mardi 28 juillet 2009

Louis-Ferdinand Céline : lettre à Henri Béraud

Mon cher Henri Béraud,

Vous seul pouvez réfuter avec assez de clarté, de force dans la modération, et de finesse pénétrante, les arguments de Blum au banquet de la Ligue contre l'Antisémitisme.

Nous n'en voulons pas aux juifs en tant que Juifs. (C'est une race intelligente, entreprenante, active, — bien que folle dans le fond!) Ce que nous leur reprochons, c'est de faire du RACISME. C'est de ne s'être jamais prêtés chez nous —comme partout— à ce mélange des races dont Blum ose faire état quand il invoque ses ancêtres gaulois! C'est de nous mépriser. Un juif prendra avec plaisir, pour maîtresse, Mlle Dupont ou Mlle Durand. Mais quand il voudra se marier, c'est Mlle Jacob ou Mlle Abraham qu'il épousera. Ce n'est donc pas nous qui l'excluons de notre communauté. C'est lui qui s'en tient volontairement à l'écart, avec une fierté méprisante—et ridicule. Blum a l'aplomb de parler de religion, de prétendre qu'on persécute le juif comme attaché à une foi, au même titre que le catholique (en Allemagne par exemple) — Or, sur dix juifs, il y a neuf agnostiques. La religion juive ne nous gêne en rien, le juif lui-même s'en moque, c'est un enfantillage d'en vouloir faire l'objectif. C'est en tant que race qu'Israël nous turlupine, race orgueilleusement préservée de la corruption — la corruption, c'est nous! Que M. Blum nous cite un seul non-juif dans ses ascendants, s'il l'ose! Voilà le fait. Fût-il mort au champ d'honneur, le juif est mort sans une goutte de sang français dans les veines. Nous le tenons pour non français parce qu'il se refuse; lui, et lui seul, à pactiser dans le fait avec les français. Le jour où il lèvera cet interdit et se fondra réellement dans le bloc national, comme les bretons ou les provençaux, alors il n'y aura plus de question juive.

... Et vive Gringoire!

L.F. Céline

Source


Note:
Cette lettre, datant sans doute de 1938, est adressée au célèbre éditorialiste de l'hebdomadaire Gringoire, Henri Béraud, auteur de Popu roi dans lequel il raille le Front populaire. Dans Gringoire, Béraud attaquait violemment le gouvernement de Léon Blum tout en se défendant toujours d'être antisémite. Ce document est extrait du numéro spécial consacré à Béraud («Henri Béraud, le flâneur salarié») par la revue Le Lérot rêveur (n° 40, mai 1985). Prix : 50 FF, franco. Editions du Lérot, à Tusson, F-16140 Aigre.

lundi 27 juillet 2009

Le Petit Célinien n°14

Le Petit Célinien n°14 :

Épuisé
Le numéro 2,50€ par paiement sécurisé Paypal (colonne de droite) sur notre site. Précisez le numéro souhaité et votre adresse mail.

Le Petit Célinien n°14 - Semaine du 20/7/2009.

Au sommaire :
- Les influences culturelles de la Légende du Roi Krogold (I)
- Céline dans le texte : Timbres et cigarettes
- Céline par Innocent
- Actualité célinienne
- "Qui vive ? Personne" par Frederic Saenen
- Petites annonces
- Vient de paraître

vendredi 24 juillet 2009

Louis-Ferdinand Céline : "C'est moi le printemps"

C'est sur ce quai-là, au 18, que mes bons parents firent de bien tristes affaires pendant l'hiver 92, ça nous remet loin. C'était un magasin de "Modes, fleurs et plumes". Y avait en tout comme modèles que trois chapeaux, dans une seule vitrine, on me l'a souvent raconté. La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C'est moi le printemps.

Louis-Ferdinand Céline, Mort à Crédit, 1936.

jeudi 23 juillet 2009

Louis-Ferdinand Céline au théâtre : "Et dans l'Off: Dieu, qu'ils étaient lourds!"

