disant éberlués. Il a fallu tout remettre à plat. Les faux témoignages n'ont pas disparu ni les faux témoins mais tout le monde semble avoir accepté la thèse (ma thèse) sur l'antériorité des idées de Céline. On vous dit maintenant qu'il était antisémite de naissance et que vous retardez.

En relisant votre biographie, ce qui me frappe, c'est de constater à quel point vous traitez Céline avec condescendance, voire même quelque mépris. Avez-vous une si piètre opinion de l'individu ?
Moins que Simone de Beauvoir ou Nathalie Sarraute. Voyez ce qu'elles ont écrit sur le manque de tendresse ou certain mépris pour les petites gens dans Mort à crédit. En réalité, je ne suis pas conscient d'une telle condescendance, mais plutôt d'une grande prudence à inventorier le corpus idéologique et d'une nécessaire distanciation pour raconter sa vie. Céline est avant tout un conteur, un manieur de fictions qui se sert de sa vie comme d'un matériau du rêve. Il passe d'instinct à l'affabulation. Jean Ducourneau (premier éditeur de Céline dans la Pléiade) et d'autres en ont fait l'expérience. J'ai privilégié la correspondance, le document daté. Ce qui donne sans doute l'impression de condescendance c'est le fait de signaler à l'occasion les approximations.

Tout au long de cette biographie, on ne vous sent jamais en empathie avec votre sujet. Est-ce vraiment le cas ? Ne pensez-vous pas que le fait que Céline vous ait valu, indirectement, des déboires aux États-Unis a joué un rôle, pas forcément conscient, dans votre vision de l'écrivain ?
C'est une impression que je regrette. Si je n'avais pas « empathisé » avec l'homme et l'écrivain, je ne l'aurais pas fréquenté aussi longtemps et je n'aurais pas encaissé avec autant de constance les déboires que vous mentionnez (4). Et pas seulement aux États-Unis. J'aurais rejoint le cercle des céliniens disparus ou je me serais adapté comme d'autres au temps, à la conjoncture, au public et aux éditeurs. Mon jury de thèse américaine s'est dispersé quand j'ai refusé d'ajouter un chapitre « d'évaluation psychologique ». « Céline fou » était alors à toutes les sauces. Le « délirant » lui a survécu.

Vous considérez Céline comme quelqu'un d'assez peu courageux. Ne pensez-vous pas qu'il fallait au moins quelque audace pour publier un pamphlet comme Bagatelles pour un massacre à une époque où la violence politique en France était grande ?
Je fais la différence entre courage physique et courage intellectuel. Intellectuellement, il était intrépide. Quitte à retenir ses élans polémiques pendant dix ans.

Dans l'antisémitisme célinien, ne faut-il pas prendre également en compte une volonté de préserver une certaine culture ou âme françaises face à ce que Céline considère comme un dépérissement due à des influences jugées délétères ? En d'autres termes : son antisémitisme n'est-il pas beaucoup plus complexe que vous ne le dites ? Lorsque vous écrivez que chez Céline, « seuls l'intéressaient chez l'individu ses gênes et ses cellules », ne pensez-vous pas que cette vision est très réductrice ?
Je crois son antisémitisme un phénomène secondaire d'un racisme biologique beaucoup plus largement accrédité de son temps qu'aujourd'hui. La revue communisante Europe publiait Vacher de Lapouge. À tort ou à raison Céline a cru que tout était dans les gamètes et dans le grand jeu du Sud et du Nord. Les temps ont changé ainsi que le vocabulaire mais il n'en a pas démordu. Mais qui aurait vanté vers 1930 les vertus du métissage mondial ? Le questionnement sur le « pedigree » des uns et des autres était beaucoup plus courant. Quitte à errer (Mauriac sur celui de Racine, Céline sur celui d'Élie Faure).

Quel jugement portez-vous sur la polémique lancée par Serge Klarsfeld en janvier ?
Elle est grotesque et surtout imprudente mais cela a permis de constater que tout en le défendant contre la censure et le pilonnage, personne n'a remis en question le Céline – réel ? intégral ? –que je m'échinais à présenter depuis 1969. Plus de « réductionnisme » ni de « délire ». On envisage en 2011 l'écrivain tel qu'en lui-même. Mon impression est bien sûr due à l'effet de perspective.

