samedi 24 octobre 2009

Louis-Ferdinand Céline : "Ma conclusion désabusée..."

Ce qui se vend, c'est ce qui est très populaire, c'est la mercière qui vend du livre, les livraisons Vierge et Rousse, Satyre et Malfaisant. Delly : cent soixante mille exemplaires par an. Du boulot, des exercices... Le monde est trop occupé, avant par les Eglises, maintenant par la politique. Ce pays perd de la force, du rayonnement. Après 14-18 prestige de la victoire... maintenant... rien du tout. On se détourne de l'effort. Prestige des Lettres, des Sciences, des Arts... ça n'existe pas. Il n'y a que le prestige de la guerre qu'on vient de gagner et celui de celle qu'on espère que vous aller gagner. Ce qui compte c'est la force. Ma conclusion désabusée... il faut une refonte complète de la moralité des gens. Un coup de Savonarole. Mois je fais ce que je peux pour survivre... j'ai fait la folie de m'élever contre la guerre. Nom de Dieu, qu'on m'en a voulu ! Et qu'on m'en veut encore ! C'est une folie... jeunesse persistante.

Louis-Ferdinand Céline interviewé par des étudiants de l'ESSEC en juin 1958.
Texte publié la première fois dans le Figaro Magazine du 5 Octobre 1985.
Merci à Mr C. pour la communication de ce texte.

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