Blog.L'Express.fr, 21/7/2009, par Laurence Liban : "Dieu qu'ils étaient lourds!" Ainsi se termine l'interview imaginaire que Louis-Ferdinand Céline accorda, vers la fin de sa vie, à un journaliste inconnu.

Imaginaire? Pas vraiment, puisqu'il s'agit des Entretiens avec le professeur Y, l'un des derniers textes de l'écrivain, lequel, coupant le pied aux inquisiteurs de tous poils, s'auto-interrogea à sa manière, c'est à dire sans faux-fuyants. Son enfance, ses parents, la croûte à gagner, les gifles à recevoir, les petits métiers, la guerre, la médecine, l'écriture comme un travail de forçat (8000 pages écrites pour 80 publiées), le style (deux ou trois stylistes par génération), l'antisémitisme, les idées qui se ramassent comme des prospectus dans le Off, les philosophes qui séduisent la jeunesse adulée, la fidélité à soi-même (femme du monde, pas putain), la haine éprouvée, la haine inspirée, le désir de mort... et l'usage des points de suspension, tout y passe avec une férocité totalement assumée, entre lucidité sur soi et aveuglement sur la marche du monde.

Disons le tout de suite, ce spectacle est sidérant d'intelligence. Grâce à Céline lui-même, bien sûr, mais tout autant grâce à l'interprétation qu'en donne le comédien Marc-Henri Lamande, dans la mise en scène de Ludovic Longevin qui endosse également le rôle du journaliste. Tapi dans la pénombre, l'homme de Meudon se prête au jeu des questions et des réponses. Tout dans le vêtement du comédien, dans ses gestes, dans sa diction, hésitante un instant, puis précipitée, tout dans ses phrases entrecoupées de "n'est-ce pas" à demi avalés, tout concourt à faire sugir l'écrivain en personne et c'est stupéfiant.

Car pour jouer Céline, entrer dans sa voix, dans sa peau, il faut un sacré culot, un sacré travail et un sacré courage. Marc-Henri Lamande possède tout cela. Il ne se prend pas pour Céline, ce qui serait obcène, mais il l'interprète comme on dit d'une partition musicale. L'effet est saisissant. On se croirait vraiment face au reclus de Meudon. Et l'on goûte pleinement ce texte aussi saignant qu'une viande au croc.

Laurence Liban

Du 8 au 25 juillet > 16h15
La Manutention – salle de l’AJMI
4 rue Escaliers Saint-Anne
84000 AVIGNON
Réservation : 04 90 86 08 73

Cie Vues de ton Manège

lundi 20 juillet 2009

''Qui vive ? Personne'' par Frédéric Saenen

Parutions.com, 20/07/2009 : L’échange épistolaire qu’entretint Louis-Ferdinand Céline avec Albert Paraz constitue sans doute l’une des correspondances les plus acrimonieuses de la littérature contemporaine. Exilé au Danemark pour les raisons que l’on sait, l’auteur y répand le torrent fielleux de son verbe sur les «maquereaux» du monde de l’édition, les collabos qui s’en sont mieux sortis que lui, les journalistes et les intellos «enculeurs de mouches», le «pédaleux néronien» Brasillach, la police française parmi laquelle on croise «Gaudissart tortionnaire Vermot Torquemada»… Bref, c’est l’époque dans son entier qui en prend pour son grade. Ou plutôt pour sa dégradation.