Que pensez-vous de la formule « écrivain génial mais parfait salaud » ? Estimez-vous que Céline appelait de ses vœux le génocide des juifs ?
Je crois avoir prononcé le mot de « salaud » au micro de Pierre Assouline alors que je sortais de la rédaction de « Céline occupé » [NDLR : chapitre de la biographie] et me croyais sur le point de prendre congé du sujet. L'écrivain génial m'a rattrapé depuis. Voilà pour la première question. La seconde : on ne peut souhaiter que ce que l'on discerne et je ne crois pas que Céline ait eu – plus que quarante millions de Français – conscience d'un génocide en cours ; il avait déjà oublié les cent mille morts de la campagne de France parmi lesquels Céline ne voyait que des Noirs. Il envoyait certes toujours au diable les pollueurs de sa celtitude mais voyait-il et prévoyait-il l'événement ? Tout ce que l'on peut dire est que l'ancien de la Section d'hygiène de la S.D.N. avait assez l'habitude des grands nombres pour envisager les conséquences des déplacements et des concentrations de population. Sa nature catastrophique aurait pu lui faire envisager le pire. Je ne crois pas qu'il l'ait fait, à preuve ses dernières lettres à l'ami Bickler.

Considérez-vous que Céline était un « collaborateur » ?
La « collaboration avec les forces d'occupation » était inscrite dans les termes de l'armistice de 1940. Elle était forcée et elle a pris toutes les formes, à tous les degrés. Céline n'a, pas plus que Sartre, passé quatre ans sans respirer ni écrire, ni parler. Il a cru tout un temps que la défaite était l'occasion du grand renouvellement qu'il prônait depuis 1937. Dans L'École des cadavres, il avait appelé de ses vœux une armée franco-allemande et la rupture de l'alliance anglaise. Il ne s'est pas privé pendant quatre ans de rappeler cette antériorité : « Je n'ai pas attendu que la Kommandantur pavoise au Crillon... ».

S'il fallait définir l'idéologie de Céline, diriez-vous qu'il était proche du national-socialisme allemand ? En quoi s'en différencie-t-il aussi selon vous ?
Sur le plan racial, je crois qu'il a été l'écrivain le plus proche en France du national-socialisme. Il ne craint pas de se référer à « Hitler avec ses petites moustaches » avant guerre ou au « Chancelier Hitler » pendant l'Occupation. Les occupants nazis jugeaient sa doctrine, « correcte » en vouant le reste à la poubelle (cf. Phônix oder Asche de Bernhard Payr). Il n'y a que le directeur de l'Institut allemand, Karl Epting, pour trouver que chez lui tout est bon, les grossièretés comme le reste. Relevons que de 1940 à nos jours ce sont elles qui auront protégé l'imprécateur. J'ajoute que, dans une lettre inédite de 1939 à Brasillach (récemment exhumée par Godard), Céline se dit « raciste et hitlérien ».

Comment interprétez-vous sa détestation du patriotisme et des nations ?
Je crois qu'il a écrit quelque part que raison de race supplante raison d'État (6), la notion de race transcende sans conteste pour lui celle de nation. Les races jouent pour lui le rôle que jouent les classes pour d'autres – lesquels sont alors légion. Cela dès L'Église ou Voyage au bout de la nuit, c'est-à-dire dès l'origine. Dans L'Église, les bagarres entre nations sont un truc dont Yudenzweck et Mosaïc se servent pour assurer leur pouvoir.

Dans votre biographie, vous ne prenez pas en compte le témoignage (direct) de Benoist-Méchin. Pensez-vous qu'il ait inventé de toutes pièces cette anecdote qui se situe, rappelons le, au début de l'année 1944 ?
Désolé, Benoist-Méchin ne figure pas pour moi parmi les témoins les plus crédibles. À preuve une anecdote sur le maréchal Pétain se levant la nuit pour écouter Radio Londres à l'Hôtel du Parc. C'est aussi pittoresque que Gen Paul à la moustache qui parvient à une date, celle du procès de Céline, et sous tant de formes et de variantes qu'elle a tous les traits de la légende utile (7). Gen Paul « faisant Hitler à la demande de Céline » est d'ailleurs une histoire en forme de boomerang, puisque si ce « dîner à l'Ambassade » a bien eu lieu, à l'endroit indiqué, il implique, en 1944 (!), une telle intimité avec Abetz qu'on a du mal à y croire.