En butte aux effets de l’épuration, «cette corrida des Européens moyens», Céline décoche foudres et flèches. Il relate la visite de l’universitaire juif Milton Hindus (dont le livre le scandalisera), énumère les difficultés qu’éprouve au quotidien son couple à se fournir en eau potable, et souffre, souffre énormément. Du froid insinuant que souffle la Baltique sur leur maisonnette, de la viduité des jours, de l’irrémédiable fuite du temps. Une vie de paria, contre laquelle il ne cesse de pester. Là où d’autres se résigneraient à affronter l’adversité et la lourdeur généralisée par l’exercice de la sagesse, lui se réfugie dans les Mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand et juge que, dans vingt ans, tout cela sera «buée sur merde». Bien sûr. En attendant, le docteur sans patientèle rabâche quand même des formules d’un nihilisme absolu : «Je vivrais mille ans si j’étais sûr de voir crever le monde» ; ou «Je m’amuserais mieux dans une léproserie. Je gagnerais ma vie, d’abord». Il demande que lui soit octroyé un «passeport animal», plus valable que celui d’être humain qui le range d’office dans le «cheptel dégénéré total», et précise que, sur sa tombe, il ne désire que le mot NON, en capitales, pour seule épitaphe. En filigrane de cette haine, c’est un profond sentiment de rancune face au déshonneur subi qui transparaît : «Je m’en fous de mourir mais c’est d’être outragé qui me gêne».

Près de trois cent cinquante lettres… Le corpus, s’étalant de juin 1947 à septembre 1957, est assez vaste pour rendre compte des tours et détours judiciaires de l’affaire Céline, de ses rebondissements comme de ses enlisements. En plus de lui dispenser de vagues conseils médicaux, le relégué autorise Paraz, tubard, à reproduire ses bafouilles incendiaires dans ses journaux intimes. Voilà comment Le Gala des Vaches et Valsez, Saucisses ! deviendront, après aménagements de ponctuation et de paragraphes, d’authentiques tribunes céliniennes. En plus de les intégrer à ses propres pages, Paraz diffusera les fulminations de Céline en réponse au sous-entendu de Sartre dans Sur la question juive. Cela donnera la fameuse lettre au Ténia, mieux connue sous le titre À l’agité du bocal.

Mis en confiance par la fidélité indéfectible que lui témoigna cet homme, Céline se lâche. Chacune de ses phrases, d’une prodigieuse inventivité langagière, claque au visage du lecteur et prend valeur d’aphorisme. Mais à suivre ce déferlement de lyrisme et d’outrance, le rire n’est jamais loin. Un rire qui fera encore grincer maintes mâchoires, longtemps après, notamment autour de la question de «la magique chambre à gaz» évoquée à propos des ouvrages signés Bardèche ou Rassinier, que Céline s’est fait envoyer.

Les missives ne servent pas que d’exutoire. Elles tiennent également lieu de laboratoire d’écriture à cet isolé qui tente son grand retour sur la scène littéraire des années 50. De la sorte plusieurs passages sonneront-ils familièrement aux oreilles des coutumiers des Entretiens avec le Professeur Y, texte fulgurant, à la lisière du pamphlet, où figureront des métaphores telles que celle du «métro tout nerfs» pour qualifier sa révolution stylistique.

La présente réédition se voit rehaussée de documents éclairant le contenu de certaines lettres. On lira par exemple avec intérêt le long réquisitoire où Pierre Le Vigan revient sur l’épisode de la fuite à travers l’Allemagne ou encore l’article de Paraz paru dans Défense de l’homme, publication libertaire dirigée par Louis Lecoin.

Et puis, il faudra se rendre à l’évidence. La lave du Vésuve Céline est un magma composé de mauvaise foi, certes, mais aussi de lucidité sans concession. Elle voudrait araser la connerie universelle, même si le combat est perdu d’avance. Cela ne l’empêche pas de charrier son lot de constats ravageurs. Ainsi, quand Céline apprend la mort de Théophile Briant dans un accident de voiture, il a ce commentaire sans réplique : «Voilà le triomphe de la matière… le démon va en auto sur les routes ramasser les matérialistes». Ses crispations quant à «l’amoûûûr» rabotent tout sentimentalisme à ras de viande : «[…] l’intromission d’un bout de barbaque dans un pertuis de barbaque j’ai jamais rien vu là que du grotesque, et cette gymnastique d’amour ! Cette minuscule épilepsie ? […] Pas plus con ! Le vagin tabernacle ! Ils m’écœurent !» Enfin, à l’adresse de Paraz, qui va bientôt être cueilli par la camarde, il offre ce viatique, que nous devrions tous emporter dans un recoin de notre mémoire : «Ce monde est un mégadéconophone… passe à côté, éloigne-toi…»

Frédéric Saenen

Louis-Ferdinand Céline, Lettres à Albert Paraz - 1947-1957, Gallimard - Les cahiers de la NRF, 2009.

Nouvelle édition établie par Jean-Paul Louis.

De Céline à la météo...

Catherine Laborde suit une formation au Conservatoire d'Art Dramatique de Bordeaux qui lui permettra de jouer dans sa première pièce de théâtre L'Eglise de Louis-Ferdinand Céline, en 1972. En 1989, elle devient présentatrice météo sur TF1, où elle présente également l'émission Télé Vitrine depuis 2003.

En 1997, Catherine Laborde se lance dans l'écriture avec son roman Des soeurs, des mères, des enfants. Début avril 2009, elle publie son quatrième roman Maria Del Pilar. Source



Le Petit Célinien n°13 - Spécial Michel Audiard

Le dernier numéro du Petit Célinien (pdf, 18 pages) est consacré à Michel Audiard:

Épuisé
Le numéro 5€ par paiement sécurisé Paypal (colonne de droite) sur notre site. Précisez le numéro souhaité et votre adresse mail.

Le Petit Célinien n°13 - Spécial Michel Audiard.

Au sommaire :
- Le dialogue est essentiel
- Michel Audiard 1920-1985
- Louis-Ferdinand Céline / Michel Audiard
- Céline, Audiard, Gabin & co...
- Audiard en bref...
- La Libération par Audiard
- Témoignages Céline-Audiard
- La mort d'un fils
- Audiard et Ferdine
- Michel Audiard - Radio et vidéo
- Les dialogues de Michel Audiard, morceaux choisis
- Bibliographie

dimanche 19 juillet 2009

Louis-Ferdinand Céline aux enchères...

Le 7 juillet dernier, à l'hôtel Drouot (salle 7), l'étude Kapandji-Morhange a vendu la bibliothèque de Lucien Descaves, dans laquelle se trouvaient des ouvrages de Louis-Ferdinand Céline. En voici les résultats :

5.700 € (au marteau, donc frais acheteur non compris) sur une estimation de 700 €, pour un exemplaire de service de presse sur alfa de l'édition originale de Guignol's band (Paris, Denoël, 1944) avec envoi de Céline à Descaves (photo) (étaient joints : 2 articles de presse et une photo journalistique de Céline).

5200 € (estimation quintuplée) pour l'un des dix exemplaires hors commerce sur hollande de l'édition originale de l'Eglise (Paris, Denoël et Steele, 1933) avec envoi de Céline au même membre fondateur de l'Académie Goncourt et exécuteur testamentaire de Joris-Karl Huysmans.

Gérard Silmo.

Par ailleurs ont été adjugé pour 350 € une édition originale de Bagatelles pour un massacre, 350 € pour une édition originale de L'Ecole des cadavres, et 300 € pour une édition originale de 1950 de Scandale aux abysses.

Le catalogue de la vente est à consulter ici.

samedi 18 juillet 2009

Anatole Le Braz - La Bretagne à travers l'Histoire

Les éditions des Equateurs viennent de publier La Bretagne à travers l'Histoire d'Anatole Le Braz qui est notamment l'auteur de La Légende de la mort chez les Bretons armoricains mentionnée par Louis-Ferdinand Céline dans sa correspondance.

Présentation de l'éditeur
" Et la mer ne se contente pas de ciseler la Bretagne : elle la pénètre, elle y pousse son flot, elle l'y insinue, elle l'y infuse, comme un jet de sang vital, par les vingt, les trente estuaires, aigus et secrets, qui établissent une véritable circulation marine jusque dans les entrailles mêmes de la terre bretonne. C'est dans ces fonds de vallées, retirés parfois à dix et douze kilomètres du rivage, mais journellement visités par le flot, que, dès les commencements de l'histoire, la plupart des cités armoricaines ont pris naissance. "

Anatole Le Braz, La Bretagne à travers l'Histoire, Ed. des Equateurs, 2009.
Commande possible sur Amazon.fr.