...Testis unus, testis nullus, avez-vous dit au micro de France-Culture pour récuser ce témoignage (alors qu'il a pourtant été corroboré par Gen Paul et Zuloaga). Le même adage peut s'appliquer au témoignage de Jünger que vous avalisez pourtant. Pourquoi ?
L'adage latin peut certes s'appliquer au témoignage de Jünger, sauf que le contexte de l'entrée de son Journal en décembre 1941, au moment des premières rafles de notables juifs et de la réunion organisée à l'initiative de Céline au Pilori, moment qui correspond à l'apogée de l'activisme anti-juif de Céline (8). Ce fait donne de la vraisemblance à ce qu'entend ou croit entendre Jünger. Il n'aimait pas Céline et n'a pas hésité à écrire son nom en clair dans son Journal.

Ce qui est également frappant dans votre biographie, c'est que vous récusez ou mettez partiellement en doute les témoignages qui donnent de Céline une image plus nuancée, tel le témoignage Chamfleury. Que pensez-vous de cette observation ?
Je remarque que ces témoignages font singulièrement défaut. Nous ne connaissons qu'une seule intervention pour un condamné pendant l'Occupation, et elle concerne un jeune Breton. Le témoignage de Chamfleury selon lequel Céline soignait des résistants est de circonstance (le procès) et il reste à définir cette résistance de Chamfleury et de Roger Vailland dans l'immeuble de la rue Girardon (9).

Lors de la parution de votre biographie, Henri Godard vous a reproché de présenter Céline comme un individu qui n'a jamais pensé qu'à propager son credo raciste, utilisant à l'occasion pour cela la voie indirecte ou camouflée du roman. Que répondez-vous à ce type de critiques ?
Je ne connais pas cette appréciation d'Henri Godard (10). La maintient-il ? En 1975 il me disait que le biographique ne l'intéressait pas et il sort aujourd'hui une biographie. Les points de vue évoluent. Je suis tenté de mon côté de lui voir mélanger les plans en partant de l'oeuvre pour raconter la vie.

Le site internet Slate.fr rapporte un propos de vous selon lequel Henri Godard « est en train de se réconcilier avec vous » quant à la vision qu'on peut avoir de Céline. Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
Je voulais dire que Godard me rejoignait en somme sur mon terrain. Il fallait qu'il dépasse la poétique, qu'il traverse la correspondance pour aboutir à ce qu'il appelle un « travail factuel ». J'avais fait ce travail avec Les Idées de Céline de 1985, mais dont la version primitive (et complète) remonte à 1969. La première édition de Céline entre haines et passion chez Robert Laffont est sortie en 1994. Celle que Pierre-Guillaume de Roux vient de publier est la troisième (11).

Quelle appréciation faites-vous des études céliniennes ? Qu'est-ce qui vous apparaît comme les avancées les plus intéressantes ?
Je ne connais pas, à une ou deux exceptions près, d'études céliniennes dénuées d'intérêt. Chacune fait avancer le sujet ou provoque la comparaison avec l'accueil fait aux mêmes textes suivant l'époque et l'individu. Ce qui apporte de l'inédit m'intéresse le plus. Parmi les témoignages réunis dans le gros recueil de la collection « Bouquins », j'en ai trouvé avec plaisir.

Quel jugement portez-vous sur les biographies des autres céliniens Gibault, Vitoux, Brami ?
Si les biographies de Gibault et de Vitoux m'avaient satisfait, je n'aurais pas entrepris la mienne. Et si la mienne avait satisfait Godard, il n'aurait pas écrit la sienne. Je n'ai pas lu celle de Brami.

Certains céliniens considèrent que Bagatelles pour un massacre est l'un des chefs-d'œuvre de Céline sur le strict plan littéraire. Quelle est votre appréciation à ce sujet ?
Je ne suis pas loin de partager cet avis dans le domaine de ce qu'il appelait « le style vengeance ». Mais je lis ce « pamphlet » dans la continuité des « romans ». Au début du XXème siècle Paul Léautaud disait préférer les « romans-pamphlets » aux autres. Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit me paraissent rentrer dans cette catégorie, ce qui me conduit à voir dans Bagatelles un « pamphlet-roman » : un roman non transposé, non crypté et un art poétique.

Vous avez écrit aussi une biographie de Montherlant (12). Où le placez-vous par rapport à Céline sur le plan de la valeur (et de l'importance) littéraires ?
Montherlant jugeait Céline condamné par son style à ne plus être lu cinquante ans plus tard. Il écrivait cela en 1951 et c'est lui qui a chuté dans le purgatoire. Mais le purgatoire n'est pas l'enfer. On peut se demander si le romancier des Célibataires ou du Chaos et la nuit n'a pas encore une chance de retour en grâce malgré le style châtié qui est le sien. L'Académie ne l'a pas neutralisé et il y a chez lui une liberté et une gouaille d'époque assez proches de Céline.