A lire :
>>> L'intersigne de l'alliance, extrait de La légende de la mort.
>>> L'intersigne de l'alliance (II)

A écouter :
>>> La légende de la mort (extrait)
>>> Le celtisme chez Céline (Paul Del Perugia sur Radio Courtoisie)

vendredi 17 juillet 2009

Louis-Ferdinand Céline : "C'est quelque chose de toujours vrai un corps"

"L'esprit est content avec des phrases, le corps c'est pas pareil, il lui faut des muscles. C'est quelque chose de toujours vrai un corps, c'est pour ça que c'est presque toujours triste et dégoûtant à regarder".

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932.

jeudi 16 juillet 2009

Louis-Ferdinand Céline, une pensée médicale

Présentation de l'éditeur
Destouches le médecin hygiéniste / Céline l’écrivain. Deux faces d’une même individualité. Entre ces deux pans, une sourde filiation, sensible dans toute son œuvre, qu’elle soit médico-sociale ou littéraire… Ainsi, des écrits scientifiques aux romans, dans des registres changeants, engagés ou amers, une approche des maux de la société et une esquisse, idéale ou désenchantée, de celui qui la soigne, pas tout à fait étrangère au propre vécu de l’auteur… Une approche, enfin, au noir de la condition humaine, une description de l’humanité au réalisme glaçant que David Labreure traque et décèle tout au long de ce mémoire.

L'auteur
David Labreure a obtenu sa maîtrise de philosophie en 2004, consacrant son mémoire à la psychiatrie et la médecine chez Michel Foucault. Il est actuellement en doctorat d’Histoire et de Philosophie des sciences à la Sorbonne (Paris I) et travaille à une thèse portant sur l’histoire de la lutte contre l’alcoolisme en France.

David Labreure, Louis-Ferdinand Céline, un pensée médicale, Ed. Publibook, 2009.

mercredi 15 juillet 2009

"Dieu, qu'ils étaient lourds...!!!" - Louis-Ferdinand Céline - Festival Avignon Off

Culturopoing.com, 14/07/2009 : "Un spectacle sur Céline, forcément, ça intrigue. En effet, il est paradoxalement difficile de donner vie sur scène à un style aussi vivant par écrit. Avec Dieu, qu’ils étaient lourds... !!!, le metteur en scène Ludovic Longelin a préféré monter des interventions radiophoniques de l’écrivain plutôt que d’adapter "Entretiens avec Professeur Y". Quelle bonne idée de mettre en scène l’homme et de le transformer en personnage comme l’écrivain l’avait fait avec lui même dans ses écrits...

Le publique se compose autant de femmes que d’hommes et quelques jeunes viennent prouver que les mots de Louis-Ferdinand Céline savent parler à une nouvelle génération.

Le spectacle commence dans le noir absolu où résonne "Règlement", une chanson écrite par Céline lui-même. La lumière pointe le bout de son nez délicatement pour faire apparaître l’écrivain, habillé comme un gueux. L’introduction emprunte tout de même au délirant "Entretiens" déjà mentionné ainsi qu’à l’ouverture de "Nord". Puis, s’installe une véritable conversation entre Céline et son interviewer campé derrière le public. Nous voici donc en compagnie d’un des plus grands artistes du siècle passé qui, pendant une heure, évoque pour nous son enfance, la médecine (derrière le pseudo Céline se cache le Docteur Destouches), son « style » et les autres auteurs...

Il faut dire que la performance de Marc-Henri Lamande est absolument remarquable. S’il n’a pas le physique de Céline, il réussit avec finesse à retranscrire le phrasé, les intonations de Louis-Ferdinand Céline. Pour les néophytes, il suffit de se procurer le DVD "Céline vivant" pour ce rendre compte du travail incroyable du comédien. Le rire se fait entendre au détour d’une phrase comme pour rappeler l’humour qui se cache parfois derrière la dureté des propos. Emporté par le flot célinien, on lèverait presque la main pour interroger l’auteur de "Mort à Crédit". Le spectacle se clôt sur une voix off : celle d’une femme qui donne des consignes à des danseuses. Les connaisseurs reconnaîtrons le clin d’œil à Lucette Destouches, la femme de Céline, qui était danseuse. Mais ce parti pris souligne aussi ce désir de légèreté que l’écrivain trouvait dans la danse face à la lourdeur des hommes...

Vous l’aurez compris, "Dieu, qu’ils étaient lourds... !!!" est la pièce à voir pour ceux qui veulent découvrir un génie de la littérature. Les autres, les aficionados, ils se rappelleront au cas où ils l’auraient oublié, pourquoi ils aiment CELINE."

Attention, "Dieu, qu’ils étaient lourds... !!!" ne se joue pas durant tout le Festival d'Avignon.

Lionel Grenier

Du 8 au 25 juillet > 16h15
La Manutention – salle de l’AJMI
4 rue Escaliers Saint-Anne
84000 AVIGNON
Réservation : 04 90 86 08 73

Cie Vues de ton Manège

mardi 14 juillet 2009

Recherche traducteur...

... pour cet article du Los Angeles Times :

Normance by Louis-Ferdinand Céline.

Actualité célinienne...

"[...] les dix dernières années de Céline passées à Meudon feront l'objet d'un documentaire de 52 minutes qui sera diffusé avant la fin de l'année 2009 sur France Télévision. En parrallèle, les éditions Ecriture préparent, dans le cadre de la collection "Céline & Cie" dirigée par Emile Brami, un recueil des écrits de Philippe Sollers consacrés à l'auteur de Voyage au bout de la nuit, qui devrait prendre le chemin des librairies pour l'automne"

David Alliot, Le Magazine des livres n°18, Juillet-Août 2009.

lundi 13 juillet 2009

Le Petit Célinien n°12

Le Petit Célinien n°12:

Épuisé
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Le Petit Célinien n°12 - Semaine du 6/7/2009.

Au sommaire :
- Les idées politiques de LF Céline (III)
- Louis-Ferdinand Céline par Tony Côme
- Céline, Audiard, Gabin & co...
- Céline dans le texte
- Marcel Aymé : Témoignage sur LF Céline
- En kiosque

dimanche 12 juillet 2009

La Bande à Gabin

Réfléchir & Agir n°32 : "Les Copains d'abord, voilà un sous-titre idéal pour ce nouvel ouvrage de l'historien du cinéma Philippe Durant, qui cause un peu de tout : souvenirs, amitié, tendresse... C'est bien l'intimité de cette bande de potes sympathiques dont il est question : Gabin, Blier bien sûr mais aussi Dédé Pousse, Fernandel et les autres... Un véritable florilège de bons mots, de boutades qui nous est offert voire même de chasse à la connerie dixit Jean Carmet. "Mon vieux, tu croirais qu'il va te tuer, Lino (Ventura), quand il mange, t'ose plus parier. T'entend les mâchoires qui font clac-clac-clac, tu te dis : « Merde si je m'approche, il va me buter ! -. "Le plus gros appétit du cinéma, disait-on ! Des dizaines de pages sont ainsi consacrées à la becquetance, aux bistrots d'antan, à la bonne bouffe quoi, car aucun des membres de "la bande" ne fréquenta jamais un fast-food ! Au diable le service accéléré, on s'échange les vraies adresses, on fume, on boit sec et ça déconne dur : "Je terrorise mon boucher" s'exclame Jean Gabin, Blier lui a les larmes aux yeux en parlant pot-au-feu et ce sont des charters de camemberts que Bebel commandera lors d'un tournage à Athènes. On jargonne sport, cyclisme, boxe... du foot également mais déjà avec des réserves : il ne s'agirait pas de "muter nègre". Littérature aussi et de Céline en particulier... Et quelquefois métier : "J'ai horreur du cinéma muet pour les raisons que vous devinez", nous dit Audiard. Toute une époque ! À dévorer avec le même plaisir que ces films que nous avons tant aimés : La Traversée de Paris, Le Cave se rebiffe ou Un singe en hiver...