En quoi Céline est-il, selon vous, un écrivain de génie ?
Par la façon dont il a recueilli « les diamants du langage parlé », pour les monter à sa façon (il a été joaillier). Il a créé un style et posé un ton. Il a aussi inventé des types littéraires : Bardamu, Courtial, et lui-même, bien sûr, inimitable dans le rôle du Narrateur.

Comment voyez-vous la destinée de l'écrivain Céline dans un siècle ? Pensez-vous, comme certains, qu'il pourrait devenir difficilement lisible par les nouvelles générations ?
Sa langue et son argot commencent indéniablement à vieillir. Au rythme par lequel le langage courant évolue, ils seront bientôt archaïques. C'est le côté impie qui attire et retient le lecteur, les multi transgressions qu'il est peut-être le dernier à se permettre. Il lui arrivera sans doute ce qui est arrivé à Rabelais (qui, ne l'oublions pas, « a raté son coup ») : on apprendra le Céline pour lire Céline, comme on apprend le Rabelais pour lire Rabelais, et le Froissart pour lire Froissart, quitte à proposer des traductions en « poche » pour les jeunes et les paresseux. La Pléiade propose déjà des glossaires. Si la neutralisation consensuelle des goûts et des idées se maintient et s'impose, Céline restera le réjouissant blasphémateur en valeurs humanitaires, le seul, l'unique.

Propos recueillis par Marc LAUDELOUT
Le Bulletin célinien n°331, juin 2011.

Philippe ALMÉRAS, Céline entre haines et passion, Éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2011, 498 p. (éd. révisée par l'auteur, avec une postface inédite)

Notes
1. Philippe Alméras, « Die spâle Entdeckung Célines für Deutschland. Linker ? Rechier ? Anarchist ? Faschist ? », Die Zeit, n° 28, 1er juillet 1977, p. 41.
2. Cf. Un Français nommé Pétain (Laffont, 1995) ; De Gaulle à Londres (Dualpha, 2001) Vichy-Londres-Paris (Dualpha, 2002) ; etc.
3. L'Union de la gauche socialiste (UGS) est un groupe de militants de gauche fondé fin 1957 qui participa à la création du Parti socialiste unifié (PSU) en 1960. Représentant de la Deuxième Gauche, il cherchait un espace entre la SFIO et le PCF.
5. Voir Ph. Alméras, « Chronique d'une douce exclusion », Enquête sur l'histoire, n' 10, printemps 1994, pp. 43-46 & Voyager avec Céline (Dualpha, 2003).
6. Dans une lettre de novembre 1941 à Alain Laubreaux.
7. S'il a pu inspirer le témoignage (anonyme) publié par l'hebdomadaire Paroles françaises en 1950, rappelons que le témoignage de Jacques Benoist-Méchin est bien postérieur au procès puisqu'il date de 1989.
8. Sur Jünger et Céline, on lira Henri Godard, Céline, op. cit., pp. 327-329.
9. Le témoignage de Robert Chamfleury n'a pas été produit lors du procès mais six ans plus tard dans Le Petit Crapouillot de Jean Galtier-Boissière.
10. On trouve cette appréciation dans L'Année Céline 1994, Du Lérot, 1995, p. 141. Appréciation confirmée ultérieurement : « Alméras est l'auteur d'une biographie extrêmement hostile à Céline. Sa thèse peut se résumer ainsi : Céline n'a qu'une idée en tête, c'est de faire passer son idéologie par des moyens détournés parce qu'il ne peut les faire passer autrement ( ... ) Sa biographie se prête à ce genre de manipulation : c'est une espèce de critique extrêmement mêlée de l'homme Céline en disant que c'était un mauvais caractère, quelqu'un d'avare, de malpoli, etc. ( ... ) Ce livre détruit Céline, le met à bas — il essaie en tout cas. » (Entretien avec Stacey Marie Cozart Bentsen in Le cas Céline. The Carrent Critical Reception of Célines Œuvre and The Question of lis Literary Survival, mémoire de maîtrise, Arhus Universitet, Arhus [Danemark], 1996, pp. 1-XI).
11. Cette biographie fut rééditée en 2002 par Dualpha.
12. Montherlant, une vie en double (Via Romana, 2009).

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