Philippe Durant, La Bande à Gabin, Ed. Sonatine, 2009.
Commande possible sur Amazon.fr.

Le passage concernant Louis-Ferdinand Céline sera à lire dans le prochain numéro (n°12) du Petit Célinien.

mardi 7 juillet 2009

Louis-Ferdinand Céline : "il faut des hommes nouveaux"

"Notre civilisation est juive, nous sommes tous des sous-Juifs. A bas les Juifs ne veut rien dire. C'est Vive quelque chose qu'il faudrait pouvoir dire, mais vive quoi ? Les Druides ? Hélas oui ! des néo-druides aussi différents de nous que furent les chrétiens des païens : il faut des hommes nouveaux."

Lettre de Louis-Ferdinand Céline à Marie Le Bannier.

lundi 6 juillet 2009

Le Petit Célinien n°11

Le Petit Célinien n°11:

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Le Petit Célinien n°11 - Semaine du 29/6/2009.

Au sommaire :
- Les idées politiques de Louis-Ferdinand Céline (II)
- Céline, la médecine et la "France gaspillonne"
- Céline "parfaitement simple et parfaitement bon"
- LF Céline par Ferruccio Nobile
- Céline en bref...
- Vient de paraître

Le magazine des Livres

Le magazine des Livres consacre dans son numéro de Juillet-Août plusieurs pages à Louis-Ferdinand Céline avec notamment ces deux articles :

Les sept vies de Louis-Ferdinand Céline, par David Alliot
Philippe Sollers. Relire Céline, par Joseph Vebret.

Sommaire complet ici.
Commande possible sur Journaux.fr.

Un espace est par ailleurs consacré à Céline sur le site du magazine : www.magazinedeslivres.com

samedi 4 juillet 2009

Le Bulletin célinien n°310

Sortie du Bulletin célinien n°310 (Juillet-Août 2009) :

Au sommaire
:
- Compte-rendu des Journées de rencontres céliniennes
- Portrait de Robert Poulet par Pribyl
- « Nord est un chef-d’oeuvre... » par R. Poulet
- Proust ou Céline par Jacques Aboucaya
- « Le Libertaire » défend Céline par Maurice Lemaître
- L’Église, Progrès : une avant-garde prématurée (II)
- Une nouvelle édition des lettres à Albert Paraz

Le Bulletin célinien
B.P. 70
B 1000 Bruxelles 22
Belgique

celinebc@skynet.be
http://louisferdinandceline.free.fr/

Louis-Ferdinand Céline par Ferruccio Nobile



























www.ferruccionobile.com
Vu sur http://lf-celine.blogspot.com/

jeudi 2 juillet 2009

Archives de la vie littéraire sous l'occupation

L'Express, 2/7/2009 : "A quoi ressemblait la vie littéraire parisienne sous le joug allemand? Réponse avec ce tableau très documenté, publié à l'occasion d'une exposition new-yorkaise.

Il est des catalogues d'exposition qui deviennent instantanément des ouvrages de référence. A travers le désastre, sous-titré Archives de la vie littéraire sous l'Occupation, est de ceux-là. Publiés à l'occasion d'une exposition qui se tient actuellement à la New York Public Library, ces 650 documents (photographies, lettres, fichiers...), magnifiquement reproduits et souvent inédits, dressent un paysage passionnant de la vie intellectuelle sous la botte allemande.

Un paysage en clair-obscur. Le grand spécialiste de Vichy, Robert O. Paxton, prévient d'entrée: «Il faut éviter de croire que les réactions des écrivains, des hommes de presse et des éditeurs français peuvent être rangées bien proprement dans des boîtes étiquetées "Collaboration" et "Résistance".» Voilà donc Jean Paulhan, incontestable résistant, qui publie néanmoins dans Comoedia, hebdomadaire parfois perméable à la propagande allemande. Voici Jean Cocteau, qui chante les louanges du sculpteur Arno Breker, lors du vernissage de sa célèbre exposition à l'Orangerie, en mai 1942, mais qui note, amer, à ce propos dans son Journal: «Il n'y a que moi d'assez libre et d'assez fou pour prendre la parole...» Et encore Gaston Gallimard, annonçant dans une lettre laconique à Jacques Schiffrin, directeur de la collection de la Pléiade, qu'il doit renoncer à sa «collaboration», un mois après la première loi portant statut des juifs, n'omettant cependant pas de préciser qu'il lui versera tous ses émoluments...

D'autres ont plus clairement choisi leur camp, comme ne le montrent que trop les réceptions dans diverses officines allemandes, où l'on croise, entre deux robes longues, Herbert von Karajan bavardant avec le responsable des questions juives à l'ambassade, Robert Brasillach, Abel Bonnard, Lucien Rebatet... Quant à Louis-Ferdinand Céline, il réclame sans détours aux autorités du Reich une faveur pour rééditer ses pamphlets: «Il me faudrait 15 tonnes de papier.»

Mais la richesse de ce catalogue est de ne pas se limiter à ces trop célèbres parias. On y découvre également des prisonniers, comme Louis Althusser, des déportés, tel Robert Antelme, époux de Marguerite Duras («Tu es vivant. Tu es vivant. [...] Il fait beau. C'est la paix. Tu vis. Qu'il est beau ce jour», lui écrit-elle, le 8 mai 1945), et, bien entendu, des résistants. L'iconographie fait aussi la part belle aux 1 015 journaux clandestins éclos en ces années noires.

Le point commun entre tous ces hommes - des pires collabos aux plus héroïques résistants? Jean Guéhenno le relève sans indulgence: «L'espèce de l'homme de lettres n'est pas une des plus grandes espèces humaines. Incapable de vivre longtemps caché, il vendrait son âme pour que son nom paraisse.» Or, en ces périodes troublées, les mots peuvent tuer, comme le rappelle Olivier Corpet en introduction de cette somme dédiée à la mémoire de François Dufay, rédacteur en chef de L'Express disparu cette année.

C'est à une autre sorte de compilation que s'est livrée la germaniste Cécile Desprairies, en dressant, numéro par numéro, les adresses de tous les lieux parisiens - restaurants, habitations privées, garages, maisons closes... - réquisitionnés par les Allemands. Le résultat forme un étonnant annuaire commenté, où l'on apprend que l'Automobile Club de la place de la Concorde était occupé par le trésorier-payeur allemand, que la brasserie Viel, place de la Madeleine, est devenue la Gast-stätte Victoria ou que la Coupole servait de dancing aux officiers du Reich. Par son effet d'accumulation, ce sinistre Monopoly en dit très long sur Paris à l'heure allemande."

Robert O. Paxton, Archives de la vie littéraire sous l'occupation, Tallandier, 2009.

Cécile Desprairies, Paris dans la collaboration, Seuil, 2009.

mercredi 1 juillet 2009

Louis-Ferdinand Céline - Nicolas Sarkozy

"Nicolas Sarközy, qui se présente désormais comme un fin lettré (cf. le dossier spécial, d'une rare flagornerie, de l'Express du 18 juin, La Métamorphose d'un président), aurait tout récemment acquis quelques lettres de Louis-Ferdinand Céline."

Source : Faits & Documents n°279, 1-15 juillet 2009.

A lire sur le sujet :
>>> Louis-Ferdinand Céline - Nicolas Sarkozy (L'Express 18/06/2009)